‹ Histoire de Chartres (volume 2)Chapitre 30 sur 123 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

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|>ée de connétable. Après Henri marchaient le chancelier de Cheverny , le comte de Saint-Pol , grand-maître , le duc de Longueville, grand-chambellan, le sieur de Bellegarde, premier gentilhomme de la Chambre. A l'appel des douze pairs de France, le prince de Conti répondit pour le duc de Bourgogne; le comte de Soissons, pour le duc de Normandie; le duc de Montpensier, pour le duc d'Aquitaine; le duc de Luxembourg, pour le comte de Toulouse; le duc de Retz, pour le comte de Flandre; le duc de Ventadour, pour le comte de Champagne ; l'évèque de Chartres , pour l'archevêque duc de Reims ; l'évèque de Nantes, pour l'évôque duc de Laon ; l'évèque de Digne, pour l'évèque duc de Langres; l'évèque de Maillezais , pour l'évèque comte de Beauvais ; l'évèque d'Orléans , pour l'évèque comte de Châlons , et l'évèque d'Angers, pour l'évèque comte de Noyon. Le Roi marcha droit à l'autel; il y fit déposer pour offrande une châsse d'argent doré et vint ensuite occuper le fauteuil qui lui avait été préparé au bas des marches.

L'évèque de Chartres, après avoir tiré l'huile sainte du reliquaire, prit l'Evangile et invita Sa Majesté à prêter le serment du sacre. Alors Henri, debout, la main droite sur le livre saint , prononça les paroles suivantes : « Je vous promets » et octroyé (aux évêques) que je vous conserverai en vos pri- » viléges canoniques, comme aussi vos églises, et que je vous » donnerai de bonnes loix et vous feray justice et vous défen- » derai , aidant Dieu par sa grâce , selon mon pouvoir , ainsi »> qu'un Roi en son royaume doit faire par droit et raison à » l'endroit des évêques et de leurs églises.

» Je promets, au nom de Jésus-Christ, ces choses aux chré- » tiens à moy sujets :

» Premièrement, je mettray peine que le peuple chrétien

vive paisiblement avec l'Église de Dieu ;

» Oultre, je tâcherai faire qu'en toutes vacations cessent » rapines et toutes iniquités ;

» Oultre, je commanderai qu'en tous jugements, l'équité » et miséricorde ayent lieu , à celle fin que Dieu clément et » miséricordieux fasse miséricorde à moy et à vous ;

» Oultre, je tâcherai à mon pouvoir, en bonne foy, de » chasser de ma jurisdiction et terres de ma sujétion toushé- » réticques dénoncés par l'Église.

» Promettant , par serment , de garder tout ce qui a esté » dit !. »

Aux yeux de la plupart des assistants, ce n'était pas la moins importante partie du cérémonial qui venait de s'accomplir.

Après le serment , l'évèque de Chartres , aidé par les pairs ecclésiastiques , fit à Henri les onctions saintes ; puis , il prit la couronne, la leva au-dessus de la tète du monarque , la donna à soutenir aux ducs et pairs, la bénit et la déposa sur le front royal. Sa Majesté fut ensuite conduite processionnellement au trône qui lui avait été dressé dans le jubé , en vue de tout le peuple ; le prélat officiant lui donna le baiser de paix et cria par trois fois : Vive le Roi! Les pairs en firent autant, les acclamations de la foule leur répondirent , et le Te Deum , entonné par la musique de la chapelle , retentit sous les voûtes de la vieille basilique.

Pendant la messe qui fut célébrée par l'évèque de Chartres, l'abbé de Sainte-Geneviève, diacre d'honneur, remit le livre des Évangiles à l'archevêque de Bourges, grand-aunionier, et ce prélat le fit baiser au Roi. Sa Majesté descendit du jubé pour aller à l'offrande, et lorsqu'elle eut baisé la paix , M. de

1 Le Rcytslre <ies Echnins contient, à la date dit H> mars, le procès- verbal suivant : « En l'assemblée générale où présidai! M"e François d'Esrnubleau , chevalier, sieur de Sourdis, gouverneur et capitaine de la ville de Chartres, présens en leurs personnes les < Hiciers du Iloy, les édievins et les députés des paroisses, ont été présentés les articles de la promesse faite par le Uoi aux églises de son royaume és mains de Mr de Chartres, qui ont été lus et ordonné être insérés ès registres du greffe des affaires communes pour servir de mémoire à l'avenir (Suivent les articles.) Dont et de laquelle lecture et insertion a été ordonné être fait le présent acte, et ce fait ont lesdils articles été mis et serrés au Trésor et armoire de la Ville, aux fins que dessus. » {Arrh. de la Mairie.)

Sourdis présenta le vin dans un vase d'or ciselé , M. de Souvre un pain d'argent, et M. d'Entraigues un pain d'or; le Roi portait alors sa couronne , son manteau , le sceptre et Ja main de Justice.

L'office achevé , les évéques et les seigneurs reconduisirent Henri à levêché. Le duc de Montbazon marchait le premier . avec la couronne sur un coussin de velours ; M. d'O le suivait, avec le sceptre ; puis M. de Roquelaure, avec la main de Justice. Le maréchal de Matignon se tenait à la droite du Roi , l'épée royale au poing.

Le banquet du sacre eut lieu dans la grande salle de l'évêché, où Ton avait disposé une estrade. Le Roi occupa seul la table du milieu ; à sa droite et sur une autre table se placèrent les pairs ecclésiastiques , la table de gauche reçut les pairs laïcs , et , au bas de l'estrade , une autre table fut destinée aux ambassadeurs , au Chancelier, aux chevaliers de l'ordre et aux principaux officiers de la Couronne *. Le soir, le monarque fit les honneurs d'un autro banquet à sa sœur Catherine , aux princesses de Condé et de Conti , et aux duchésses de Nemours, de Rohan et de Retz.

Le lendemain, 28, Henri reçut le collier de Tordre du Saint-Esprit des mains de l'évèque de Chartres, et il partit quatre jours après , non sans avoir promis à la ville de réduire sa garnison aux troupes de la citadelle*.

» La ville fit les frais du linge potir le repas royal. La délibération du 16 mars mentionne la remise aux prêteurs des nappes et serviettes ouvrées fournies pour les banquets faits par le Koi le jour de son sacre. (Iieg. des Echevins.)

* Consulter, sur le sacre de Henri IV, les Mémoires de Chevemy, la Chronologie novenaire de Palma Cayet , le Journal de Lestoile et les ouvrages suivants imprimés à Chartres en 15îH, chez C. Cottereau, et à Paris chez Jaraet Mettayer et 1\ LHiiillier: Vordre et les cérémonies du sacre et couronnement du tres-chrestien Hoy de France et de Navarre Henry 111 J; — Cérémonies observées au sacre et

coronement du Tres-chrestien et Tres-valtureux Henry 1111 Ensemble en la

réception de l'ordre du S1 Esprit en léglise de Chartres, ès xxvii et xxviii' tours du tnois de février M. I). XCIUI (par l'évéque Nicolas de Tbou); — Epistre de Yves, évesque de Chartres, louchant le sacre des Hoys de France.

