‹ Histoire de Charles XII, roi de SudeChapitre 106 sur 285 · LIVIII:: TUOISIOE · texte numérisé non relu

LIVIII:: TUOISIOE

queurs trouvèrent sur le champ de bataille sept mille fusils tout chargés qu’on avait jetés à terre sans tirer. Jamais déroule ne fut plus prompte, plus complète et plus honteuse; et cependant jamais général n’avait fait une si belle disposition^ que Scliuleiihourg, de l’aveu de tous les officiers saxons et suédois, qui virent en cette journée combien la prudence humaine est peu /naîtresse des événements.

Parmi les prisonniers, il se trouva un régiment entier de Français. Ces infortunés avaient été pris parles troupes de Saxe, l’an 1704, à cette fameuse bataille de Hochstetf^, si funeste à la grandeur de Louis XIV. Ils avaient passé depuis au service du roi Auguste, qui en avait fait un régiment de dragons, et en avait donné le commandement à un Français de la maison de Joyeuse. Le colonel fut tué à la première, ou plutôt à la seule charge des Suédois: le régiment tout entier fut fait prisonnier de guerre^. Dès le jour même, ces Français demandèrent à servir Charles XII, et ils furent reçus à son service, par une destinée singulière qui les réservait à changer encore de vainqueur et de maîlreL

A l’égard des Moscovites, ils demandèrent la vie à genoux; mais on les massacra inhumainement plus de six heures après le combat, pour punir sur eux les violences de leurs compatriotes, et pour se débarrasser de ces prisonniers dont on n’eût su que faire

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