Davantage est mal employé dans le sens de le plus
5. En effet, Mithridate, vaincu comma Charles XII, après tant de succès, mais toujours, comme lui, « le cœur nourri de sang, et de guerre affamé, » reste implacable et fier dans sa disgrâce, et ne songe qu’à se venger de l’ennemi qu’il déteste. Voir l’act. ii, scène 3 ; l'acte III, SC. ; l’acte v, sc. 5 ; etc., et surtout ce passage ;
Je fuis ; ainsi le veut la Fortune enne- [mie.
Mais vous savez trop bien l’histoire de [ma vie
Pour croire que longtemps, soigneux [de me cacher.
J’attende en ces déserts qu’on me vien- [ne chercher...
6. Le comte Desalleurs(PierrePuchot, seigneur de Clinchamp) fut ambassadeur de France à Constantinople, 1711-1716*
LIVHF. CINQUlÈMi:.
de France h la Porte, lioinme d’un mérite distingué, mais qui ne savait que sa langue naturelle, il répondit à cet ambassadeur en latin; et sur ce que M. Désaleurs protesta qu’il n’entendait pas quatre mots de cette langue, le roi, plutôt que de parler français, fit venir un interprète.
Telles étaient les occupations de Charles XII à Bender, où il attendait qu’une armée de Turcs vînt à son secours. Son envoyé ^ présentait des mémoires en son nom au grand-vizir, et Poniatowski les soutenait par le crédit qu’il savait se donner. L’insinuation ^ réussit partout : il ne paraissait vêtu qu’à la turque : il se procurait toutes les entrées. Le Grand-Seigneur lui fit présent d’une bourse de mille ducats, et le grand-vizir lui dit : «Je prendrai votre « roi d’une main et une épée de l’autre, et je le mènerai à «Moscou à la tête de deux cent mille hommes. » Ce grandvizir s’appelait Ghourlouli-Ali-Bacha ^ : il était fils d’un paysan du village de Chourlou. Ce n’est point parmi les Turcs un reproche qu’une telle extraction ; on n’y connaît point la noblesse, soit celle à laquelle les emplois sont attachés, soit celle qui ne consiste que dans des titres; les services seuls sont censés ^ tout faire : c’est l’usage de presque tout l’Orient ; usage très-naturel et très-bon, si les dignités pouvaient n’être données qu’au mérite; mais les vizirs ne sont d’ordinaire que des créatures d’un eunuque noir ou d’une esclave favorite.
Le premier ministre changea bientôt d’avis. Le roi ne pouvait que négocier, et le czar pouvait donner de l’argent : il en donna, et ce fut de celui môme de Charles Xll qu’il se servit; la caisse militaire prise à Pultava fournit de nouvelles armes contre le vaincu. Il ne fut alors plus question de faire la guerre aux Russes. Le crédit du czar
1. Neugebauer, nommé ambassadeur extrordinaire, fut chargé de remettre une nouvelle lettre au sultan (9 octobre), et fut admis en sa présence avec Poniatowski, qui déjà s’était acquitté avec zèle de deux missions auprès de la Porte.