Le département des manuscrits de la Bibliothèque impériale conserve une pièce intitulée : Cérémonies observées en la réception du citllier de l'ordre militaire du

Le sacre décida la reddition de Paris ; elle eut lieu le 22 mars et fut célébrée à Chartres par un Te Deum et des feux de joie \

Après l'événement mémorable qui venait de se passer dans ses murs , notre ville n'eut plus à s'occuper que des affaires communales. Les habitants du quartier Saint-Michel , voisins de la citadelle , avaient seuls la charge du logement des gens de guerre ; ils s'en plaignaient à juste titre, mais les capitaiues, qui voulaient conserver leurs soldats à portée , n'écoutaient pas leurs doléances (5 avril) \ Dans le but de faire cesser cette vexation, la Chambre offrit 100 écus par mois, pour que les soldats se logeassent de gré à gré chez les bourgeois \ Cette délibération, approuvée par M. de Sourdis et expédiée à M. le Chancelier, fut sanctionnée par lettres- patentes de Sa Majesté, en date du 13 mai. Un petit don de 500 écus, pour trois mois de solde de la garnison , offert à propos par la ville, facilita cette convention

Afin d'assurer l'exécution des ordonnances municipales mises en oubli , les échevins établirent en permanence une chambre de police chargée de la connaissance des délits et de l'application des peines. 11 fut décidé, le 1er juin, que ce tribunal siégerait tous les mardis et qu'il serait composé du lieutenant-général, du lieutenant-particulier, du prévôt, des avocats et procureur du Roi , de trois échevins , dont un d'église , et des délégués des paroisses. On vit alors renaître une foule de règlements méconnus pendant les troubles.

benoist & Esprit par le très chrestien Hoy Henry de Bourbon . uuatriesme de ce nom. en l'église de Chartres, le 28 fèmer tS9é. (Cabinet généalogique; Boiles du Saint-Esprit , mélanges 11.)

1 Livre de Dois de Saint-André; Arch. départ - \jz Hraistre du Clerc de l'œuvre mentionne également des Te Deum . le 3 ivril , pour la réduction de Rouen , et, le 10 mai, pour celle de Toulouse

* Iteg. des Echevins.

* lb.; Séance du 5 mai.

4 lb.; Séances des 10 et 17 mai. — Le clergé eut à pyer pour sa part H»H énik 13 sous 4 deniers. (Séance du clergé du 27 mai. Papiers du Chapitre >

Les jeux publics et les tripots furent interdits pendant la durée du service divin; on bannit de la ville les porcs et les pigeons et on contraignit les habitants à nettoyer le devant de leurs portes, au mains une fois la semaine

La voirie attira aussi l'attention de nos édiles : dans le courant de novembre, on débarrassa la tour Sainte-Foy de la terrasse qui la reliait à l'église ; les abords des tourelles Courtepinte et du Fer-k-Cheval furent dégagés, et on remit en état de défense les corps-de-garde de la Prêcherie et des portes Drouaise et Imbout. L'année se termina par des réjouissances pour le salut du Roi échappé au poignard de Chàtel \

Les ressources de la ville furent consacrées, en 1595, aux travaux du pavage. Mais ces ressources étaient devenues bien modiques par suite des guerres. On louait autrefois les tourelles et les places attenant aux fortifications; or, depuis le siège , les fermiers dépossédés ne payaient plus. Pour compenser ce déficit , rassemblée fit arranger en boutiques un corps de logis dépendant de l'Hôtel-de-Ville et le loua trente livres tournois (4 octobre). On parvint, en même temps, à trouver un locataire pour la maison ruinée du Massacre \

L'hiver rigoureux de 1596 amena à Chartres des bandes affamées de croquants étrangers , qui menaçaient de dévorer toute la substance des pauvres urbains (25 avril). Cette affluence de visiteurs était à craindre sous un autre point de vue : la peste sévissait à Paris ; elle se propageait dans les campagnes , et la malpropreté inhérente aux mendiants était un appel au fléau. Les chaleurs de Tété augmentèrent encore le danger ; au mois de juillet , on dut prescrire au sieur Jean

1 Iletj. des Echevins.

1 Le dernier décembre , Te Ueum . procession générale cl le» de joie à celle occasion. (Livre de Dois de Saint-André; Arch. départ.)

Le jésuite Guiiuiard , natif de Chartres , régent au collège des Jésuites à Paris . fut pendu en Grève, le samedi 7 janvier 1505, pour complicité morale avec ChAtel (Lestotle, vol. 2, p. 25-i.)

' lirg des Erhevins et Compte du llereveur. (Arrh. de la Mairie.)

Baudouin, messager ordinaire de Chartres à Paris, de décharger voyageurs et marchandises au village d'Archévillers pour y subir une sorte de quarantaine '. Les communications avec la capitale furent définitivement interrompues au mois d'août, par ordre de M. de Sourdis Grâce a ces précautions, la ville échappa, cette année, à l'horrible maladie, et Jean Baudouin put reprendre, au mois de novembre, ses voyages accoutumés \

En janvier 1597, les échevins reçurent la visite de M. Mathurin Tricquois, seigneur de La Caillaudiére, commissaire ordinaire de l'artillerie ; il était porteur de lettres du Roi , datées de Rouen le 4 décembre 1596, par lesquelles on imposait la ville à la fourniture de 8,000 livres de poudre ou au paiement de leur valeur, à raison de 10 sous pour livre. La Chambre objecta que non-seulement poudres et canons avaient été remis fidèlement aux gens de Sa Majesté et à M. de Sourdis après le siège, mais qu'on avait déjà versé au trésor 30,000 écus et 1,850 muids de blé. Cette excuse fut admise, et le commissaire royal, après différents messages en Cour\ finit par se contenter de 900 écus, applicables, partie à l'entretien des gens de guerre de la garnison, partie à l'achat de 300 piques pour l'arsenal (4 mars) \ Au mois de juin, arriva le

1 lleg. de* Echevins; 25 et 30 avril et 30 juillet.

* lb.; 20 août

' //>.; 19 novembre.

L'office de messager de Chartres à Paris était ordinairement donné a bail par la ville. Cependant une délibération du 26 novembre 1500 fait connaître que l'on conféra , par exception, l'office de messager à Claude Tenuerie, au moyen de la résignation de Jean Baudouin , son beau-père. Ce nouveau titulaire préia en séance l^serment accoutumé. Mais, à la lin du bail de Haudtmin, l'entrepris*: des roches de Chartres à Paris fut remise en adjudication, et Tenncrie continua l'exploitation comme plus fort enchérisseur.

