MEURTRE DU DUC DE BOURGOGNE
accompagné d'une forte troupe de gens d'armes, ceux qui tenaient le parti du dauphin et se trouvaient en sa compagnie, faisant semblant de vouloir pratiquer et conclure paix et amitié avec le duc de Bourgogne, organisèrent la venue de ce dernier à la rencontre du dauphin, audit lieu de Montereau, après lui avoir donné toutes les garanties et sûretés possibles, comme pour traiter entre eux en toute bonne foi de cette affaire de la paix. Mais comme il s'y présentait, ne soupçonnant aucun piège et, du reste, contre l'avis de beaucoup des siens, qui se doutaient grandement de quelque ruse et embûche, il fut frappé à la nuque, en présence du dauphin, et assassiné misérablement ^.
Qui fut ou qui furent les meurtriers, nous ne pouvons le préciser ^. En tout cas, les soupçons se portèrent sur Tanguy du Chastel, dont il a été question plus haut ^, et sur un autre notable et brave chevalier de Guyenne, nommé Barbazan *, qui passe aux yeux de beaucoup pour s'être lavé de cette accusation. Ce qui est certain, à quelques mains qu'il faille attribuer l'exécution du crime, c'est qu'ayant été convoqué audit lieu de Montereau, il y fut tué cruellement en présence du dauphin ^. Que celui-ci n'en ait été nullement complice, bien plus, qu'il ait eu horreur de la chose, étant encore à ce moment jeune et adolescent, c'est ce que, d'une seule voix, lui-même et plusieurs autres ont toujours af&rmé. Nous laissons à chacun la liberté d'en penser ce qu'il voudra. Cependant, comme nous l'avons dit plus haut du meurtre du duc d'Orléans, celui-ci fut pareillement pour le royaume de France la source d'un grand trouble et dommage, ainsi qu'il ressortira clairement de ce qui sera rapporté cidessous.
2. On sait que les historiens modernes n'ont pas pu, eux non plus, faire la lumière sur ce point.