Lettre du 7 décembre 1440. Voir t. II, p
7. Rymer, t. V, part, i, p. 78; Bekynion's Correspondence, 1. 1, p. 166-67.
8. Voir le sauf-conduit donné par Frédéric III à la date du 4 juillet 1441. Id., t. II, p. 102. Cf. Proceedings and ordinances, t. V, p. 197.
306 HlâTOIRB DE OUit^LeB VU. 1442
froides» Philippe avait envoyé des ambassadeuro à Aix^la- €hapelle pour le ooiitonnepient' de Préàétla,^ aSn de hii rendre les foi et hommage dus pour les terres relevant de l'empire; Jean Jouifiroy ftit ■chargé d'une mtssiofn près û€ Temperear au mois de juin 1441 \ En juillet 1442, le due de ât reppésenter à la. diète de Francfort'. Mais de nombreuses questions restaient en litige, et une nouyelle source de conflits menait de surgir dans Taff aire du Luxembourg.
Cette affaire tient une si grande place dans la politique du tem])s qu'elle- mérite d'être exposée avec soin.
Elisabeth de Luxembourg, âlte unique de Jean , duo de (ïotlitz, mort en 1396, et nièce des deux empereurs Wenoeslas et Sigismond., avait épousé en premières noces , le 27 avril 1409, Antoine de Bourgogne, duc de Brabant, frère de Jean sans Peur. Par son contrat de muriage, elle* avait reçu en dot la ^omme de cent vingt mille francs ; mais au lieu de lui payer cette somme, Wenoeslas lui avait donné en hypothèque le duché de Luxembourg , le comté de Chiny et rawu«cîe d'Alsace, avec faculté de devefnir titulaire de ces seigneuries en les dégageant des mains du margrave Josse de^ Moravie ^ Ëlisal)eth ayant usé de cette faeulté, Wenoeslas, par acte du 10 août 1411, lui renouvela l'engagement du Luxemboui^ et des deux autres seigneuries , moyennant cent vingt mille florins du Rhin , avec réserve du droit dé les dégag^er au profit de la couronne de Bohême ^ Par un autre acte (13 juillet 1416), Wenceslas autorisa Tempereur Sigismond son frère à revendiquer tous les droits de sa maison sur le Luxembourg et sur l'Alsace. Après la mort de Sigismond, sa fille unique, Elisabeth, mariée à Albert, duc d'Autriche, empereur en 1438, signifia à sa tante Tinteution où elle était d'exercer son droit de retrait. Mais l'empereur étant mort, sa veuve, en mariant sa fille Anne
1. n fut employé h cette mi^ftion da 25 juin an 26 septembre 1i41. Ardûves 4n fkrû, n 1975. f. 48.
2. Voir Texposë de ia chancellerie bourguignonne en date du 26 octobre i448, dans If t. XXVIII des PublieaHons de l'Institut royal gi'mtd dueàl de Ltuoembinirg j p. 146.
3. Chronique de Dynler, t. !il, p. 178; Bertbolet, Hhtoire du duché de Luxembourg, t. Vil, p. 219 et sniv., et Preuves y p. Lxviii.
4. Voir le texte dans la Chronique de Dynter^ 1. 111, p. 196.
à. Guillaume dûo de Saxe S donna aux jeunes époux, par acte du as décembre 1439, le duché de . Luxembourg et le comté de Ghii^y , avec faculté de dégi^er ces seigneuries des mains d'Elisabeth de €k)rlitz, et SQus^ réserve de ses propres droits, au cas où elle aurait un fils*. Or^ le 22 février i440, la veuve de Tempereur Albert accoudia d'un fils posthume, nommé Ladislas.
Elisabeth de Gorlite, accablée de dettes^ ne cherchait qu'une occasion d'aliéner son duchés Dès le 14 mars 1427, en transigeant pour son douaire avec le duc de Bourgc^ne, elle avait cédé à ce prince son droit sur le duché de Luxembourg et le ecmitéde Ghiny,'et l'avait institué son héritier après sa mort'. Getaete ne parait pas avoir eu un caractère authentique, car> treise ans plus tard, Elisabeth accueillit des ouvertures qui lui furent faites d'un autre côté.