Quoiqu'il y eût un adjudicataire payant une somme annuelle à la caisse municipale , l'entreprise des coches n'était pas un monocle. Ainsi le sieur Châtelain , successeur de Tennerie , ayant défendu, le 2 janvier t»',07, a tous autres possesseurs de voitures de transporter des voyageurs à Paris, la ville se joignit aux messagers attaqués par lui , attendu que , de tout temps , les habitants avaient eu la liberté de se faire conduire par les voies qui leur convenaient le mieux (firij des Echevins ;

1 lb.; 17 janvier et l mars

sieur Collet, procureur du sieur Gratien Ravinet, capilaiue du charroi du Roi, chargé, par lettres closes du 22 mai, de taxer la ville à la fourniture de 30 chevaux rouillers avec leurs harnais. Recherches faites, il ne se trouva dans Chartres et les faubourgs que les chevaux des coches de Paris et d'Orléans; force fut donc au collecteur de s'adresser ailleurs l. Si la communauté parvint à éviter ainsi les demandes des officiers royaux , quelques anciens ligueurs faillirent être moins heureux. On se rappelle que le procureur-général La Guesle avait été fait prisonnier dans le faubourg Saint-Maurice , en février 1 589 , au moment où Mayenne entrait dans Chartres ; c'était le sieur des Ligneris , aidé de plusieurs bourgeois de son parti, qui avait fait le coup. La Guesle, qui s'était pourvu d'un arrêt contre les Chartrains soupçonnés d'avoir attenté à sa personne , allait faire pratiquer une saisie sur leurs biens , lorsque des Ligneris , royaliste depuis 1 590 , vint loyalement au secours de ses anciens compagnons et termina le procès en transigeant avec le demandeur*.

Il était moins facile de se garantir de la peste deux années de suite. Dès le mois d'avril 1597, les villages voisins étaient attaqués, et on avait pris le parti de chasser de Chartres les mendiants s, et de faire transporter les immondices à cent pas au moins des murailles. Malgré ces mesures, on constata, le 29 août, un cas de peste dans une maison de la rue de la Rôtisserie , près de la chapelle Saint-Eman \ Le Sanitas de Bcaurepaire fut aussitôt ouvert, et le médecin des pestiférés reçut pour logement la maison des pauvres de la rue du Puitsdu-Crochet8. La maladie fut si violente, au mois de septembre,

1 Heg. des Echevins; 21 juin.

* lb.; li avril et 10 mai.

* Ou créa, le 15 avril, deux inspecteurs de polirc chargés spéciale ment de chasser les vagabonds des murs. (Heg. dts Kchcwns.)

* 21) août. — Défense aux habitants d'aller demain au village de Francourville . à l'assemblée de Saint-Fiacre, a cause de la pesle. (Ib.)

* lb., 2 septembre.

qu'il fallut prescrire d'enterrer les morts pendant la nuit et défendre les inhumations dans les églises. Les malades étaient transportés à Beaurepaire et on internait à Rigeard ceux qui avaient eu quelque contact avec eux. On ordonna aux habitants du quartier de la porte Morard de faire leurs lessives dans le Buot dit la Fosse-au-Muet , et à ceux des autres quartiers, à la Barre-des-Prés, au-dessous du moulin du Saumon \ La contagion ayant gagné , au mois d'octobre , l'hôpital Saint- Julien, on fut obligé de nourrir les pauvres aveugles mis en charte privée. Il y avait alors jusqu'à vingt-quatre malades à la fois dans les loges de Beaurepaire *. Pourtant le fléau diminua d'intensité avec les premiers froids, et, le 23 décembre, on put permettre à Martin Prévost, chirurgien, et à Martin Trenet, prêtre, employés au Sanilas, d'aller s'éventer aux champs pendant trois semaines, puis de rentrer en ville \

On avait appris , au milieu des terreurs de la peste, la mort d'Alphonse d'Est , duc de Ferrare et de Chartres , décédé sans enfants le 27 octobre , et cet événement était passé inaperçu, car le prince n'avait jamais habité son duché chartrain. Sa succession fut dévolue, par arrêt du Parlement, à sa sœur M"" Anne d'Est, duchesse de Nemours, veuve en premières noces du duc de Guise.

Comme les dépenses occasionnées par la peste avaieut épuisé toutes les ressources de la caisse du bureau des pauvres, on prit le parti de poursuivre à outrance les bourgeois en retard de payer la taxe, et le collecteur-général des aumônes reçut tout pouvoir à cet effet le 27 janvier 1598 \ Mais le meilleur

« Hêg. des Echevins; 10 et 30 septembre- 1" octobre. » /&., U et 27 octobre.

» Ib.

* Ib. — La ville était d'autant plus embarrassée qu elle >e voyait sur le point détre recherchée pour quelques dépenses dont la régularité" ne paraissait pas prouvée à MM. de la Chambre des Comptes. On lit dans le Registre des Echevins , à la date du 28 avril 1598 : // sera fait présent d'une pièce de soie à Mr l'Auditeur des Comptes , afin qu'il soit plus enclin a rétablir les parties qui ont été tenues en souffrance sur le compte de M Tro**ard . naffiirres receveur de* deniers communs.

moyen d'augmenter les recettes était de diminuer le chiffre des dépenses; or, parmi ces dernières, la plus insupportable sans contredit , parce qu'elle n'offrait aucun profit en compensation, était la solde des gens de guerre de la garnison. Le traité de Vervins ayant été signé avec les Espagnols le 2 mai , les échevins crurent le moment favorable pour se débarrasser de cette lourde taxe ; en conséquence , une députation fut expédiée au Roi , le 1 1 juillet , dans le but d'obtenir la réouverture de la porte Saint-Michel et la démolition de la citadelle !. Mais la requête portée au Conseil privé parut prématurée, et un arrêt du 1er août se borna à statuer sur les gages annuels de M. de Valliraut \ Malgré cette déconvenue, quatre échevins allèrent recommander, le 7 septembre, les intérêts de la ville au chancelier de Cheverny, gouverneur de la province, qui résidait alors à son château d'Eclimont \ Le 10 novembre, une nouvelle députation se rendit à la Cour; les députés ne rapportèrent qu'un ordre do Sa Majesté de payer une forte somme à M. de Sourdis, sur les tailles de l'élection 4. La Chambre ne se découragea cependant pas; le 1er décembre, le lieutenant-général Chouayne, M. Lemaire , receveur des deniers communs , et un échevin ecclésiastique , furent encore solliciter le Roi et les gens de son Conseil qui , cette fois , laissèrent entrevoir , dans l'avenir , la possibilité d'obtenir la démolition désirée \

Pendant ces négociations , la peste avait fait sa réapparition ordinaire ; arrivée en septembre , elle durait encore en décembre, et ses ravages furent grands \ La mort frappa, le

1 lietj. des Echevins.

5 lb.; Séance du 18 août.

» lb.

1 lb.; 10 et 20 novembre.

» lb.

• Le danger fit songer à Dieu. Par délibération du 1er décembre, la Chambre enjoignit aux trois crieurs publies de parcourir la nuit, deux lois par semaine, suivant les vieilles coutumes interrompues pendant les derniers troubles , les divers quartiers

5 novembre , au château de Villebon , près Palaiseau , l'évêque Nicolas de Thou , prélat dont le rôle politique n'avait pas laissé que d'être brillant et qui aimait et protégeait la ville \ Chartres retrouva heureusement un protecteur non moins puissant, dans son petit-neveu et successeur, Philippe Hurault, fils du chancelier de Cheveray. Ce nouvel évêque n'avait que 20 ans, et il ne prit possession qu'en août 1608; mais on n'attendit pas cette époque pour faire appel à son crédit. La Chambre envoya , le 6 avril 1 599 , quatre échevins à Éclimont pour le congratuler et le prier d'aider la ville à soutenir ses intérêts \ Il s'agissait non-seulement de l'affaire de la citadelle , mais encore de la conservation des privilèges et de la confirmation du don de trois sous neuf deniers par minot de sel vendu au grenier. Comme Rosny poursuivait alors sans relâche la réforme des abus, il y avait à craindre que cette dernière partie des demandes de la ville n'éprouvât quelque difficulté. Il en fut tout autrement , grâce à l'appui du Chancelier et de son fils; le grand ministre accueillit assez bien une députation d'échevins chartrains qui alla le saluer le 16 juillet s; il promit même la démolition de la citadelle pour le commencement de l'année 1600. Le lieutenant-général en apporta la nouvelle à la Chambre , le 3 1 août , ce qui lui valut une gratification de cent écus et d'une soutane de damas \

de la ville , en agitant leurs clochettes , et de heurter vers minuit les portes des habitants pour les émouvoir à prier |»our les trépassés.

