Texte dans Léonard, Becueil des traiter, t. I, p
5. Voici les noms des membres du conseil qui suivirent le Roi dans le midi : Tarchevéque de Toulouse, les évéques de Clermont, de Maguelonne et de Castres, Christophe d'Harcourt, Hugues de Noé, le sire de Bueil, Pierre d'Âmboise, seigneur de Chaumont, Prégent de Coétivy, Pierre de Brezé, Geoffroy Vassal, Jean le Picart et Jean Bureau, que l'on voit apparsdtre pour la première fois au Conseil durant ce voyage.
6. La Roque, Histoire de la maison d'Harcourt, t. I, p. 903; t. IV, p. 1729.
7. Thomas, les États provinciaux de la France centrale sous Charles VII, t. (, p. 195. — Le Roi arriva le 10 octobre à Clermont.
8. Rodrigue de Villandrando, p. 130-31 et 280-82. Cf. document du 4 décembre 1436. Pièces originales f 2622 : Salsan.
1437 CHARLES VII jusqu'à LA PRAGUERIE. 45
dence, la réunion des États de Languedoe ; il prit de sévères mesures contre les routiers et convoqua à Pezenas toutes les milices de la province pour une expédition qu'il voulait diriger en personne*. Mais, soit que la convocation n'ait point été suivie d'effet, soit plutôt qu'il ait été obligé de renoncer à ce projet, le Roi quitta brusquement Pezenas le 7 mai. Après avoir pourvu à la sécurité du Languedoc, il se remit en marche vers le nord*.
Charles VII venait d'apprendre que les routiers, contre lesquels il s'eflforçait de protéger ses provinces méridionales , avaient paru inopinément dans le centre de la France , et que , pour les arrêter, il n'avait fallu rien moins que l'intervention de la Reine. Sur les instances des habitants de Tours , Marie d'Anjou et le jeune Dauphin, qui résidaient en ce moment dans cette ville', avaient écrit à leur chef, lequel n'était autre que le célèbre Rodrigue de Villandrando , pour lui demander d'épargner la Touraine. Rodrigue avait répondu, avec une courtoisie toute chevaleresque, que, malgré l'importance du dessein qu'il poursuivait , en considération de l'honneur et de la révérence dus à de si grandes dames, et aussi en Thonneur du Dauphin envers lequel il se tenait fort obligé, il renonçait à continuer sa marche. 'Mais les routiers ne se dispersèrent pas pour cela : au mépris de la promesse de leur capitaine , ils s'établirent à Châtillon-sur-Indre. Il fallut une nouvelle lettre de la Reine pour les obliger à se retirer*.
Quel était le motif de l'apparition en Touraine de Villandrando et de ses terribles bandes? Cette invasion coïncidait avec une réunion tenue à Angers, au mois d'avril, par plu-
1. D. Vaissete, Hiatoire générale du Languedoc, t. IV, p. 488. — On a une foule de lettres de retenue au service du Roi en date des 5 et 6 mai. Voici les considérants de la plupart de ces documents : « Gomme pour résister aux entreprises et courses que plusieurs routiers et gens de compaignie font et s*efforcenl souventes fois faire pour entrer et descendre en nostre dit pays de Languedoc, pour le chevaucher, piller et rober, et raenconner noz bons et loyaux subgetz , soit besoing avoir et tenir en iceiluy nostre dit pays aucun nostre feable , qui continuellement ait et tiengne en sa compaignie aucun nombre de gens de guerre... » Pièces originaleB, 2043 : Moras.