Conrad Bayer de Boppard
3. Ainsi, le roi René vivait encore lorsque Basin écrivait ce passage. Nous sommes donc assurés que ce chapitre a été écrit avant juillet 1480, date de la mort de ce prince à Aix-en-Provence.
l8o DE URBE PARISIACA MISERIIS PRESSA
quo adventarat, remenso" itinere, Calisium et in Angliam reduxerunt ^.
Studium autem permaximum erat Francis venari urbem illam regiam Parisiorum et, ex capcione et municione vicinorum opidorum et fortaliciorum eam in extremam necessitatem adductam, ad faciendam dedicionem adigere. Ad quod cum plurium annorum decursu intendissent, neque obsidiones neque militares exercitus in castris tenentes, sed ex opidis et castris que, seu per tradimenta, seu per insidias et^ noctumas ac furtivas inscalaciones acquireri poterant, agros populantes et itinera undique obsidientes, per que annona ad prefatam urbem advehi potuisset, ipsam ad magnam rerum omnium penuriam et caristiam perduxerunt, ita ut cives preciosa queque superlectilis'" pro pane, perurgente famé, distrahere cogerentur. Non enim per plures annos'' annonam habebant, nisi que ex Normannia eis adduceretur et frequencius navigio per flumen (quod nec fieri poterat, nisi cum magna scorta et^ armatorum multitudine) conduceretur^. Que impensa conducte annonam ipsam multo cariorem efficiebat. Contingebat eciam interdum ut, incursantibus et insidiantibus Francis, quicquid advehebatur raperetur, mercatoribus et conductoribus captis seu peremptis. Inde autem consecutum est ut urbs illa regia-, maxima populorum frequencia ac numerositate solita esse referta, inopia et variis calamitatibus atque pestilendis, civibus partim absumptis, partim quaquaversum^' effusis atque dispersis, habitat oribus majore ex parte vacuaretur et nudaretur, ita ut ejus platée, raris cas calcantibus, plerumque herbis et graminibus viren-
a. Ce mot dans l'interligne, de la main de l'auteur, en G ; remensi P. — h. aut P. — c. suppcllectilis P. — d. Ce mot dans la marge, de
MISÈRE A PARIS l8l
Calais et en Angleterre, par la Picardie, c'est-à-dire par le même chemin qu'il était venu^.
Mais les Français désiraient passionnément s'emparer de la ville royale de Paris ; en prenant et en fortifiant les places et forteresses voisines, ils espéraient la mettre à bout de ressources et la forcer à faire sa reddition. Comme ils tendaient à ce but depuis plusieurs années, ils ne faisaient ni sièges ni campagnes, mais, appuyés sur les places et châteaux dont ils avaient pu s'emparer soit par trahison, soit par ruse, soit par surprises et escalades nocturnes, ils dévastaient la campagne et surveillaient toutes les routes par où des vivres auraient pu être apportés dans la ville. Ils l'amenèrent ainsi à une grande pénurie et disette de toutes choses, si bien que les habitants étaient contraints, l'extrême faim les pressant, de vendre, pour avoir du pain, leurs meubles les plus précieux. Car, pendant plusieurs années, ils n'eurent d'autres vivres que ceux qui leur arrivaient de Normandie, et le plus souvent par des bateaux. remontant le fleuve. Il y fallait une nombreuse escorte et une foule de gens d'armes, et la dépense de ces convois faisait monter beaucoup le prix des vivres eux-mêmes. Il arrivait aussi parfois que, par courses ou embuscades, les Français s'emparaient des convois, prenant ou tuant marchands et conducteurs. De là vint que cette ville royale, habituellement très peuplée, se vida en grande partie de ses habitants, les uns ayant péri, les autres ayant été dispersés de droite et de gauche par les privations et toute sorte de misères et de contagions, à ce point que les places, vu le petit nombre de pas-
la main de l'auteur, en G. — e. Ces deux mots manquent en P. — /. deducerentur P. — g. Manque en P. — h. quoquo versus P.
I. Henri VI était de retour en Angleterre dans les premiers jours de février 1432. Sur les étapes de son voyage, voir A. Longnon, Paris pendant la domination anglaise (1878), p. 338-340, et J.-H. Ramsay, Lancaster and York, t. II (1892), p. 438.
l82 DE BELLO INTER BURGUNDIAE ET BORBONII DUCES
tibus operirentur'* et jam certe non esset ei species neque décor '^, que quondam inter omnes christiani orbis civitates speciosissima esse^ atque florentissima ferebatur^.
Cum autem ita sine ^ preliis et exercitibus atque ordine militari, vastando agros, diripiendo civitates vel opida, que prodicionibus, dolis seu insidiis super alterutrum rapi potuissent'^ contigit ut dux Borbonii, qui Philippi, Burgundionum ducis, sororem habebat in conjugem^, ex terris suis acceuta armât orum multitudine, terras Burgundie vicinas sibi graviter infestaret et plurima eis detrimenta inferret*. Quibus incommodis occurrens idem Philippus, qui paulo ante Brabanciam per obitum Philippi, ducis ipsius Brabancie, ex legittima successione sibi vendicarat, in Burgundiam ex Brabancia profectus est ^ ; ubi, collecte exercitu, sese de injuriis sibi et suis per dictum ducem Borbonii irrogatis, ulcisci destinavit.
Aggressus igitur ejus terras, multa inibi vel expugnando vel obsidendo fortalicia et opida accepit, pluraque verisimiliter accepisset, nisi idem Borbonii dux ad componendam pacem conciliandamque inter Karolum regem et dictum Burgundionum ducem amiciciam et concordiam animum convertisset ^.
a. implerentur P. — b. Manque en P. — c. Ce mot dans la marge, de la main de l'auteur, en G, y a été substitué à suis, que donne P. — d. Début de phrase incomplet, mais dont le sens paraît clair. Voir lu traduction ci-contre.