La peste cessa vers la mi-décembre; on congédia, le 10, le médecin, le prêtre et le sieur Lépine, privât de santé de Chartres. (lieg. de* EcJievins )

1 On conserve à la Bibliothèque communale , dans un votume composé de différentes pièces, plusieurs mandements de M. de Thou. L'un est intitulé Excommunication des sorciers, noueurs d'èguilltles , accointements avec les malins esprits , lùSo; deux autres datés de 15N'J ont pour objet la Délivrance des Princes catholiques et la Méconnaissance oour Hot de Charles de Bourbon, suivant l'arrêt du Parlement du 8 octobre. (Catalogue des manuscrits de la Bibliot. de Chartres . p. et 130.)

* Heg. des Echevins.

1 Ib.

Forts de cette parole, les échevins entrèrent en pourparlers avec M. de Valliraut, touchant la remise de la place et l'indemnité à donner aux gens de guerre. La promesse de Rosny ayant été ratifiée par lettres du Roi du 20 janvier 1600 on arrêta le 9 février suivant le plan de la démolition. Cette opération fut confiée au sieur de La Borde , sergent-major du régiment de Valliraut, sous la surveillance de six notables; on y employa vingt manœuvres par jour , et le déblai n'était pas encore terminé au mois d'avril. En considération de ses bons offices, les matériaux du principal corps de logis furent donnés à M. de Valliraut; ce capitaine reçut, en outre, une somme de 1,610 écus, pour solde du logement, du chauffage et de l'éclairage de la garnison, suivant les termes de la capitulation de 1598 \ La suppression de la citadelle causa aux habitants une grande joie, parce qu'elle les exonérait d'une charge très-lourdo ; mais la demande que fit le Roi d'un petit secours de 6,000 écus pour les frais de son futur mariage calma bientôt l'allégresse générale (juillet) \

Deux autres affaires, importantes à divers titres, furent activement suivies par MM. de la Chambre pendant l'année 1601. La première les concernait particulièrement. M. Marin Sablon , marchand bourgeois , à sa sortie de l'échevinagc , en 1 599 , avait été élu président du tribunal consulaire par ses confrères les marchands. Or , un des privilèges des échevins sortants était précisément l'exemption , pendant deux années, de toutes charges publiques. Sablon déclina l'honneur qu'on

1 La Chambre de ville avait envoyé" en Cour MM. Martin et Moreau, échevins, pour hâter l'expédition des lettres. Ces députés ayant fait connaître le 12 janvier qu'il était nécessaire de financer en cette circonstance , le clergé s'assembla le 1 7 et fit offrir aux échevins, par MM. Yves Gaudeau, prieur claustral de Saint-Père, et Guillaume Deschamps, religieux de cette abbaye, la somme de 2,000 livres tournois, par forme de don gratuit et sans tirer à conséquence. (Papiers du Chapitre; Arch. départ.)

• « Reg. des Echevins; Séances des 21 décembre 1599 , 3 , 9, 11 , 22 février et 11 avril 1600.

* Lettres closes du 28 juillet, datées de Lyon. (Reg. des Echevins; Séance du 22 août.)

voulait lui faire ; les marchands prétendirent le contraindre à accepter; de là instance devant le siège présidial, dans laquelle la ville prit parti pour le défendeur. Condamnés par sentence du bailli, les marchands en appelèrent au Grand-Conseil; mais ils perdirent de nouveau leur cause, et l'arrêt reconnut pleinement le droit des anciens échevins à un repos de deux ans \ La seconde affaire présentait un intérêt plus général. Rosny avait fait créer, par édit de 1599, un droit d'entrée qui nuisait beaucoup aux marchés ; la ville l'avait pris à ferme, en 1600, moyennant 4,100 écus, et en avait confié la perception aux échevins Leloup et Haligre, avec injonction de l'adoucir le plus possible \ En 1601, le sieur Jérôme Rotrou se rendit fermier de l'imposition en enchérissant sur la ville. Cet individu avait promis à l'écbevin Leloup de baisser le tarif, moyennant une récompense tirée des fonds de la caisse municipale ; mais alléché par le gain , il ne voulut pas tenir sa parole, et il se mit à prélever le droit en question avec une àpreté qui finit par détourner les marchands du chemin de Chartres. On tenta vainement de s'entendre avec cet homme qui tint bon jusqu'à l'expiration de son année \ Alors la ville fit agir la protection de M*0 de Nemours, duchesse de Chartres, et obtint, grâce à elle, la concession amiable de la ferme, pour trois ans, moyennant 3,500 écus de fermage seulement *. Cet adoucissement rendit la vie aux marchés.

Toutefois , le discrédit dans lequel était tombé le marché aux grains tenait aussi aux exactions des mesureurs. Nonseulement ces artisans exigeaient huit deniers, au lieu de quatre, pour le mesurage de chaque setier exposé sur le carreau , mais ils élevaient encore la prétention de faire payer le mesurage du blé vendu dans les greniers ou sur échantillon,

1 Heg. dés Echevins; 39 août 1600 et 8 mai 1601 .

* lb.; Séance du 14 décembre 1599.

* lb.; 12 janvier et 5 juin 1601.

* lb.. 18 décembre 1601.

quoique leur intervention n'eût pas été réclamée par les parties. Quelques bourgeois, soutenus par la ville, intentèrent aux mesureurs, en juillet 1601 , un procès que ces derniers perdirent devant la Chambre de police, et une ordonnance municipale qui suivit le jugement, réduisit leur salaire à de plus justes proportions '. La Chambre, au mois d'août 1602, compléta ces réformes utiles, en réglant l'exercice du droit de havage qu'une vieille pancarte accordait à l'exécuteur des hautes- œuvres ; elle fit vérifier et marquer sa cuillère et somma le titulaire, Jean Baudry, de cesser ses insolences envers les marchands \

Le vieux Cheverny étant mort le 30 juillet 1 599 , son gouvernement provincial fut divisé en deux. L'Orléanais eut un gouverneur dont le comte de Cheverny , fils aîné du chancelier et bailli de Chartres, fut nommé lieutenant-général, et M. de Sourdis, gouverneur particulier de la ville et lieutenant-général du Chartrain, administra les affaires du pays sans relever de personne. Ce dernier seigneur qui s'était rendu considérable par sa conduite pendant la Ligue, ne jouit pas longtemps de cette faveur ; il mourut le mercredi 20 mars 1602. La ville fit célébrer un service solennel à son intention dans l'église Notre-Dame, et un religieux Cor-

1 24 juillet ÎGOI. — Procès de Pierre Legay contre le mesureur Lusurier et consorls. (lieg. des Eehevins.)

