‹ Histoire de Charles VIIChapitre 72 sur 307 · DE PRAELIO APUD AZINCOURT (25 OCT. I4I · texte numérisé non relu

DE PRAELIO APUD AZINCOURT (25 OCT. I4I

Miserabile erat statim videre ut, ruptis ordinibus, in ipso Francorum exercitu conf usio f acta f uerit "^ et elabi per fugam plurimi conarentur ; quomodo decem Anglorum centum prosequerentur et unus decem ; qui, cum ab Anglis comprehenderentur, nichil reluctantes nec ullam spem defensionis nisi in sola fuga ponentes, trucidabantur, vel gregatim ut pecora captivi '' ducebantur.

Ceciderunt^' in eo prelio dux Allenconii^, cornes à^ Alhref^ et aliorum comitum, baronum, militum atque nobilium magna multitude. Cesus est et dux Brabancie Anthonius^ cum gente sua^'', qui superveniens cum suis, prelio jam pêne confecto, occasionem dédit ut Anglici plures ex his^ quos ceperant captivos, périmèrent. Capti sunt ibi dux Aurelianensis ^^, filius illius quem Parisius'^' peremptum fuisse supra retulimus, et dux Borbonii ^, Karolus, comes de Augo^'^, et quamplures alii' comités, barones et nobiles, qui ad opidum Calisii, inde vero trans fretum, per ipsum regem victorem in Angliam abducti'^ sunt.

Dies ille infaustus valde nobilitati et regno Francorum fuit, cum tunc^' magna porcio eorum qui ab hostibus regnum ipsum tutari potuissent^ cecidisset ; que res regno ruine magne et exicii causa fuit, ut in consequentibus lacius ostendemus.

Fuit autem hoc infelix prelium commissum prope opidum de Hedinc in agris duarum villarum quarum una Agincourt, altéra Rouseauville"^'^ appellatur, anno Domini .Mo. CCCC®. XVo., die sanctorum martirum Crispini et Crispiniani ^, anno evoluto ex quo a Francis mise-

a. fuerat P. — b. Manque en P. — c. cecideruntque P. — d. sua gente P. — e. hiis P. — /. Aurelianensium P. — g. Parisiis P. — h. Angio P. — i. Manque en P. — /. adducti P. — k. tum P. — /. potuerant P. — m. Leçon de P, qui porte Trouseauville corrigé en Rouseau ville ; Trouseauville G.

BATAILLE d'aZINCOURT (25 OCT. I4I5) 45

C'était un pitoyable spectacle que de voir comment, les rangs une fois rompus, la confusion s'était introduite dans l'armée française et comment la plupart demandaient leur salut à la fuite ; comment dix Anglais poursuivaient cent Français, et un dix ; et lorsque ces malheureux étaient pris par les Anglais, n'opposant aucune résistance et mettant leur seul espoir dans la fuite, ils se laissaient massacrer ou emmener comme un troupeau de moutons.

Tombèrent dans cette bataille le duc d'Alençon^, le comte d'Albret ^ et une foule d'autres comtes, barons, chevaliers et nobles. Tués Antoine, duc de Brabant^, et son escorte, qui, survenant au moment où la bataille était près de finir, fournit aux Anglais l'occasion de mettre à mort un certain nombre de prisonniers. Prisonniers, le duc d'Orléans*, fils de celui dont nous avons raconté plus haut la mort violente à Paris ; le duc de Bourbon^, Charles., comte d'Eu ^ et de nombreux comtes, barons et nobles. Le roi victorieux les emmena à Calais, puis, par delà le détroit, en Angleterre.

Jour néfaste pour la noblesse et pour le royaume de France. Il entraîna la perte d'une bonne partie de ceux qui pouvaient défendre le pays contre ses ennemis et fut cause d'une grande ruine, comme nous le montrerons tout au long dans les pages qui suivent.

Ce malheureux combat eut lieu près de Hesdin, sur le territoire de deux villages nommés l'un Azincourt et l'autre Ruisseauville ', l'an du Seigneur 1415, le jour des saints martyrs Crépin et Crépinien®. Un an s'était écoulé depuis le jour

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