Canat, /. c; Tueley, /. c, 1. 1. p. 39, noie
H. Archives de Turin. Negoi. con Francia, mazzo I, n» 17.
LA GtlANDE ORDONNANCE DE 1439. 398
habituel était de faire déloger les gens de guerre : le mal était ainsi non supprimé, mais déplacé. C'est ainsi que nous voyons le Roi, à la supplication des habitants de Tours, écrire successivement à Rodrigue de Villandrando (septembre 1435), au sire de Derneley et à Adenet Trochelle (février 1436) , à Guillaume Stuart (septembre 1436), à Mâchefer (octobre 1436), au bâtard d'Harcourt et autres (avril 1438), ou donner des lettres patentes pour leur faire évacuer la Tou^ax.ne^ Au mois de juin 1438, le Roi, qui était alors en Saintonge, occupé à réprimer les pilleries, apprenant que Floquet était entré dans la Touraine, où ses gens menaçaient Tours et ravageaient la province, lui donna, par lettres patentes, Tordre de se retirer; non content de cet ordre , il envoya un de ses écuyers d'écurie pour en assurer l'exécution , et déclara que si Floquet n'obéissait pas , il * viendrait en personne et lui ferait trancher la tète ^. Enfin , en 1439 , sur les plaintes des habitants de Reims , le Roi écrivit à deux reprises aux capitaines qui occupaient la contrée pour leur ordonner de déloger incontinent®.
Bien souvent il n'y avait d'autre remède que de transiger avec les capitaines et d'obtenir leur retraite à prix d'argent. Cest à la sollicitation des États provinciaux ou des villes que le Roi se résigne à sanctionner des compositions de ce genre. Les exemples sont nombreux. En 1435, des traités sont passés avec Audet de Rivière pour l'évacuation de Gourbefy, avec le seigneur de Pons pour l'évacuation de Larche, avec Jean de la Roche pour l'évacuation de Saint-Exupéry, etc.* En no-
i. Archives de Tours. HegUtres du Comptes, vol. XXVI, f. lil-113 ; vol. XXYII, f. 52.
2. Rapport de Chambellam , envoyé de la ville de Tours : « Le Roy avoit esté etestoit très despUisant et fort eorrocié quant il avoit recea lesdictes nouvelles, et ooe le Roy a commandées lettres pour envoyer audit Flocquet et pour le faire desloger... Et avec ce Fonquet Guidas , présent à oîr ledit rapport dudit GbambeUain , a dit que le Roy Tavoit envoie par deçà et lui avoit chargé de dire audit Floquet que incontinent vuide le paîs de Touraine, et que par lui le païs de Gaux a esté destruit ; et que ou cas que ledit Floquet ne vouldra obéir, que le Roy a dit qu'il y vendra en personne et lui fera trancher la teste. > Registres des Comptes, vol. XXVII, f. 52 v«.
3. Lettres missives aux habitants de Reims, en date des 22 janvier et i8.no?enibre U39. Archives de Reims.
«i. Thomas, Les Étais provinciaux de la France centrale sous Charles VU, L l, p. U9; t. Il, p. 65-70.
vembre 1436, quatre mille livres sont votées par les États d'Auvergne pour « contenter » Rodrigue de ViUandrando et ses gens qui étaient en Albigeois, et les empêcher d'entrer en Auvergne *. La même année , les États de Gévaudan font payer vingt-KÎeux mille moutons d*or à Brusac, Blanchefort et Antoine de Chabannes^ En juillet 1437, le connétable avait fait en Champagne a certaine ordonnance d'argent » avec les capitaines du pays; Guillaume de Flavy n'y ayant pas été compris, le Roi autorise les habitants de Reims à payer pendant trois mois une allocation mensuelle» de cent livres à Flavy '. La même année on donne sept cents livres à Gautier de Brusac pour évacuer Duretal*. En juin 1438, une somme de trois mille quatre cents cinquante écus d'or est versée à certains capitaines pour préserver le Bas-Languedoc de leurs ravages *. En juillet suivant, Bertrand de Béam, bâtard de Foix, Pierre de Murât, Merigon de Castelbon et d'autres capitaines reçoivent deux mille écus d'or pour évacuer Sainte- Gavelle •. En septembre 1438, les États du Haut-Limousin votent trois mille cent cinquante livres pour l'évacuation de Courbefy; quatre cents réaux d'or sont payés à Louis de Bueil et autres capitaines pour leur faire quitter le Limousine Dans le môme mois, un pacte est fait avec ViUandrando pour prévenir son entrée! dans le pays de Gévaudan*. En novembre 1438, un impôt est mis sur le Languedoc pour faire déloger de la province le bâtard de Bourbon et les capitaines qui avaient pris part à l'expédition de Guyenne '. En Basse- Au vergue , les sommes payées aux capi-
1. Mss. fr. 20579, n* 42, et 2606^, n» 9056; Qaicherat, Rodrigue de ViUandttiido, p. 131.