* La pancarte attribuait à l'exécuteur : 1° sur chaque charrette de bois à brûler, une bûche ; 2° sur chaque charrette de javelle , une javelle ; 3° sur chaque charrette de merrain , deux deniers ; 1° sur chaque charrette de charniers , deux deniers ; 5° sur chaque charrette de charbon, deux deniers; (1° sur chaque charrette d'éeorce, deux deniers; 7° sur chaque charrette de tin battu, deux deniers; 8° sur chaque charrette de foin, deux deniers; 9° sur chaque charrette de paille, deux deniers; 10° sur chaque somme de charbon, un denier; 11° sur chaque somme de balais, un denier; 12° sur chaque somme de poires et pommes, deux deniers; 13° sur chaque somme de chanvre et lin, un denier; 11° sur chaque somme de menues denrées, un denier; 15° sur chaque setier de grain du marché, une cuillerée; 10° sur chaque mesure d'oignons, deux deniers; 17° sur chaque charretée do poteries déterre, deux deniers; 18° sur chaque charriot , quatre deniers. Les habitants de la ville et de la banlieue étaient exempts de ces redevances. (Heg. des Eehevins, Séance du 30 août.)

Ce tarif fut révisé par sentences des 15 janvier et 9 juillet 101 i. (76.; Séance du 15 novembre 1022.)

délier prononça son oraison funèbre (21 mai-2 juillet) On prit, en signe de deuil et jusqu'à la nomination d'un nouveau gouverneur, les mesures que commandait cet événement : les portes furent fermées et les ponts-levis levés à dix heures du soir; on partagea les clefs entre les échevins de mois et le lieutenant-général , et on exerça une surveillance extraordinaire sur les cabarets et les hôtelleries *. lie Roi avait accordé la survivance du gouvernement de Chartres à M. de La Chapelle, fils de M. de Sourdis s ; mais ce jeune gentilhomme étant mort peu de temps après son père , sans s'être fait installer, la charge fut donnée, par provisions du 6 novembre , à M. Claude Gruel , seigneur de La Frettc au Perche, chevalier de l'ordre et capitaine de 50 hommes d'armes des ordonnances. Ce seigneur prêta serment, le 22 février 1603, entre les mains du Chancelier, et il fut reçu dans son office, par le corps de ville, le 26 avril suivant. Il était qualifié dans ses lettres de Capitaine et gouverneur de la ville de Chartres, UcutenanV-géncral pour le Roi au gouvernement de ladite ville et du Pays- Chartrain *. Pendant son séjour à Chartres, qu'il prolongea jusqu'à la fin de septembre , la ville mit à sa disposition l'hôtel des Gouverneurs, rue Saint-Jean (des Lices), du linge, de la vaisselle et deux pots de vin à chaque repas

Le retour périodique de la peste avait déterminé la Chambre à établir un office de médecin du Bureau des Pauvres. On fit venir de Rennes, au mois de septembre 1602, pour remplir cette charge , M. Claude Bouteroue , praticien dis-

1 2 juillet. — Paiement de 8 éctis pour les tentures de l'église Notre-Dame, pendant le service fait à l'intention de M. de Sourdis. — Gratification de 2 écus au Cordelier qui a prononcé l'oraison funèbre. (Ikg. des Echtvins.)

« lb.; 20 juin.

» Virginal d'Escoubleau , sieur de La Chapelle. * lieg. de$ Echcvins.

B 22 avril. — Préparatifs pour la réception du Gouverneur. — 23 septembre. — M. de La Frette se plaint du mauvais état de la maison des gouverneurs ; décidé qu'il en M-ra référé au Chapitre parce que c'est un logis canonial. (Ib.)

Ungué, originaire de Chartres \ De nouveaux règlements sur l'administration et la police du bureau , délibérés aux mois de mars et de novembre 1603, furent la suite de cette nomination, et les mesures prises à cet égard reçurent, au mois de décembre, la sanction de M. Scaron, conseiller au Parlement, commis sur le fait des hôpitaux et maladreries du royaume \ A la même époque, le Protestantisme, que les Chartrains redoutaient plus que la peste et dont toutes les tentatives avaient jusqu'alors été repoussées, parvint à jouir, dans la ville et la banlieue , de l'existence légale que lui assurait l'édit promulgué à Nantes en 4598. Les religionnaires obtinrent l'autorisation d'ouvrir un temple au hameau du Pont-Tranchefêtu , sur la route milliers, et d'inhumer leurs morts dans un terrain situé au bout de la rue de la Bourdinière et attenant à l'ancien cimetière Sainte-Foy \

1 Reg. des Echevins; Séance du 2 septembre. — * Ib.

• Les Archives de l'HAtcl-Dieu renferment une liasse de titres et papiers relatifs à l'administration de l'église réformée du Pont-Tranchefétu , de 1621 à 1685, époque de la révocation de l'édit de Nantes. Les documents suivants, extraits de cette liasse, présentent de l'intérêt , en ce qu'ils font connaître les principales familles chartraines de la Religion , pendant cette période :

162i. — Testament de Pierre Rendu, au profit du ministre desservant l'église du Pont-Tranchefétu.

1630. — Donation à l'église par Suzanne de Chartres, dame de Bois-Hinoust.

1631. — Donation à l'église par Paul de Chartres, écuyer, sieur du Plessis- Cherville, et dame Esther d'Argenson , sa femme.

164H. — Reconnaissance par le Consistoire de l'obligation qui incombe à l'église du Pont-TrancliefcUu . comme établissement de main-morte , de fournir homme vivant et mourant à M. Louis de Courcillon, sieur de Dangcau, seigneur du lieu. — Election de M. Pierre Le Maire, sieur de La Bénardiêre, au titre d'homme vivant et mourant, en remplacement de feu M* Jean Brun, procureur au bailliage; présents MM. Scalberge, docteur en médecine et ministre du culte réformé, de Tuillières, écuyer, sieur d'Argenson, d'Alvimare, Claude de Moustiers, de Dangcau, Cailleau, Neveu, Trouillard, Fresnot, Mahon.

1657. — Accord fait par les commissaires du synode de La Ferté-au-Col , entre le sieur Scalberge , ministre , et la congrégation protestante de Chartres , au sujet du paiement des honoraires du ministre; présents MM. Neveu, diacre, Gaillard, ancien, Sadier, secrétaire.

1671. — Remise des titres de l'église au sieur Scalberge fils, chargé du recouvrement des rentes et de la contribution des particuliers, aux lieu et place du sieur Le Maire , décédé , en présence des sieurs Pierre Augier , ministre à Favières , et Daniel du Camp, ministre à Laons.

La chaire du ministre était occupée en 1674 par le sieur Scalberge fils, docteur en médecine.

