‹ Histoire de Charles XII, roi de SudeChapitre 222 sur 285 · Duché de Brème. — Voir la noie 3 de la page · texte numérisé non relu

Duché de Brème. — Voir la noie 3 de la page

histoirl: de Charles xii.

obligée de se rendre àdiscrélion, avant que Sleinbockpùl s’avancer pour la secourir.

Ce général, qui avait environ douze mille hommes, dont la moitié était cavalerie ^ poursuivit les ennemis, qui étaient une fois plus forts, et les atteignit enfin dans le duché de Mecklenbourg, près d’un lieu nommé Gadebesk et d’une petite rivière qui porte ce nom : il arriva vis-à-vis des Saxons et des Danois le 20 décembre 17l2 ; il était séparé d’eux par un marais. Les ennemis, campés derrière ce marais, étaient appuyés à un bois; ils avaient l’avantage du nombre et du terrain, et on ne pouvait aller à eux qu’en traversant le marécage sous le feu de leur artillerie.

Steinbeck passe à la tête de ses troupes, arrive en ordre de bataille, et engage un des combats les plus sanglants et les plus acharnés qui se fussent encore donnés entre ces deux nations rivales. Après trois heures de celte mêlée si vive, les Danois et les Saxons furent enfoneés et quittèrent le champ de bataille

Un fils du roi Auguste et de la comtesse de Kœnigsmarck, connu sous le nom de comte de Saxe, fit dans cette bataille son apprentissage de l’art de la guerre^. C’est ce même comte de Saxe qui eut depuis l’honneur d’être élu duc de Courlande, et à qui il n’a manqué que la force pour jouir du droit le plus incontestable qu’un homme puisse jamais avoir sur une souveraineté, je veux dire les suffrages unanimes du peuple. C’est lui qui s’est acquis depuis une gloire plus réelle, en sauvant la France à la bataille deFontenoy; en conquérant la Flandre, et en méritant la réputation du plus grand général de nos jours 11

1. Geyer dit qu’il y avait 10,000 fantassins et 1,800 cavaliers, ce qui est plus vraisemblable.

2. A la bataille de Gadebusch, les Danois eurent 3,000 hommes tués, 4,000 prisonniers, et perdirent leur artillerie ; Frédéric IV, entouré du régiment jutlandais de Viborg, avait défendu le terrain avec opiniâtreté.

3. Maurice de Saxe avait alors seize ans. — Voir la note 3 de la page 71.

4. Voltaire ajouta cette phrase pour honorer le maréchal de Saxe, le plus grand général de la France sous Louis XV, vainqueur à Fontenoy (17451, à Raucoux (1746), et à Lavvfeld (l747), dans la guerre de la Succession d’Autriche. 11 y a quelque exagération, lorsqu’il dit qu’z7 sauva la France à Fontenoy. Il était né en 1696, et il mourut en 1750, à l’âge de 54 ans.

ÜVUE SEPTIÈME.

commandait un régiment à Gadebcsk, et y eut un cheval tué sous lui. Je lui ai entendu dire que les Suédois gardèrent toujours leurs rangs, et que, meme après que la victoire fut décidée, les premières lignes de ces braves troupes ayant ü leurs pieds leurs ennemis morts, il n’y eut pas un soldat suédois qui osât seulement se baisser pour les dépouiller, avant que la prière eût été faite sur le champ de bataille ; tant ils étaient inébranlables dans la discipline sévère à laquelle leur roi les avait accoutumés !

Sleinbock, après cette victoire, se souvenant que les Danois avaient mis Stade en cendres, alla s’en venger sur Altona qui appartient au roi de Danemark. Altona est au-dessous de Hambourg, sur le fleuve de l’Elbe, qui peut apporter dans son port d’assez gros vaisseaux. Le roi de Danemark favorisait cette ville de beaucoup de privilèges ; son dessein était d’y établir un commerce florissant : déjà même l’industrie ^ des Allouais, encouragée par les sages vues du roi, commençait à mettre leur ville au nombre des villes commerçantes et riches. Hambourg ^ en concevait de la jalousie, et ne souhaitait rien tant que sa destruction. Dès que Steinbeck fut à la vue d’Altona,il envoya dire par un trompette aux habitants qu’ils eussent à se retirer avec ce qu’ils pourraient emporter d’effets, et qu’on allait détruire leur ville de fond en comble.

Les magistrats vinrent se jeter à ses pieds, et offrirent cent mille écus de rançon. Steinbock en demanda deux cent mille. Les Allouais supplièrent qu’il leur fût permis au moins d’envoyer à Hambourg, où étaient leurs correspondances et assurèrent que le lendemain ils apporte-

1. Altona, port du Ilolstein, sur la rive droite de l’Elbe, à 2 kil. de Hambourg ; cette ville est au Danemark depuis 1640 ; 30,000 hab.

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