‹ Histoire de Charles VII (volume 3)Chapitre 92 sur 367 · Piice* OTlginata. 1595 : JoiEUSE · texte numérisé non relu

Piice* OTlginata. 1595 : JoiEUSE

T. ExIraiU du RtgitlTta du Pwhmtnt. dans Baluze, 18, f. 3i8 v° ; Us. fr. 33359, f. S, 11, et 33361, f. 111. etc.; Quittances de 500 t. I. m dais des 8 aoCit 1153 et la mil 1151, signées : Jounne. Cbirambault, 170, p. 5123.

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Telle est la malti-esse qu'où n'hésite pas à attribuer à Charles VIL II fallait une demoiselle de la Reine : on a pris Jeanne Louvet. Par malheur, avant 1425, pas la moindre trace de la fille du président dans la maison de la Reine : Jeanne arrive à la Cour juste au moment où elle en serait partie après y avoir longuement demeuré , et aucun indice n'autorise à croire qu'elle y ait joué le rôle qu'on lui attribue gratuitement.

Nicole Gille a eu la main malheureuse. Que n'a-t-11 laissé en blanc le nom de la mfJtresse? On aurait pu se livrer à toutes les conjectures. La critique se serait exercée librement, et, grâce à des révélations qui ont été produites de nos jours , un nom pourrait se présenter sous la plume des chroniqueurs d'alcôve : celui de M"" de La Pau. Celle-là, du moins, était depuis longtemps au service de Marie d'Anjou, 'et il serait périlleux, nous dit-on, de trop approfondir la nature de « plusieurs autres causes et considérations » qui motivèrent un don qu'elle reçut par lettres du 5 avril 1425 '. Avec un pareil système, on arriverait facilement à grossir la liste des prétendues mattresses. Et pourtant, des historiens sérieux n'ont pas craint de se livrer à des insinuations de ce genre '. Plus tard, on pourrait, s'appuyant sur leurs conjectures, renouveler le reproche d'immoralité à l'égard de la jeunesse de Charles Vil. Disons donc un mot de la demoiselle de Marie d'Anjou,

Ëléonore de La Pau, ou plutôt de Paul, était angevine. Peut-

1. Brilish Muséum, Aidilimal diarlen, 0° 4352. Ces lettres ont élé publiées en 1846 pdr M. Vallet de Viriville : Notice* et extrait» de eMriet ti de manuterilt apparleiuml au Britlik muieum de Lonriies, dans la Bibliothèque de l'École îles ebarles, t. VII] , p. I3&-I40. — Voici le passage : ' Pour consideraciOD des bons, continnels et agreaUes services... faits en [dusieurs et maintes manières i nostre dicte compaigne..., et pour lui aidier à supporter les iïaiz et despeus que, i l'occasioD desdiz services, il lui convient chascuQ jour Taire, et aus^i pour plusieurs autres causes et cunsideracions ï ce puus mou vans. »

i. " En l'absence de preuves liisleriques suTlisanles, nous dou> ali^; tiendrons d rechercher la nature de ces i aulrcs causes el consideracioas. o Nous di-uiandons sculrnient à rapprocher de ce document l'Indication d'un autre 'acte, égaleini'tit inëdii, et dont l'analogie nous dispensera de plus ample commentaire : IlSt, déceinbi-e, Ivtlr* de Charles VU qui accorde à Anloinette de Haignelaîs (cousine el iiuvfmrrriisr d'^ès Sorel) la permission, etc. u VaUet de Viriville, I. e., p. 139, note. — 11 faut remarquer que, dans son Hitloire de Charlei VII, l'auteur s'est abstenu de toute allusion à cette prétendue liaison.

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être avait-elle été élevée avecla jeuqe princesse. Toujours estil que, dès 1419, elle était attachée à sa persoime, car, dans des lettres du Dauphia du 20 décembre, lui octroyant, une somme de trente-trois livres, elle est qualiflée de « damoiscUe de nostre très chière et très amée compagne '. » Elle resta constamment, depuis lors, auprès de la Reine, et nous la retrouvons à Tours, en 1429, recevant la Pucelle dans sa maison, au retour du voyage de Poitiers '. Éléonore de La Pau i5tait alors la femme d'un conseiller du Hoi en sa Cour des Comptes, Jeiwi du Puy, seigneur de la Roche-Saint-Quentin ; ce magistral était en même temps chargé à Tours des intérêts de la reine Yolande*, et c'est à lui que la Pucelle écrivit, au mois de janvier 1430, relativement à un don qu'elle voulait obtenir de la ville de Tours pour la fille du peintre Pouvoir*. La fidèle compagne de la Reine, la digne épouse du conseiller de sa mère, ne donne aucune prise aux insinuations que la chronique scandaleuse pourrait se permettre à son égard.

Cherchons maintenant à pénétrer dans l'intimité du Roi et de la Reine, et à sonder les dispositions morales du jeune prince durant ces premières années de mariage où l'on voudrait faire de lui un époux volage '.

L'union célébrée au printemps de 1422 n'avait pas tardé à devenir féconde. La jeune Reine, qui avait passé l'hiver de 1423 ' à Bourges en compagnie de son mari, lui donna un fils le 3 juillet. Sans avoir la beauté de sa mère, Marie d'Anjou avait au moins le charme de la jeunesse. Chez ces deux enfants, presque élevés ensemble , l'afTection fraternelle qu'ils se portaient dès le jeune flge avait , par une transition toute naturelle, fait place à l'amour conjugal.

On à vu plus haut que la reine de Sicile vint s'installer à la

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