U était le 12 juillet devant Beauiuunt. lil, ibid
9. Voir Cousinol, p. 2!7; S;iini-Reniy, t. II. \<. 11f>; llerry, p. 373.
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1^25 ÉVÉNEMENTS MILITAIRES DE 1422 A 1435. ' iï
une lutte glorieuse, mais stérile, soutenue par deux vaillauts chevaliers, Pierre Le Porc, capitaine de Mayenne, et Ambroisc de Loré, capitaine de Sainte-Suzanne, ces deux places tomtièrent aux mains des Anglais, ainsi qu'un grand nombre de forteresses du'Maine '. On s'étonne que le connétable n'ait rien tenté de sérieux pour arrêter les progrès de l'eauemi. La « journée » sur laquelle comptait la garnison du Mans ne fut point tenue. Tout ce qu'on fit pour secourir la ville fut d'envoyer de Poitiers, le 17 juillet, un capitaine avec une poignée d'hommes'. Richemont avait convoqué ses gens de guerre à Saumur,'où, le 3 août — le lendemain môme de la capitulation du Mans — furent passées les montres ', Mais on ne voit pas qu'il en ait tiré aucun parti pour prêter main-forte aux capitfùnes chargés de la défense des places. Moins préoccupé de la lutte' militaire quejde la poursuite des négociations, il ne tarda pas à se rendre à Saumur, où, le 7 octobre, fut signé un important traité qui rattachait le duc de Bretagne à la France, et le rendait en ^quelque sorte l'arbitre des destinées du royaume.
Il s'agissait maintenant de détacher le duc de Bourgogne de l'alliance anglaise : tous les efforts du duc de Bretagne et du connétable furent dirigés vers ce but. Mais le duc de Bourgogne était alors trop occupé de ses propres affaires pour prêter une oreille attentive aux ouvertures de ses deux beauxfrères. 11 avait eu, à la fin de juin, une entrevue avec le duc de Bedford, qui travaillait à pacifier le différend relatif au Hainaut et à empêcher qu'il ne fût donné suite au défi échangé entre le duc de Glocester et le duc de Boui^ogne. Un nouvel incident
1. Chileau-du-Loir, Chàlrauln-L'Henniagi'. Mnnldoubleau , Savigny-siir-Braje, Siînl- Caliiis, Le Lude, La Boissière, elc. Salisburj eut soin de se rairc payer les Trais de la guerre par les habitaals. Voir Cousinel, p. 238-39; Raoulet, p. 109; Salnton, Sapplé-
■ fnati aux Ckroniqua dt Tourmiu, 1850, p. xxxvi et 11; Longnon, i. c, p. 33.
2. Lettres de Charles VII du 17 jnillcl, portant paioment à Jean Giraitl, capitaine de gens d'armes. Compte de Henion /Jngurer, dans Ms. fr. 20684, p. 515.
3. Le 2 aolïl, le vicaire de l'archeïfque de Reims (crivail aux Ljonnitis que le connétable parlait le lendemain pour aller o faire ses monstres » à Saumur. Le l" aoftt, le sire de GmvUle éOit retenu pour servir le Roi avec 900 hommes d'armes et 300 liommes de [rail; le 3,'un paiement conadérablo ftit fait au are de Villars, qui servait le Roi avec 200 hommes d'armes et 100 hommes de Irait, etc. Voir Compte dr. Hemon Ra^uif.r. Fr. 30681, p. 512-11.
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•22 ■ KISTDIRK DE CHARLES Vil. . I42n
vint encore compliquer la situation : Jacqueline, délaissée par Glocester, qui était retourné en Angleterre, s'enfuit de Mons, où elle était retenue prisonnière depuis le 13 juin, et passa en ■ Hollande au mois de septembre. Elle y organisa la résistance et reçut des secours d'Angleterre. Le duc dut marcher contre elle en personne, et jusqu'à la victoire de Brouwershaven (19 janvier 1426), il fut absorbé par cette guerre.
Il était dans la destinée du duc de Glocester de compromettre , par son ambition démesurée et par sa politique turinalente, toutes les combinaisons de Henri V. Après avoir failli amener une rupture entre le duc de Bedford et le duc de Bourgogne, il allait troubler l'Angleterre, et, par ses démêlés avec le gouvernement de Henri VI, tarir la source qui avEiit jusqu'alors pourvu si abondamment aux charges de l'occupation anglaise en France. A peine de retour, Glocester entra eu lutte — et bientôt à main armée — avec son oncle le cardinal de Winchester. Bedford dut traverser la Manche pour aller apaiser une querelle qui prenait d'alarmantes proportions : il s'éloigna de Paris le 1" décembre, et débarqua le 20 à Sandwich ; son absence devait se prolonger pendant quinze mois.
il semblait que la France, en paix sur les frontières de Bourgogne grâce aux trêves conclues par l'entremise du duc de Savoie, pi-otégée du côté de l'Anjoiï et de la Normandie par l'alliance bretonne, dût respirer un peu librement. Mais, pour cela, il fallait que fût opérée avec le duc de Boui^ogne cette réconciliation, si ardemment désirée, au moyen de laquelle tous les efforts auraient pu être dirigés contre les Anglais divisés et affaiblis. La paciScation se faisait déjà dans les esprits, et l'on avait pu voir pendant la guerre de Hainaut, au mois de février 142S, des capitaines français s'enrôler sous la bannière du comte de Saint-Pol '. D'autre part, tandis qu'à Paris un sourd mécontentement se manifestait ^ une dépu-
t. C'éUieDt PoloD de SainiraiUes, It^nauU de Longucval et plu^GUjs aulres. Voir Monslrelei, i, IV. p, 227.
