D. Vaissele, t. IV, p
4. Ces détails se trouvent dans des instructions données par Henri VI à la date, du 2 uiars 1443. Proceedings and ordinances, t. V, p. 415. — Des le mois d*aoiH 1442> le
1443 LA CAMPAGNE DE obvENNE. 251
campagae arrêté à Montauban pour la saison nouvelle, paraît avoir été le suivant : tandis qu'au nord, profitant de la diversion opérée par mer sur Calais, une armée envahirait la Basse Normandie*, le siège serait mis simultanément devant Saint- Macaire, Rions et Âuros en Bazadais, afin d'enserrer Bordeaux et de forcer cette ville à capituler. Au sud de la Guyenne, et avec le concours des Castillans , Bayonne , Dax , et tout le reste de la contrée seraient réduits*. « Il n'est pas douteux, lit-on dans un document émané de la chancellerie anglaise (2 mars 1443), que l'adversaire du roi ne lâchera prise que quand il aura conquis Bordeaux, Bayonne et tout ce qui est en Tobéissance du roi ; aussi , malgré les instances de sa chevalerie qui le pressait de se rendre à Toulouse , est-il resté au château de Montauban , lequel est situé en Guyenne , et cela uniquement pour l'accomplissement de son dessein. Il est même retourné à Marmande afin de poursuivre sa conquête '. » On lit encore dans des lettres de Henri YI à ses commissaires dans le Lincolnshire : « Comme nous en sommes informés, ils (l'adversaire de France et son fils) sont, de toutes manières, décidés à faire tout ce qu'il leur sera possible d'entreprendre, avec toutes les forces dont ils disposent, soit par eux-mêmes, soit par leurs alliés d'Espagne et d'ailleurs , afin de procéder plus avant, dans cette prochaine saison, à notre grand dommage, dans le duché de Guyenne aussi bi^n que dans le duché de Normandie *. »
Le gouvernement anglais était donc, à juste titre, fort préoccupé de la partie qui allait se jouer. Malgré les difficultés de toute nature qui la rendaient Inégale, il n'épargnait rien pour parer aux coups réitérés qu'on lui portait. Il sollicitait des secours afin de les envoyer à Bordeaux et à Bayonne :
gouvernement anglais, redoutant une intervention de la CasliUe, avait pris des mesures ponr y mettre obstacle. Une ordonnance rendue alors déclarait que nul sauf-conduit ne serait accordé, ponr retourner en Espagne, aux navires se trouvant dans les ports de Flandre. Voir Proceedings and ordinances, t. V, p. 194.
1. Mittotes du conseil privé, 9 mars et 5 avril 1U3. Id., ibid., p. 240 et 260.
2. c Gom maxîmoposse inimicorum nostrorum de Ispania, et aliorum sibi adha»ienliom» tam per teiram quam per mare. » Lettres du 7 mars 1443. Hyqier» t. V, part, i, p. 118.