‹ Histoire de Charles VIIChapitre 159 sur 340 · LA TRÊVE AVSO L'ANGLETERRE · texte numérisé non relu

LA TRÊVE AVSO L'ANGLETERRE

Attiiu4« da duc de Bourgogne après rassemblée de Nevers; ses intrigues; il veut oonvoqoer une nouvelle assemblée. ^ Relations du duc avec Henri VI; il prépare la réunion d*ane conférence, et contracte une alliance avec le nouveau duo de Bretagne; traité particulier avec TAngleterre. — Préparatifs militaires pour résister à une invasion des écorcheura en Bourgogne; alliance avec le duc de Savoie. — Relations avec Charles VII; plaintes au sojet des démonstrations menaçantes des gens de guerre. — Le duc d'Orléans vient trouver le Roi à Poitiers, accompagné d*un ambassadeur de Philippe le Bon ; le Roi envoie le Dauphin an secours de Dieppe et autorise la reprise des négociations avec l'Angleterre, sous les auspices du Jeune duc de Bretagne. — Démarche faite par celui-ci; réponse du gouveroemtfnt anglais. — Préparatifs pour la réunion d'une conférence ; le comte de Suffolk accepte de venir traiter avec Charles Vil; le Roi charge l'évèque de Laon de la rédaction d'un méoiolre établissant les droits de chacune des parties. — Le duc de Bourgogne est sollicité par le Roi de se faire représenter à la conférence; ses relations avec Charles VII et avec les Anglais. — Le comte de Suffolk débarque à Harfleur; il se rend au Mans, où les ambassadeurs du Roi viennent le joindre ; trêve de quinze jours conclue le 8 avril. — Les plénipoteoUaires anglais à Tours; ouverture de la conférence. — Signature du contrat de mariage entre Henri VI et Marguerite d'Anjou ; cérémonie des flançailles. — * Conclusion de la trêve entre la France et l'Angleterre.

On se rappelle que deux questions fort importantes avaient été agitées lors de l'assemblée des princes à Nevers : l'exécution du traité d'Arras; les négociations avec l'Angleterre.

Sur le premier point, les princes reprochaient au Roi d'avoir tardé à remplir certaines clauses du traité, et d'y avoir laissé commettre de nombreuses infractions.

Sur le second , ils l'accusaient d'avoir apporté des entraves aux négociations, et formulaient certaines conditions auxquelles le Roi avait refusé de souscrire.

Charles VII avait repoussé avec dignité les insinuations que le duc de Bourgogne n'avait pas craint de se permettre relativement à Texécution du traité. La paix d'Arras avait été loyalement observée par lui; il continuerait à agir de même; si certains articles n'avalent point encore reçu d'exécution, cela tenait aux graves affaires qui l'avaient absorbé ; il ne croyait avoir aucun reproche à se faire relativement à de prétendues infractions au traité; lui aussi, d'ailleurs, il aurait, s'il le voulait, des plaintes sérieuses à faire valoir, mais il s'en abstenait pour le moment. '

Quant aux négociations avec l'Angleterre, le Roi, en répondant aux accusations des princes, avait, on l'a vu, longuement insisté sur les efforts faits par lui, depuis la conclusion du traité d'Àrras, en vue d'un accord qui était Tobjet de tous ses désirs, et il avait nettement indiqué sur quelles bases il entendait reprendre les négociations.

Malgré l'insuccès de la tentative faite à Nevers, le duc de Bourgogne n'avait point renoncé à poursuivre l'exécution de ses desseins, et se tenait prêt à tout événement. Avant de quitter Nevers, il donna au prince d'Orange, aux principaux seigneurs bourguignons et à ses baillis l'ordre de rassembler le plus grand nombre possible de gen^ de guerre, pour résister à une invasiùJi des écorcheu7*s * . Le 25 mars eut lieu une réunion à Châlons, où la duchesse de Bourgogne était venue rejoindre son mari ; là se trouvèrent le duc et la duchesse de Savoie, le duc de Bourbon, le comte de Glermont et le comte de Nevers : quinze jours furent employés à « festoyer et faire bonne chière, » et aussi à s'entretenir « d'atFaires secrètes*. » Le 20 avril, un chevaucheur allait porter des lettres closes au duc de Bretagne, au duc d'Alençon et au comte de Vendôme , <i touchant la journée qui se devoit tenir à Nevers pour le bien de la paix du royaume'. » Le même jour, d'autres

i, a Pour résister à TencoBlre de la veaue des escorcheurs estans en Lyonnais, en entencion d'entrer en ses pays. » Mandement du 11 mars 1442. Archives du Nord, B 1975, f. 6i V» et 65; Canat, /. c, p. 417-18.

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