L'année 1604, inaugurée par une contribution de i,024 livres, sous forme de subvention au Roi (1 1 février) vit les échevins poursuivre avec persévérance l'œuvre de salubrité publique. Ils atteignirent en particulier les bouchers, qui continuaient à jeter leurs eaux sur le pavé des rues; connue le Massacre était entièrement ruiné, on leur désigna, pour enfouir leurs immondices, un endroit hors des murs, appelé la Fosseaux-Brctons ou Fossc-Boutin , et on infligea des peines sévères aux contrevenants (17 août) \ Grâce à ces précautions, la ville fut préservée du fléau pendant quelques années, quoique les contrées voisines en ressentissent fréquemment les atteintes \

La reine Marie de Médicis voulait profiter de l'état sanitaire de la ville pour faire ses dévotions à l'autel de la Vierge- Noire; elle devait venir le jeudi 24 mars 1605, suivant des lettres du Roi. Comme il s'agissait d'une première visite, les échevins se proposèrent de déployer il cette occasion une pompe inusitée. A son arrivée à la porte Guillaume, Marie devait trouver, pour la recevoir, Messieurs de la Chambre accompagnés de toutes les autorités et corporations de la cité et escortés par les vidamiers et les clercs de la Bazoche en habits de gala. Après les discours officiels et les cadeaux d'usage, la Reine devait être conduite au palais épiscopal par les rues des fccuyers et des Changes tendues de tapisseries \ Sa Majesté ne vint pas , au grand désappointement des Chartrains.

Par suite des événements politiques, le collège de Pocquet

1 Reg. des Echevins. — A force d'emprunter, la ville s'était tellement endetté que tout son revenu passait en paiement d'intérêts. La Chambre, pour sortir de cette position, obtint, le 2«> juin 1t>Oi, un arrêt du Conseil autorisant la perception, au profit de la caisse municipale, d'une taxe de 22 sous ti deniers sur chaque tonneau de vin entrant, et de 7 sous <> deniers (indépendamment des anciens 5 sous), sur chaque minot de sel vendu au grenier. Le Itoi contirma cet arrêt par lettres du 25 janvier 1 007 , vériliécs par les généraux des linances d'Orléans le 1i) mars (Vancarle municipale, vol. 2, p. 1)5; Arch. de la Maine.)

* Reg. des Eciievins.

' 5 septembre 1 f»0f». — La pesle est h Paris, Mois et Châteaudun. — 21 avril 1G07. — Ravages dans toutes les petites villes de la Heauce. (Hetj. des Echtvms.)

1 II . Séance du 21 mars 100.7

TOMK 11. ±\

avait dépéri entre les mains du principal, Nicolas de Basle. Le rétablissement de l'ordre fit songer à relever les bonnes études à Chartres , et la grande réputation de pédagogie des Jésuites fit jeter les yeux sur eux pour accomplir cette mission. Par délibération du 20 mai 1 605 , les échevins chargèrent le procureur du Roi et le doyen du Chapitre d'inviter l'Evêque à s'intéresser à l'établissement de ces religieux. Le prélat prit si chaudement 1'afïaire à cœur, que, dès le 28 juin, il fit parvenir à la Chambre des lettres du Roi, portant l'autorisation désirée \ Des pourparlers furent aussitôt entamés avec le Père provincial par M. de La Pacaudière, échevin, au nom de la ville *; mais il résulta du relevé approximatif des dépenses, que l'installation des PP. coûterait environ 9,000 livres, et la misère des temps ne permettait guères de réunir une pareille somme (13 septembre) 8. Abandonnée, pendant toute l'année 1 000 , au grand détriment des classes du collège , l'affaire se renoua, au commencement de 1607, dans des conditions qui paraissaient meilleures. lies Jésuites consentaient à se contenter de 3,000 livres, à prendre, jusqu'à concurrence de 2,000 livres, sur le bureau des Pauvres, et le surplus, sur les libéralités des particuliers et les revenus de la prébende préceptorale. Le chancelier deRellièvre, quoique favorable à la congrégation, ne voulut pas approuver un traité qui entamait le patrimoine des pauvres. On fit en vain appel, au mois de mars , à la générosité des citoyens pour combler le déficit ; cette tentative échoua, et, de guerre lasse, il fut interdit, à la requête du procureur du Roi, de parler davantage des religieux \ Pendant ces négociations, l'exercice du collège avait cessé si complètement , qu'on en était réduit à envoyer les

1 Heg. des Echevins. — L'assemblée du clergé donna , le 4 juillet , son adhésion, nu projet de substituer les pères Jésuites 3ux régents du collège. (Papiers du Chajiitre; Arcb. départ.)

* Heg, des Echevins; Séance du 30 août.

' lb.

k lb.; 20 mars

enfants étudier dans les petites villes voisines. La Chambre jugea, enfin, qu'il n'était plus possible de surseoir à la réorganisation des classes, et elle envoya à Paris, au mois de juin , quelques membres du Chapitre avec mission de faire choix d'un certain nombre de régents instruits; les gages de ces professeurs , évalués à 4 ou 500 livres par an , devaient être empruntés en partie sur la caisse du bureau des Pauvres, jusqu'à ce que raflluence des élèves procurât des bénéfices à la maison !. Grâce au zèle que déployèrent les délégués, les études purent être reprises au mois d'octobre, malgré les clameurs des maîtres d'école , qui ne voulaient pas conduire leurs écoliers aux cours et dont on dut vaincre la résistance par la menace du procureur du Roi \

M™' la duchesse de Nemours et de Chartres étant morte au mois de mai 1607 , la ville fit célébrer un service à sa mémoire dans la cathédrale \ Le duché fut attribué sans contestation h son fils Henri de Savoie , duc de Nemours.

En janvier 1608, malgré le froid extrêmement rigoureux qui régnait, le Roi fît faire à Chartres la montre de la compagnie des gendarmes Dauphin , dont M. de Souvré était lieutenant et M. d'Oinville maréchal-des-logis \ Les frais de séjour de cette compagnie restèrent à la charge des habitants, qui furent encore taxés, au mois de février, à la somme de 6,000 livres, pour leur part dans une taille exigée des villes de la généralité d'Orléans *. Une autre dépense imprévue

' lieij. des Echevins; 12 et 2*i juin.

* lb.; Séance du 3 octobre.

* Services faits à la cathédrale , aux frais de la ville , les jeudi «31 mai et vendredi 1er juin, (lb.) — Les entrailles de cette princesse avaient été mises en terre, le vendredi 18 mai, dans le chœur de l'église des Augustin* de Paris. (Journal de Lestoile. vol. 2, p. 425.)

* Iieg. des Echevins; k et 9 janvier. — Plusieurs personnes furent trouvées mortes de froid par les champs même, entre Chartres et Orléans. (Journal de triode, vol. 2, p. m.)

* fieg. des Echevins; 26 février. — Un arrêt du Conseil, du 21 janvier 1G10, réduisit celte somme à 5,000 livres . sur la représentation faite par les habitants île

greva, au mois de septembre, les finances municipales. La Reine avait dû venir en pèlerinage à Notre-Dame le 25 mars; son voyage , remis au 7 septembre , pour la fête de la Nativité , et annoncé par le Roi aux échevins le 1 8 août 1 , fut reculé jusqu'à la fin d'octobre. Comme Marie de Médicis n'avait pas encore été reçue en reine, la Chambre jugea convenable cette fois de dépasser en magnificence les plus belles fêtes données jusqu'alors aux souverains, à leur première entrée à Chartres. On fit construire des portiques et des théâtres ornés d'armoiries , de portraits , d'emblèmes et de devises ' ; un sculpteur et un peintre habiles ' disposèrent une statue de femme qui jetait par les mamelles du lait et du vin ; on acheta des fruitiers en argent pour contenir les confitures d'honneur*; les notables divisés en bannières, les compagnies de la milice, les vidamiers, les Bazochicns et les enfants du collège, tous habillés de neuf, devaient faire parade dans l'escorte de la Princesse ; des harangues avaient été composées et apprises tout exprès pour la circonstance *. Ces pré-

leur pauvreté , de la ruine du pays et de la richesse du clergé. (Pancarte municipale, vol. 2, p. 81.)