Nous n'entrerons pas dans l'examen d'une série de documents où rbistorien a quelque peine à se reconnaître. Qu'il nous suffise de dire qu'à la suite d'une alliance contractée entre l'archevêque de Trêves, Jacques de Sierck, et Guillaume, duc de Saxe (4 février 1440), l'archevêque traita avec la dudiesse Elisabeth, itant relativement à la vente du Luxembourg qu'au paiement de ses dettes et à la revendication de toutes ses prétentions pécuniaires à l'égard du duc de Bourgogne \ Par lettres dQ 26 décembre 1440, la duchesse Elisabeth déclarait avoir vendu à l'archevêque le duché de Luxembourg et le comté de C^nj, moyennant cent dix mille florins du Rhin, reçus comp-
4 . U faut noter que GaiUaume n^avait alors que quinze ans , et sa femme Anne quati*e au cinq seulement. G*est ce qui résulte d'un curieux document reproduit par M. Wûrtli- Paquet dans les Puhlicatiom de VInsiitut royal grand ducal de Luxembourg, t. XXVin, p. 156. Cf. Georgi Spalatini Vitœ aUquot eleclarwn et ducum Saxoniœ, ap. Menckenius, t. II, col. 1080, qui place la naissance de Guillaume en 1424 et celle d*Annc en i43i« On s*ëtomic après cela que Frédéric ait pu, dans des lettres du 13 avril 1442 (Puàiicati(m$, etc., t. XXVUI, p. 78), déclarer que Guillaume allant incessamment consommer son mariage avec Anne, les habitants du duché de Luxembourg devaient lui prêter serment.
2. Voir le texte dans PubUcalioru de l'Institut royal grand ducal, t. XXVII, no5, p. 29-70; cf. Berlholet, t VIII, Preuves^ p. xii.
3. Voir ranalyse dans Publicaiions , etc., t. XXVI, p. 57. Le duc passa aussitôt son drvU à son cousin germain, le duc de Brabant. Voir Bertholet, t. VUI, Preuves, p. v.
A, Voir rénnmération de ces actes dans la Table chronologique dressée par M. Wurth- Paquet, vol. XXVm des Publications de l'Institut royal grand ducal, sons les n*» 10, il, 13, 15, 52, 53, 61, 66-69, 78, 78-82, 85-87.
tant; mais Tacte définitif ne fut passé que le l*"" mai 1441 ^ La reine de Hongrie Elisabeth, veuve de l'empereur Albert, avait, à la date du 2S mars précédent , donné son autorisation pour la conclusion du traitée Dans un autre acte^ sans date, la duchesse Elisabeth déclarait que, par Tentremise de l'archevêque de Trêves, elle avait cédé le duché de Luxembourg, le comté de Chiny et Favouerie d'Alsace à Guillaume, duc de Saxe, et à Anne , sa femme (fille de la relue Elisabeth , comme on Ta vu plus haut), moyennant le paiement de certaines sommes ; elle renonçait à toutes prétentions sur ces seigneuries et ordonnait à ses sujets de prêter serment au duc de Saxe^. Cet acte restat-il à l'état de projet, comme l'état d^i document peut le faire supposer? Fut-il passé squs forme authentique, comme cela paraît résulter d'autres documents*? Toujours est-il qu'il n'y avait là qu'un contrat conditionnel. Les stipulations n'ayant pas été remplies dans les délais voulus, il demeura frappé de nullité. La cession faite à l'archevêque de Trêves avait, au contraire, un caractère définitif. Et , à partir de ce moment, nous voyons la duchesse Elisabeth faire du prince électeur son prêteur at* titré et son universel fondé de pouvoirs, spécialement & l'égard du duc de Bourgogne. Elisabeth était alors très exoitée contre le duc. Dans un des actes rendus à cet effet, elle déclarait qvo ce prince était l'auteur des grands malheurs et des. injustices dont elle avait souffert pendant son veuvage *. Elle fit même préparer une déclaration , destinée à être envoyée au roi des Romains et aux électeurs de l'empire, dans laquelle il était dit que Philippe, au mépris de tout droit et de toute justice, la privait de son douaire en Brabant, Hollande et Zélande, et retenait ses joyaux •.
1. LelU'es du 26 décembre 1440. Original aux archives de Coblence ; lexte publié par M. Wfirlh-Paquel, /. c, sous le n° 73 (p. 32-34) ; cf. avec Tacle inscrit sous le n^ 5 (dont Toriginal est à Berlin); Lettres du \" mai 1441, texte inscrit sous le n» U8, et publié in-extenso (p. 4043); cf. le reçu de la duchesse, n» 99.