CONDUITE DE JEAN, DUC DE BRETAGNE
OÙ les Français avaient mis à sac la ville de Soissons et pillé, entre autres actes sacrilèges, le vénérable monastère placé sous l'invocation de ces bienheureux martyrs ^. Aussi crut-on que ce malheur était une punition divine infligée aux Français pour les impiétés et les cruautés qu'ils avaient commises, soit en de multiples occasions, soit plutôt dans la destruction et le pillage de cette ville. Chacun est libre d'en penser ce qu'il veut ; pour nous, nous contentant de raconter véridiquement les faits, nous laissons à de plus audacieux la tâche de discuter les œuvres impénétrables de la divinité.
A ce combat, le duc de Bretagne, Jean ^, bien qu'il eût été appelé, n'assista pas. Etant venu à Amiens avec un grand nombre de ses Bretons, communément estimés à dix mille hommes, il aima mieux attendre là l'issue de la guerre, plutôt que de s'exposer de trop près aux dangers. La bataille terminée, il reprit le chemin de son duché, sans même avoir vu les ennemis, mais non sans quelque dommage pour les localités où il passait^.