3. Voir l'ordonnance rendue an nom d'Henri VI, lu M janvier U36, reiativemcnl aui dominées causés aux rortillcaltons de la capitak et lu préjudice eo résultani pour la déreiue, OrdoimatKes , I. Xlll, p. 109. H, VsUet en dte ud passade, I. I, p. 17i,
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tatiOQ de la ville de Rouen vint, au commencement de décembre 1425, trouver le Roi à Mehun, pour l'assurer de « l'iotenoion, humble désir, et loyale volonté » des bourgeois en sa faveur. Charles VII, considérant qu'ils étaient « prestz et appareillez de soy exposer à tous périls de fortune pour rendre et remettre leur ville en son obéissance, a leur délivra, à la date du 14 décembre, des lettres d'abolition relativement à tout ce qui s'était accompli depuis la rémission accordée par lui, lors de son voyage de Rouen, en 1417 '.
On attendait de part et d'autre une prise d'armes du connétable : il avait assigné le rendez-vous de ses gens de guerre à Chiuon, à la Hn d'octobre 1425*, et c'est suP'^es conlius de la basse Normandie et de la Bretagne, où opérait alorsle comte de Suffolk, que ses efforts devaient se concentrer. Les Anglais ne tardèrent point à déclarer une guerre ouverte an duc de Bretagne^ et portèrent le ravage jusque sous les murs de Rennes '. Établis dans la forteresse de Saint-James-de-Beuvron, ils inquiétaient toute la contrée. Tandis que le comte dauphin d'Auvergne recevait la mission de ravitailler le Mrfnt-Saint- Michél", épuisé par un long investissement et sans cesse exposé à de nouvelles attaciues , le comte de Richement , sans paraître s'inquiéter du siège que Salisbury venait de mettre devant La Ferté-Bernard — où Louis d'Avaugour devait le retenir pendant quatre mois *, — s'avança à travers la Bretagne jusqu'à Saint- James, qu'on assiégea. Il établit son ûst à Antrain, et au bout de huit à dix jours, arriva pour donner l'assaut. Mais, soit que
1. a CombieD, illl le Roi dans ses lellres, que leurs corps et leurs bwDS ayeat esté par contraincte soubzmis à la force el violence dudll adversaire..,, neantnioiii!' leurs cuers et alTecliinis sont et demeuieul en leur vraje et parTsicte toyaullé vers DOua et nosire seigneuiie, conime celui que i\z coi^ooisseul eslre leur droiclurinr seigneur naturel et sonveraio seigneur... e Copies du xvii" siècle, dans Du Puy, i80,' f. 11-20 et dans le Ms. fr. 16536 (ancien fonds Il^lay), pièce 35, Une copie du xv* siècle, visée par M. Vallel {t. I, p, iH) se trouve dans le Ms, fr. 8861, f. 219 v». — Voir, sur les int^ligeoces que Cbaries VU avaii à Rouen parmi les bourgeois, les teltret da Heari VI du 31 ioâl1ii7, Arcliives,JJ 171, pièce ÎO.
â. I). Morice, t. Il, col, 1163.
3, Li d^taraliun csl du <5 janvier \li6. VnirRymer, t. tV, part. iv. p. 118,
i. Monsirelel, t. IV, p. 284,
5. UUres de ttarles VII du 11 janvier Ii26. Fr. 2039Î, f. 19.
6. Sur Je siige de La Ferlé-Bernard, voir Cousinol, p. iai; Chartier, I, 1, p. 46, el Ms- fr. 4491, f. 26 •<•.
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24 HISTOIBB DE CHARLES Vil. 1426
ses mesures aient été mal combinées, soit que ses troupes — non encore soldées, dit-on, par la faute du chancelier Jean de Malestroit — aient refuaé de marcher, il échoua complètement, et, en voulant arrêter les fuyards, il faillit même être foulé aux pieds (6 mars 1426) '. Furieux, Richemout s'en prit au chancelier, qu'il ût saisir à La Touche, près de Nantes, et qu'il retint prisonnier dans son chiteau de Ghinun V Quaût au duc de Bretagne, il s'empressa d'acheter de SufTolk, à deniers comptants, une trêve de trois mois'.
Un tel échec entama singulièreinent le prestige du connétable : pour ses débuts, il avait fait battre, par une poignée d'Anglais, une atmée de quinze mille hommes '. Il devait avoir, hâte de prendre sa revanche. Mais au lieu d'opérer contre le comte de Warwick, nommé « capitaine et lieutenant général du roi et du régent par toute France et Normandie, » et qui vint (4 juillet) mettre le siège devant Bonneval ', menaçant ainsi Orléans; sans s'opposer au comte de Salisbury qui, de son cOté, attaquait le VendOmols et se préparait à faire le siège de MontdouÈleau (li septembre} •, Bichemont se dirigea de nouveau vers la basse Normandie : il semble que le soin de protéger les frontières de son frère le préoccupât davantage que la défense des meilleures provinces du Boi, le Maine, le pays ChartraJn, le Vendômois, attaquées simultanément par les Anglais, et déjà fortement entamées.
Tandis que le comte de Foix, à la tête des nombreuses compagnies rassemblées à grands frais , passait en revue à Jargeau ses trois mille Béarnais, qui selon lui devaient « faire merveille, » et qui, au lieu de protéger l'Orléanais, ne ârent que « manger
1. Gruel, p. 363-C4: GtiU dei Nobtet, p. 199; Chariier, (. I, p. 19-50; Caui^ioat, p, 336; Maostreiet, t. IV, p. 285.
!. GiTiel. p. 3M.