Berry, p. 4&b
2. On lit dans des lettres missives datées de Stornton en Angleterre, le 25 octobre (1439) : « Chiers et bien amez , vueillez savoir que , la merci Nostre Seigneur, depuis que nous sommes venuz en Angleterre, nous avons telemenl besoignië avec le Roy et Conseil d'Angleteire que, par certains traictiez et rooiens convenuz entre nous et eulx, nous avons pris, grâce à Dieu, appointement final de nostre cslargissement pour aler en France pour le bien d« la paix et pourchasser nostre^ délivrance. » Archives, K 65, n<>« 15^ et 15^.
3. Instructions données le 25 octobre (1439) par le duc au comte de Dunois et aux gens de son Conseil. Ces engagements ne devaient recevoir leur exécution qu'au cas où le duc d'Orléans serait mis en liberté avant la Saint-André de Tannée suivante. Arcl)ives, K 65, no 157.
i. Voici le texte de celte lettre, qui fait partie d'une collection mise tout récemment à la dispo9ilk)n des travailleurs :
< Très chier et tr^s amé cousin, je me recommande à vous. Et vous plaise savoir que, depuis mon parlement! de Calais, j*ay prins appointement avecques le Roy d'Angleterre et son Conseil pour ma délivrance. A laquelle ma délivrance j'ay besoing que vous me soyez aidant. Pour ce vous prie et requiers, tant afTectueu sèment comme je puis, très chier et très amé cousin , que de ce dont mon frerc bastart vous priera de par moy me vueiltiez secourir et aidier ainsi que j'en ay et doy avoir en vous la confiance, et que de ce ne me vneillez faillir. Et je vous promet que je vous en garderay de tout dommage et deshonneur, au plaisir de Dieu, très chier et très amé cousin, qui vous ait en sa sainte garde et
vous doint bonne vie et longue. Escript à en AngieteiTe le jour de
Vostre cousin le duc d'Orléans et de Valois, comte de Blois et- de Beaumont et seigneur deCoucy. — Charles. » Original, collection de Bastard (Ms. fr. nouv. acq. 3612), n» 785.
5. Obligation du Dauphin pour 30,000 saluts d'or (15 décembre 1439, à Angers); du duc de Beiirbon pour 20,000 saluts (13 décembre, à Angers) ; du comte d'Eu pour 10,000 (2 décembre, à Orléans); de Charles, seigneur d'Albret, comte de Dreux, pour 1,000 (15 janvier 1440, à Florence); du connétable de Richement pour 6,000 (20 décembre, en ^m ost devant Avranches) ; du comte deTancarvillc pour 6,000 (20 décembre) ; de Jean, seigncnrde Bueil, pour 4,000 (20 décembre); de Pierre d'Araboise, ligueur de Chaumont, poar 4,000(17 décembre); de Prégent, seigneur de Coëlivy, pour 4,000 (22 décembre); de Martin Gouge, évéque de Clermont, pour 4,000 (22 décembre). Archives, K 65,n«« 15* à 15» et 15» ; Bibl. nat., Ms. fr. 20379, f. 25.
lAX HISTOIRE DE CHARLES VU. Ul40
Le 28 octobre 1439, des lettres patentes étaient venues ratifier les arrangements pris par la duchesse de Bourgogne*. Le 30 janvier 1440, Henri VI, en manifestaht le vif désir de conclure la paix*, fit expédier des lettres de sauf-conduits, valables jusqu'au 1*'*' juillet, pour les ambassadeurs de France qui, l'année précédente , s'étaient rendus à Gravelines '.
Tout absorbé qu'il fût, diu^ant les premiers mois de 1440, par la lutte contre les princes révoltés , Charles VII n'oublia ni les négociations avec TAngleterre, ni les intérêts de son cousin d'Orléans. Le 12 avril, au moment où il venait de reprendre Saint-Maixent sur les rebelles, il donna, dans cette ville, des lettres portant pouvoir au chancelier et à d'autres de ses conseillers pour se rendre à la nouvelle conférence , et autorisant ses ambassadeurs à délivrer les lettres patentes qui pourraient être nécessaires en vue de l'élargissement du duc d'Orléans*. En même temps, il permit à celui-ci d'aliéner certaines de ses terres pour pourvoir au paiement de sa rançon*. De son côté, le roi d'Angleterre donna ordre au garde de son scel privé de rédiger des instructions pour les ambassadeurs chargés de reprendre les négociations avec la France*'. Des pouvoirs furent donnés à ces ambassadeurs ', et des sauf-conduits délivrés pour les représentants de Charles VII ^.
Le duc d'Orléans et la duchesse Isabelle avgiient pris soin de se ménager le concours du duc de Bretagne, alors en relations intimes, d'une part avec le gouvernement anglais, d'autre part avec les princes révoltés, et qui se conduisait à l'égard de la France comme s'il eût été le vassal de Henri VI.