Voir Monstrelet, t. V, p
1436 et suiv. les conférences de gravelines. 99
lions, La ville de Mailly-le-Châtel , dépendant du comté d'Auxerre, se trouvait parmi celles abandonnées au duc en vertu du traité d'Arras. Or, Forte -Epice, qui s'en était emparé par surprise, refusait de l'évacuer. Germain Trouvé vint solliciter le Roi d'ordonner la remise de la place : Charles VII donna aussitôt commission à Simon Charles d'aller la faire restituer au duc de Bourgogne *.
Cette période fut marquée, pour le duc,. par une formidable coalition, qui absorba toute son attention. A peine de retour du siège de Calais, les Brugeois s'étaient révoltés et avaient massacré le représentant du duc (26 août 1436) ; la duchesse de Bourgogne, qui se trouvait dans la ville, avait vu saisir, dans sa propre litière, deux de ses femmes, que le peuple ♦ avait gardées comme otages. Gand ne tarda point à suivre l'exemple de Bruges : Philippe, venu pour calmer, par son intervention, l'irritation des bourgeois, échoua complètement et subit de cruelles humiliations : les archers de sa garde furent désarmés sous ses yeux, et trois de ses conseillers bannis, comme coupables de haute trahison ^ Une pacification, opérée à ce moment, ne fut que momentanée : au mois d'avril 1437 une double sédition éclata, presque en même temps , à Gand et à Bruges. En traversant cette dernière ville pour se rendre en Hollande, le duc se trouva en présence d'une formidable insurrection : le maréchal de l'Isle Adam fut tué ; lui-même courut les plus grands dangers et ne dut son salut qu'à la fuite. Il revint à Lille, la rage dans le cœur, et jura de tirer des Brugeois une vengeance éclatante. Gand fit bientôt sa soumission; Bruges, abandonnée par toutes les autres villes, dut subir la loi du vainqueur : cette loi fut implacable. La sentence du 4 mars 1438 devait rester célèbre dans les annales de la Flandre ; les proscriptions et les sup-
1. Otaième compte de Mahieu Regnault. Archives delà Côle-d'Or, B1663; extraits dans la Coneclion de Bourgogne, vol. 65, f. 155. Cf. Taetey, les É cor cheurs sous Charlet V//, 1. 1 , p. 44-48.
2. Tableau fidèle des troubles et révolutions arrivés en Flandre, etc., par Beauconrt de Noorlvelde (Bruges, 1792, in-8), chapitre ix; Histoire de Flandre, par M. KenTU de Lettenbove, t. m, p. 219 et suiv.
plices vinrent frapper les rebelles, leur laissant.de longs et cruels souvenirs *.
Une fois délivré des craintes que ces troubles lui avaient inspirées, le duc de Boi^rgogne fut libre de poursuivre ses revendications et de réclanoier le redressement des abus dont il prétendait avoir à se plaindre. A l'entendre, ses officiers ne cessaient de lui faire parvenir l'expression de leurs griefs,. et jusqu'ici ses protestations étaient demeurées sans résultat. Après des démarches réitérées', Philippe fit rédiger un long mémoire, contenant l'énoncé de toutes ses plaintes, ettChargea trois ambassadeurs d'aller le présenter au Roi : Etienne Armenier,* président du Parlement de Bourgogne, Philippe, seigneur de Ternant et Philibert Andrenet , seigneur de Coursan, partirent le 21 février 1438 ^
Le duc de Bourgogne se plaignait , d'une façon générale , de l'inexécution de certains articles du traité d'Arras et des empêchements mis par les officiers royaux à l'exercice de ses droits. Il demandait que le Roi désignât des commissaires pour régler toutes les difficultés. Les réclamations particulières portaient sur des affaires locales au sujet desquelles il réclamait satisfaction; sur des empiétements et des abus dont il demandait la suppression ; sur des questions de juridiction et de limites qui restaient à trancher ; sur les lettres d'abolition que le Roi devait délivrer pour des faits remontant au règne de Charles VI ; sur les lettres de confirmation attendues pour les nominations faites par le duc. Ce mémoire, qui ne contient pas moins de vingt-sept articles , atteste l'humeur processive de Philippe et nous donne la mesure de ses exigences à l'égard de la Couronne ^