1 Reg. des Echevins; 24 août. — L'évéque Philippe Hurault fit son entrée officielle le 28 août , pour être en mesure de figurer à la réception de la Reine dans la place d'honneur que lui assignait sa dignité.

* 2 septembre. — Le peintre Questel se chargea de cette décoration , moyennant G00 livres tournois. (lieg. des Echevins.)

3 Le peintre s'appelait Nicolas Pauvert et le sculpteur Barthélémy Phelippeau; la sculpture coûta 20 livres tournois et la peinture et la dorure 36 livres. (Ib.J

* 22 septembre. — On avait eu d'abord l'intention d'acheter un vase et son bassin, mais, de l'avis de l'Evéque et de M. de Monlescot, on se décida pour des fruitiers, comme étant de meilleur goût. M. de Gyvès, écheviri, fut charge de l'acquisition.

* Les dispositions prises pour l'entrée de la Reine méritent d'être conservées dans leur entier :

10 octobre. — Les enfants du collège seront habillés de neuf pour l'entrée de la Reine.

13 octobre. — La Reine entrera par la porte Saint -Michel , et non par la porte Drouaisc.

14 octobre. — Le jeune Florent de Ganneau, écolier de la première classe, sera chargé de débiter la harangue.

15 octobre. — M. de Limours, bailli, a promis 50 armes complètes pour la milice. — On retient le sieur Drouart, joueur de hautbois, pour jouer et avertir les joueurs des environs et fain> des répétitions ensemble.

punitifs furent inutiles; la visite royale n'eut pas lieu. Le Roi en informa la ville, le 27 octobre, alors qu'on avait déjà fait pour 2,835 livres de dépenses en achats et main-d'œuvre \ La Reine passa par le Coudray à la fin de mars 1609, mais on se borna à tenir les chemins en état et à nettoyer les abords du village \ Cette année fut, d'ailleurs, si l'on peut s'exprimer ainsi, une année de nettoyage et d'apurement. Pendant les mois de mars et de mai, les échevins firent curer les rues et les fossés et, au mois de septembre,

18 octobre. — Ordonnance générale : 1° M. Guichard, échevin, sera envoyé à la Cour avec lettres pour MM. de Châteauvieux , de Loménie et Phclippeaux; il reconnaîtra les chemins en allant et en donnera avis aux maréchaux-des-logis ;

2° M. Esnault , échevin , aura charge de raaréchal-des-logis de la Reine depuis Etampes jusqu'à Chartres;

3° Le Lieutenant-général, M^ l'Evéque et MM. de Théré, Duval, Guichard et Martin , échevins , iront au-devant de Sa Majesté jusqu'à Ouarville ;

4° L'infanterie de la ville , au nombre de huit compagnies , se rendra , sous les ordres du colonel et du sergent-major, devant le Gord;

5° On dressera à l'entrée de la ville un théâtre recouvert de tapis de Turquie , duquel on montera , au moyen de trois marches de quatre pouces cliacune , sur un second théâtre où sera placée la chaire de la Reine surmontée d'un dais a queue traînante. Cette partie de la décoration sera conliée aux soins de MM. de Gyvés, Masson et Martin, assistés de 10 sergents. — Les rues par lesquelles passera le cortège seront tendues. — 11 y aura un portique à la porte Saint-Michel et un autre à l'Etape-au-Vin; une couronne sera suspendue aux Quatre-Coins. — La fontaine ci-dessus ordonnée fia femme jetant du lait et du vin par tes mamelles) sera placée devant l'hôtel-de-ville , et on bouchera la petite rue de la Poissonnerie afin de dissimuler l'artifice de la dite fontaine; pour ce faire on enlèvera le poteau et le mai des bazoehiens. — Les enfants d'honneur sortiront de la cour de la Tour-le-Roi pour (aire la révérence à la Reine. — Les comets-à-houquins et hautbois seront mis dans la chambre de MM. les Elus. — Il y aura un troisième portique rue des Changes et des armoiries dans le cloître. — Trois ou quatre trompettes , placés sur le ravelin de la porte Saint-Michel, sonneront à l'entrée de la Reine; on hissera du canon sur ledit ravelin pour les salves d'honneur. — Sur le théâtre de la Reine se trouveront tous les corps et communautés qui doivent faire harangue, savoir : M. de Chartres et tout son clergé ; MM. du Présidial, accompagnés de six avocats et de six procureurs des plus anciens; MM. de la Chambre de ville avec le Président des consuls, les quatre consuls en charge et sept bourgeois; MM. de l'Election. — A la descente du théâtre, le dais sous lequel marchera Sa Majesté sera porté par les quatre plus anciens échevins. — On offrira à la Reine des confitures dans deux fruitiers fournis par le sieur Lahave, orfèvre de Paris, et on présentera le vin d'honneur aux princes et seigneurs de ïa suite, (lieg. des Echevins.)

1 -4 novembre. — On vendra les préparatifs, hormis les peintures; ou paiera 30 livres a Jean Godier, pour 72 aunes de taffetas incarnat employé à doubler la couronne des Quatre-Coins, et 18 livres à Nicolas Arnoul et Pierre Piat, armuriers, [►our six douzaines de hausse-cols destinés aux piquiers. (Ib.)

» Ib.: Séance du "23 mars IfiOÎK

3 31 mars. - Ordre île déposer les immondices, savoir, pour les quartiers des

M. Mauclerc, ancien receveur- général du bureau des Pauvres, rendit le compte des recettes et dépenses effectuées pendant la peste, du 1er mai 1597 au 30 avril 1599. Le fléau avait coûté 3,601 livres tournois

Une épouvantable nouvelle parvint à Chartres dans la journée du 15 mai 1610; Henri IV avait été assassiné, le 14, par Ravaillac. On se mit aussitôt en mesure de maintenir la ville sous l'obéissance du roi Louis XIII et de Marie do Médicis, sa mère. On partagea la garde des portes entre les magistrats les plus notables : celle des Épars échut au lieutenant-général Chouaync ; celle Chàtclet , à M. Guérin , lieutenant particulier; celle Drouaise, à M. Robert, conseiller au bailliage; celle Guillaume, à M. Charles Cheron , sieur deSaint- Cheron, conseiller-notaire et secrétaire du Roi ; celle Morard, à M. Brizard, président en l'Élection, et celle Saint-Michel, à M. le prévôt Robert. En attendant que M. do La Frettc, gouverneur, alors absent, pût venir donner ses ordres, on établit des corps-de-garde, on arma les murailles et on prescrivit aux habitants de préparer des poinçons devant leurs portes; on agit, en un mot, comme si Von se fût trouvé en présence de l'ennemi \ Le 17, les officiers et les membres du corps de ville prêtèrent serment entre les mains de M. de La Frette 5; le 19 , on reçut des lettres de la Reine-

Epars et Chàtelet , dans la Fosse-aux-Bretons; pour le quartier Saint-Michel , dans le fosse* du raveliu de la porte; pour le quartier Morard, près de la maison de Clialiin, parcheminier; pour le quartier Guillaume, près de la maison du Lion-d'Or, pour le quartier Drouaise, ès trois premières cives jtucte Saint-Julien.

