Monstrelet, p. 441 et suiv
I<)'2 HISTOIRE DE CHARLES Vil. I4i0
porter son ordre. Sur l'acceptation de Philippe, il tira aussitôt de sa manche un collier de Tordre du Gamail, et le mil au cou du duc. Charles d'Orléans prêta ensuite serment et prit place parmi les chcTaliers do la Toison d'or. « Pour lesquelles ordres dessus dictes ainsy baillées etreceuesparyceulxdeux princes, dit Monstrelet,, la plus grande partie des nobles et d'aultres gens d'auctorilé là estans furent très joyeux de les voir estre en si très grant amour et concorde Tun avec Tautre *. » Au bout de quelques jours il fut résolu, d'un commun accord, que le collier de la Toison d'or serait envoyé aux ducs de Bretagne et d'Alençon ^.
On aurait pu croire que la présence simultanée à Saint-Omer d'ambassadeurs de France et de représentants du roi d'Angleterre, porteurs des pouvoirs de leurs maîtres, donnerait lieu à une reprise des négociations. Il n'en fut rien : les ambassadeurs de France ne paraissent point avoir eu la moindre communication avec les seigneurs anglais qui accompagnaient le duc d'Orléans.
En quittant Saint-Omer, Charles d'Orléans se rendit en pèlerinage à Notre-Dame de Boulogne. Il accompagna Philippe en Flandre, où de splendides réceptions furent faites aux deux princes. Bruges et Oand se signalèrent par l'éclat de leurs fètcs. C'est dans la première de ces villes que, le 18 décembre, fut signé entre Philippe et Charles un traité d'alliance. Dans les pactes, assez habituels à cette époque, par lesquels les princes se juraient fidélité envers et contre tous, la personne royale était toujours soigneusement réservée. Ici aucune réserve; l'engagement est absolu : « S'il avenoit (que Dieu ne vueille!) que aucun ou aucuns s'efforçassent de nous grever ou faire guerre ouverte, ou autrement porter dommaige à nous ou à l'un de nous, couvertement ne en appert (ouvertement) en quelque manière que ce fust, nous et chascun de nous y résisterons, el Tun l'autre aiderons, secourrons et conforterons en toute telle amour, secours et aide, et en pareille amitié, tant