‹ Histoire de Charles VIIChapitre 119 sur 340 · X. Michelel, Histoire de France , t. V, p. 233-3i · texte numérisé non relu

X. Michelel, Histoire de France , t. V, p. 233-3i

5. M. de Barante est le seul qui ait donné quelque développement au récit de cet épisode.

6. c On n*entendait qu'un cri à Paris contre la «c couardise » de Charles VII. » Henri Martin, Histoire de France, t. VI, p. iOI.

178 HISTOIRE DE CHARLES Vil. 1441

table, et de Tamiral de Coëtivy. Laissant aux deux derniers le soin d'entamer les opérations, Charles VII revint aussitôt à Saint-Denis. Il s'agissait de* se procurer les ressources nécessaires au succès de Fentreprise. Le il juin , le Roi se rendit à Paris avec le Dauphin. Des prières publiques avaient été prescrites, et, pendant la durée du siège, des processions solennelles furent faites dans toutes les paroisses de la capitale K Le Roi appela en sa présence les bourgeois et les membres de l'Université. Aux uns il demanda une somme de vingt mille écus d'or; il sollicita des autres un prêt. En dépit de la misère des temps, chacun répondit à son appel*. En outre, une aide de cent mille francs avait été imposée sur les pays situés au sud de la Loire® : nous avons une lettre du 12 juin, écrite de Paris aux habitants de Lyon , par laquelle Charles YII les pressait de Idi envoyer leur contribution, fût-ce au moyen d'un emprunt*. Le siège de Pontoise avait été commencé sans perdre un instant. Bâtie en amphithéâtre sur la rive droite de TOise, la ville est bordée à l'est par cette rivière ; au sud un vaste étang, alimenté par les eaux de la Viosne , protégeait alors ses remparts ; au nord s'étendait une ceinture de fossés aussi larges que profonds. La ville était en outre fermée par une enceinte continue, formant boulevard , d'une élévation de huit à dix mètres , surmontée de parapets. Huit hautes tours s'élevaient çà et là. Pour pénétrer dans la ville du côté de Paris, il fallait franchir un pont de douze arches , protégé sur la rive gauche par un bastion, et sur la rive droite par deux tours. En face du pont, sur une éminence appelée le Mont-Bélien , se trouvait le château, bâti sur le roc, et s'élevant à plus de cinquante mètres au-dessus du niveau de TOi^*.

i. Journal d'un bourgeois de Paris , p. 361, et noie de M. Longnon.

S. Journal d*un bourgeois de PariSy p. 361.

3. Il esl fait mention de cette aide dans plusieurs documents. Voir en particulier les lettres des généraux des finances en date du 13 juin 1441. Ms. fr. 26427, n» 140.

l. Le Roi envoyait trois de ses conseillers, chargés de rapporter l'argent. Ârciiives de Lyon.

5. Voir la description donnée par Tabbé Trou dans ses Recherches historiques sur la ville de Pontoise (Pontoise, 18il), p. 128-132; le plan de 1589 et le profit de Silvestre, avec la légende, dans les Antiquités et singularités de la ville de Pontoise, réimpression de Touvrage de Taillepied, par MM. A. Franrois et H. Le Charpentier (Pontoise, 1876,

Une fonnidable arlillerie, sous la direction de Jean Bureau, battit aussitôt l'entrée du pont. Dès le 11 juin, le premier bastion fut attaqué, mais sans succès. Le surlendemain, une tentative plus heureuse força les Anglais à battre en retraite : ils évacuèrent le bastion après l'avoir désemparé. Sous l'effort réitéré de nos canons, trois arches du pont s'écroulèrent. Le bastion conquis fut aussitôt reconstruit par les Français, qui s'y retranchèrent. Un pont de bateaux fut établi sur l'Oise, en face de l'abbaye de Saint-Martin, et une grande bastille s'éleva en ce lieu *. . '

A la nouvelle du premier succès remporté par ses troupes , le Roi était venu s'établir dans l'abbaye de Maubuisson, située à deux kilomètres et demi de la ville; le comte du Maine et l'amiral de Goëtivy s'installèrent dans la bastille Saint-Martin avec trois mille combattants. Chaque jour,, arrivaient de nouveaux renforts : d'abord les arbalétriers de Tournai et les milices de Paris et d'autres villes *, puis le comte de Saint- Pol à la tête de six cents hommes d'armes, enfin le comte de Vaudemont avec un contingent de cent vingt hommes '. Le Roi accueillait avec empressement ces auxiliaires; entouré des princes et de ses capitaines , il allait leur souhaiter la bienvenue. Bientôt dix à douze mille combattants, la « fleur des gens de guerre, » se trouvèrent réunis sous les murs de Pontoise*.

Cependant le Conseil anglais à Rouen constatait avec terreur le progrès de nos armes. Depuis longtemps on lui avait promis de faire partir pour la France le duc de Glocester , et

fr. in-S»). Cf. Appendice, p. 131 el suiv, —Nous devons en outre à M. J. Depoin, «crétaire de la Société historique et archéologique de rarrondissement de Pontoise et du Vexin, qui a bien voulu nous donner son utile concours pour celte partie de notre travail, ]a communication d'une Description des fortifications, extraite des Mss. de Piban de h Forest, à la Bibliothèque municipale de Pontoise (n» 2859).

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