Rymer, p
8. Cette date est établie par les lettres du duc d'Orléans en date du 6 octobre 1441. < ... Le jour de la Saint Martin qui fu le xi^ jour de novembre derrenier passé, que nous arrivasmes à Gravelingues , aprez nostre délivrance d'Angleterre; et depuis par deux jours entiers que nous fusmes et demourasmes audit lieu de Gravelingues avecques beau frère et belle cousine de Bourgoigne. » Pièces originales ^ 678; Chardon.
9. Registre de l'Hôtel de Ville de Saint-Omer, cité par D. Devienne, Histoire d^ Artois, t. m, p. 77.
grand joie qu'ils avoient de veoir Tun Taiitre, furent moult grand espace qu'ils ne dirent rien l'un à l'autre. » Enfin Charles d'Orléans rompit le silence : « Par ma foy , beau frère et beau « cousin, dit -il, je vous dois amer par dessus tous les « aultres princes de ce royaume , et ma belle cousine vostr^ « femme, car si vous et elle ne fussiez, je fusse demeuré à <c tousjours mais ou dangier de mes "adversaires, et n'ay trouvé « nul meilleur ami que vous. » Philippe répondit que « moult lui pesoit que plus tost n'y avoit pu pourveoir, et que longtemps par avant avoit eu grand désir de luy employer pour sa redempcion \ » Le lendemain , Charles d'Orléans prêta de nouveau serment d'observer le traité passé avec le roi d'Angleterre, et acte de ce serment fut dressé *.
Après l'accomplissement de cette formalité, les deux ducs se rendirent par eau à Saint-Omer et se logèrent à l'abbaye de Saint-Bertin. De tous côtés on venait saluer le duc d'Orléans , et beaucoup de ses propres sujets accoururent pour lui témoigner la joie causée par son retour. Le 16, dans l'église de Tabbaye, il entendit la lecture du traité d'Arras, faite successivement en latin et en français, et jura solennellement sur les Évangiles de l'observer avec fidélité. Le duc ne fit de réserve que sur les articles concernant la mort du duc Jean : « Je ne suis pas a tenu, dit-il, de m'excuser d'icelle mort, car, par mon âme, je a n'en fus oncques consentant, et je n'en ai rien su ; mais quand a elle vint à ma connaissance, j'en fus très déplaisant, voyant « et considérant que par le moyen de ladite mort le royaume « de France était en plus grand danger qu'auparavant'. » Le comte de Dunois fut appelé à prêter le même serment; il eu.t, paraît-il, un moment d'hésitation; mais, sur l'ordre de son frère , il jura à son tour. Le contrat de mariage contenant les stipulations faites par le duc en faveur de sa nièce avait été dressé : Marie de Clèves recevait cent mille saints d'or, dont quatre-vingt mille devaient être assis sur le comté de Soissons, la baronnie de Coucy et la seigneurie de la Fère en