MASSACRES EN NORMANDIE
temps-là. Ému des réclamations de tous les habitants de la province autant que de l'atrocité du fait, il fit prendre le susdit Venables, ainsi qu'un autre individu très cruel, nommé Waterhoo^, et les fit conduire en sa présence enchaînés à Rouen ; et là, après les avoir fait condamner pour leur sanglant forfait, il les livra au supplice, traînés à la queue des chevaux à travers les places de la ville ^. Mais personne ne crut que les Normands eussent ainsi reçu une satisfaction proportionnée à l'énormité du crime commis ; d'autre part, les brigands et les assassins ne cessèrent pas pour autant de s'attaquer sans ménagement aux Anglais, de les presser et exciter à la rébellion et au départ, les comblant chaque jour de nouvelles avanies. Ils pensaient, en effet, que, s'ils en arrivaient à la révolte ouverte, ils auraient ainsi une légitime occasion d'accomplir et d'exécuter impunément contre eux, comme coupables de lèse-majesté et de haute trahison, toutes les cruautés ou tous les actes de guerre qu'ils pourraient imaginer.