Le Rudziack. — Voir la note 6 de la page
7. La Gircassie, au sud des Tartares Nogaïs, entre la mer Noire et la mer Caspienne, est le pays des Tcherkesses, mahométans depuis le xvi® siècle.
8. La Crimée, qui doit son nom à la ville de Crim, ou suivant d’autres aux Kymris (Cimmériens), fut habitée par les Tauri, qui formèrent le petit royaume du Bosphore, plus tard soumis par Mithridate ; puis occupée par les Alains, les Goths, les Huns, les Tartares, etc. (Voir la note 8 de la p. 177.)
connue dans rantiqiiité sous le nom de Chersonèse Taurique, où les Grecs portèrent leur commerce et leurs armes, et fondèrent de puissantes villes et où les Génois pénétrèrent depuis^ lorsqu’ils étaient les maîtres du commerce de l’Europe. On voit en ce pays des ruines des villes grecques, et quelques monuments des Génois, qui subsistent encore au milieu de la désolation et de la barbarie.
Le kan e&t appelé par ses sujets empereur; mais avec ce grand titre il n'en est pas moins l’esclave de la Porte 2. Le sang ottoman dont les kans sont descendus et le droit qu’ils prétendent à l’empire des Turcs, au défaut de la race du Grand Seigneur, rendent leur famille respectable au sultan même, et leurs personnes redoutables : c’est pourquoi le Grand-Seigneur n’ose détruire la race des kans tartares ; mais il ne laisse presque jamais vieillir ces princes surle trône. Leurconduite est toujours éclairée par les bachas voisins^, leurs États entourés de janissaires, leurs volontés traversées par les grands-vizirs, leurs desseins toujours suspects. Si les Tartares se plaignent du kan, la Porte le dépose sur ce prétexte; s’il en est trop aimé, c’est un plus grand crime dont il est plutôt puni : ainsi presque tous passent de la souveraineté à l’exil, et finissent leurs jours à Rhodes, qui est d’ordinaire leur prison et leur tombeau
Les Tartares leurs sujets sont les peuples les plus bri-
1. Parmi ces villes on peut citer Panticapée, Théodosiopolis, que les Génois relevèrent, et qui devint si florissante sous le nom de Gaffa, Chersonessus et Eupatoria.
2. La famille des khans de Crimée était celle des Ghéraï, qui descendaient Je Gengis-Khan , par son petit-fils Batou, et qui gouvernèrent depuis 1440 jusqu’en 1783 ; la famille des Ghéraï n’est pas éteinte ; et c’est elle qui fournirait des sultans à Constantinople, si la race de ces derniers venait à manquer.
En 1475, Menghély-Ghéraï, prisonnier de Mahomet II, conclut avec lui un traité par lequel il se reconnaissait vassal du sultan, et jurait de lui fournir, en cas de guerre, des subsides en hommes et en argent ; de son côté Mahomet le reconnaissait pour souverain de la
Crimée, lui accordait le droit d’arborer cinq queues pour étendard, et d etre nommé après lui dans les prières publiques.
3. On dit plus ordinairement issu de avec le mot sang, dans le sens de race, famille, maison.