‹ Histoire de Charles VIIChapitre 40 sur 307 · DES ÉVÉNEMENTS SURVENUS SOUS CHARLES VII ET LOUIS XI, ROIS DE FRANCE · texte numérisé non relu

DES ÉVÉNEMENTS SURVENUS SOUS CHARLES VII ET LOUIS XI, ROIS DE FRANCE

Ils n'ont pas rendu, on le sait, un mince service au progrès de la vie et des mœurs des hommes, ceux qui ont pris soin d'écrire et de transmettre à la postérité, sous forme de récits véridiques, l'histoire du passé et surtout la vie des personnages illustres. Plus tard, en effet, il est loisible aux lecteurs d'user de ces récits comme d'un miroir moral et d'en retirer beaucoup d'enseignements, soit qu'ils apprennent à imiter les actions qu'ils ont reconnues pour honnêtes et vertueuses, soit, au contraire, à blâmer, à réprouver et à fuir les injustices, les lâchetés, les hontes et les turpitudes ; à aimer, enfin, ce qui a permis à leurs prédécesseurs de plaire à Dieu et d'être heureux, ou, par contre, à éviter avec prudence et sagesse ce qui les a fait tomber dans l'abîme des vices et des malheurs. Mais nombreux sont ceux qui sont portés à composer de tels récits plutôt dans l'espoir d'un gain ou pour se concilier par la flatterie la faveur du vulgaire ignorant, des rois'ou des princes, que dans l'ardent désir de proclamer et de mettre en lumière la vérité. Par leurs mensonges, soit qu'ils aient, pour de tels motifs, porté aux nues à grand renfort de louanges des actions peu vertueuses et peu louables, soit qu'ils aient passé sous silence ou caché sous le brouillard des excuses supposées et mensongères les iniquités, les fraudes et les lâchetés, ils ont corrompu la vérité de l'histoire et n'ont pas rempli leur devoir d'écrivain^.

I. La familiarité de Basin avec les auteurs de l'antiquité, spécialement avec Salluste, est déjà très sensible dans cette préface.

4 PRAEFATIO

Ne a talibus vanis et mendosis scripta adulatoribus, quorum nonnulli forsan ad res scribendas, quarum veritatem habere ipsi compertam potuimus"^, sese dederunt, legentes, falsa pro veris amplectendo, circumveniri ac decipi in posterum contingat, nobis animo visum est duorum Francorum regum nostri evi et^ temporis res gestas, quas magna ex parte vel ipsi vidimus, vel talibus consecuti sumus auctoribus, de quorum fide minime foret ambigendum, litteris, ad posterorum utilitatem et cautelam, digerere^' et mandare.

Sic enim, Deo adjutore, speramus ex nostro iitterali otio non nichil legentibus et attendentibus utilitatis, quod non injuste plurium'^ negociosis laboribus conferri vel eciam preferri^ possit allaturos esse-'^, cum ex hiis liquido unicuique patere possit, quam fragili loco constitute sint res humane et quam, in eisdem'^' spem ponentes, se delusos et spe vana frustratos facile inveniant. Que res, si quid sapiunt homines, eos profecto ducere débet ad spem et dilectionem in solo vero, summo et eterno bono figendam et reponendam.

Quibus sic premissis, susceptam narracionem aggrediemur.

a. Manque en P. — b. ac P. — c. dirigere P. — d. plurimum P. — e. proferri P. — /. Manque en P. — g. iisdem P.

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