QUOMODO JOHANNA SAUCIATA FUERIT
Cum autem illic astaret per aliquot dies, eciam Parisiorum civitas summata est et" commonita ut regem suum suscipere eique, ut legittimo principi suo, ingressum dare atque parère vellet. Sed cum illic essent Bethfordie dux et magna Anglorum Burgundionumque presidia, sprete sunt et irrise hujusmodi'' summaciones et moniciones. Quam rem indigne Franci^ ferentes, simulquC^ non nichil spei habentes quod cives, qui numéro et viribus Anglis ac Burgundionibus longe superiores erant, eis ad conatum atque desiderium suum perficiendum fièrent adjutores, aggressi sunt urbem expugnare insultumque facere et vallum intrare inchoarunt, comitante eosdem 5nnmo et preeunte Johanna^ puella cum duce Alençonii multisque regiis capitaneis et ducibus militum. Quibus, cum hii qui in menibus erant confertissimi atque dempsissimi-^, ad defendendum et^ propugnandum expediti, petrariis, tormentis, balistis et aliis jaculis viriliter admodimi résistèrent, multis ex ipsis insultoribus peremptis vel sauciatis, ipsa eciam Johanna puella^' in femore jactu baliste vulnerata^, frustrati inefficacesque receptui cecinerunt et non absque dampno et dedecore rétro abierunt.
Que cum ita, temere satis intentata, in irritum' cessissent et in Sancto Dyonisio pêne circumquaque inter hostes conclusi, qui civitates et castella vicina detinebant, victualium ceterarumque rerum necessariarum inopia Franci premerentur, circa Silvanectum, quam Anglici occupabant, abscessit rex cum suo exercitu ".
Ad quam defendendam civitatem statim, Anglorum contractis undique copiis, occurrit dux Bethfordie, cas-
a. atque P. — b. hujuscemodi P. — c. Franci indigne P. — d. Ces deux mots de la main de l'auteur, dans un blanc laissé par le co-
JEANNE d'arc BLESSÉE (8 SEPT. I429) I47
Comme il restait quelques jours dans ces parages, la ville de Paris fut, elle aussi, sommée et mise en demeure d'accueillir son roi, de lui ouvrir ses portes et de lui obéir comme à son légitime seigneur. Mais, comme il y avait là le duc de Bedford et une nombreuse garnison d'Anglais et de Bourguignons, ces sommations et mises en demeure furent reçues avec mépris et tournées en dérision. Les Français en furent indignés ; et, se berçant d'ailleurs de l'espoir que les habitants, infiniment plus nombreux et plus forts que les Anglais et les Bourguignons, les aideraient à venir à bout de leur tentative et à combler leurs désirs, ils se prirent à attaquer la ville et commencèrent à donner l'assaut et à pénétrer dans le fossé, en compagnie, voire sous la conduite de Jeanne la Pucelle, ainsi qu'avec le duc d'Alençon et beaucoup d'autres capitaines royaux et chefs de gens d'armes. Ceux qui étaient sur les murs, en troupe serrée, décidés en outre à se défendre et à repousser les assaillants, résistèrent en gens de cœur à l'aide de perrières, de bombardes, d'arbalètes et de projectiles de tout genre; de nombreux assaillants furent tués ou blessés, et Jeanne la Pucelle elle-même fut atteinte à la cuisse par un trait d'arbalète^. Aussi, découragés, sonnèrent-ils la retraite et se retirèrent-ils, non sans dommage et déshonneur.
Ces tentatives assez téméraires se trouvant donc inutiles et les Français dans Saint-Denis étant presque entièrement cernés d'ennemis, tandis que ceux qui tenaient les villes et châteaux voisins souffraient gravement du manque de vivres et d'autres choses nécessaires, le roi s'en alla avec son armée du côté de Senlis, que les Anglais occupaient ^.
A la défense de cette ville, ayant partout rassemblé des troupes, accourut aussitôt le duc de Bedford. Il dressa son
piste, en G. — e. Ce mot dans l'interligne, de la main de l'auteur, en G. — / . densissimi P. — g. ac P. — h. Manque en P. — i. irrita P.