LES ANGLAIS REPRENNENT LOUVIERS (25 OCT. I431) I7I
ils pouvaient commodément épier, puis prendre ou recouvrer Paris, vînt à être perdue par lâcheté ou négligence, ainsi que la vaillante troupe qui s'y trouvait. Aussi, sous la conduite de l'illustre comte de Dunois, dont nous avons si souvent parlé ci-dessus, portèrent-ils aide et secours aux assiégés. Ils s'élancèrent contre les solides défenses du camp ennemi, qu'il fallait nécessairement traverser pour entrer dans la place, battirent et chassèrent les Anglais les armes à la main et se firent un chemin praticable vers les assiégés, à qui ils apportaient des secours en vivres et tout ce dont ceux-ci étaient le plus privés. Le duc de Bedford, voyant, non sans grande tristesse, les choses tourner mal pour lui et de tels secours arriver aux assiégés, se prit à craindre que les choses n'empirassent encore, leva le siège, partit quelques jours après et regagna Paris ^.
Il arriva aussi que, vers la même époque, les Anglais assiégeaient, non loin de Rouen, une place appelée Louviers, dont ils s'efforçaient de tout leur pouvoir de s'emparer au moyen de béliers, de grues et d'autres machines de guerre. Mais toutes leurs tentatives restèrent vaines et ils ne purent prendre la place de force, ce qu'ils souhaitaient pourtant grandement, car c'était un lieu bien fortifié et garni d'une quantité d'hommes d'armes et de bourgeois courageux. Et vraisemblablement Louviers n'aurait point passé sans défense aux Anglais, si le plus grand capitaine de ceux qui y étaient enfermés, illustre entre les chefs de guerre français de ce temps, nommé Lahire^, n'était tombé aux mains des ennemis. Sortant, en effet, furtivement de la place déjà assiégée pour amener du secours à ceux qui s'y trouvaient enfermés,
de ce mot corrigée par l'auteur en G ; in deterius P. — g. succederet P. — h. Parisios P. — i. aliisque P. — /. Ces deux mots dans la marge, de la main de l'auteur, en G. — k. capitaneus precipuus P. — /. Labiere P.
1. Le 10 août 1432. Sur la levée du siège de Lagny, voir le récit de Quicherat dans Rodrigue de Villandrando (1879), p. 73-78. Cf. G. de Beaucourt, Histoire de Charles VII, t. II (1882), p. 45.