19 mai. — Ordre de lever le lanroir de la Courtille pour nettoyer les fossés et éviter la perte totale du poisson à cause de la houe et du peu d'eau. (lie;/, des Kchev.)

1 Ib ; Séance du 15 septembre. — L'année 1009 ne fut pas exemple de maladies contagieuses; si Ton en croit Lcstoile (vol. 2, p. ai!)), il mourut a Chartres , au mois d'août , sept à huit cents enfants de la petite-vérole.

8 liey. des Echevins; Séance du 1!» mai. — Un arrêt du Conseil du 18 février 1010 avait autorisé la ville à appliquer chaque année aux travaux de défense une somme de 2,0(10 livres, à prendre sur la recette de l'impôt établi en KiOi. (Voir supra, p. 300, note lrc.i — Les réparations à faire aux murailles étaient alors estimées à ÎW,1)7N livres, (t'ancurte mumci\nile, vol. Il, p.

1 Prirent part à cette prestation dr serment, MM. Chouavne, lieutenant-général. Michel f.renet, lieutenant criminel et capitaine du quartier d"es Epars, Etienne Gué-

régente, ordonnant de garder l'édit de pacification et de taire participer les réformés aux exercices et corvées de la milice bourgeoise; le 22, MM. Chouayne, lieutenant-général , et de Gyvès et Masson , échevins, députés par la Compagnie, furent admis à prononcer le serment solennel do fidélité entre les mains du Chancelier \ Le cœur de Henri IV, légué par testament aux Jésuites de La Flèche, arriva à Chartres le 31 au soir * ; il fut reçu par le clergé, les échevins, le gouverneur et la noblesse du pays, et déposé dans l'église des Capucins , où il passa la nuit. Le lendemain , après les prières, le cortège reprit sa marche par la route de Nogentle-Rotrou. On célébra, selon les intentions du jeune Roi, un service à Notre-Dame, pour le repos de l'àme du monarque défunt, le dimanche 20 juin et les lundi, mardi et mercredi suivants; la décoration du chœur, la chapelle ardente, les belles armoiries et l'oraison funèbre furent très-admirées

Quoique la régente , rassurée sur la tranquillité du royaume, eût fait cesser les gardes dès le 15 juin, M. de La Frette ne crut pas devoir quitter son gouvernement dans ces circonstances; il s'établit dans la maison canoniale de la rue des Lices, que la ville louait, pour cet usage, de M. Girardot, chanoine et archidiacre de Dreux \ et resta à Char-

rin, lieutenant particulier et capitaine du quartier Chlitelet, Guy Itohert, prévôt royal et capitaine ilu quartier Saint-Michel, Jean Fre«not, avocat du Moi, JcanGrenct, procureur du l'oi ; Louis Chiioineau , an -hidiarre de Dunois, et Gilbert ]jmn, chanoine de Notre-Dame, échevins erclésia>liques; Jean de Gyvês, Guillaume Masson, Paul Duval , Jean Edelin, Laurent Martin. Jacques Kresuot et Jean Troillard, échevins laies; Jacques Le Fachu, contrôleur des deniers communs; Charles Ghcroii, sieur de Saint-Chcron , conseiller-notaire et secrétaire du Moi et capitaine du quartier Guillaume, François Brizard, président en l'élection et capitaine du quartier Morard, Jean Itohert, conseiller au bailliage et capitaine du quartier Drouaise. f Pancarte municipale, vol. 2, p. 91.)

1 Heg. de* Echevins.

9 lb.; Séance du 1er juin.

3 20 juin. — Chœur tendu de velours noir, quatre éenssons |K»rtant les armoiries royales de chaque côté; deux misons .sur le maître-autel attachés à deux tierces; chapelle ardente, au milieu du rlio»ur, pirnic de dix douzaines de cien.es et tendue de velours noir décoré de dix écussons. (lb.)

4 lb.; 30 juin. — U avait été question d'acheter une maison pour le Gouverneur,

1res pendant presque tout le reste de Tannée. Mais, au mois d'avril 161 1 , comme il revenait d'un voyage dans ses terres, il trouva les portes fermées par ordre de Marie de Médicis. Il avait été entraîné , ainsi que le comte de Cheverny , gouverneur de la province, dans la disgrâce du duc de Sully \ Cependant il parvint à se justiûer et rentra en charge le 18 juin , pour faire reprendre les gardes pendant la tenue de rassemblée protestante de Saumur, qui ne laissait pas que d'inquiéter un peu le Gouvernement \ Ixî service de la milice cessa au mois d'août s ; le Roi vint en pèlerinage le 1 1 septembre, et le reste de Tannée se passa assez paisiblement pour les bourgeois.

Au mois de mars 1612 , un démêlé assez grave s'éleva entre les échevins et M. de La Frette, au sujet de la possession des clefs de la ville. Le gouverneur voulait en être seul chargé pendant le temps de sa présence à Chartres ; messieurs de la Chambre prétendaient qu'ils avaient le droit d'en conserver une partie. C'était un contrôle dont la ville était jalouse , car elle ne se souciait pas d'être, par le fait de son gouverneur, à la merci du premier ambitieux venu. Le procès porté devant le Conseil durait encore au mois de novembre 1614; la ville excipait principalement de ce qui se passait à cet égard à Blois et à Orléans et d'un certificat par lequel M. de Cheverny, rentré en faveur, attestait qu'il s'était toujours contenté de moitié des clefs lorsqu'il était venu à Chartres en qualité de gouverneur de la province. Enfin, le 13 août 1615, une transaction fut réglée entre les parties par la médiation du maréchal de Souvré; on convint que lorsque M. de La Frette serait à Chartres, la compagnie lui présenterait toutes les clefs et le prierait de se contenter de la moitié, ce qu'il accep-

rt l;i Chambre avait décidé celte acquisition , d'accord a vit. le cierge , dans la s*;anec du i juin; mais il ne paraît pas que ce projet ait été réalisé. (Papiers du Chapitre; An h départ .)

1 Lettres de la Itécente , du 2Î> mars. (Uoj. des Erhevms.) * Lettre de la Héirnlr du 1 H juin et Séance du 17 juillet. (Ih ) 1 Lettre de la Ilé^-nte du I l mût (H> j

ternit. MM. Àrnault etHaligre, conseillers au Grand-Conseil , ne furent pas étrangers à cet accord, qui sauvegardait l'intérêt de la ville tout en satisfaisant la susceptibilité du gouverneur \

La peste reparut dans la pays chartrain et le Perche pendant les années 1612 et 1613. Vendôme, Bellesme, Saint- Eliph , Bretoncelle et La Loupe , eurent beaucoup à souffrir ; mais les mesures prises par les échevins de Chartres sauvèrent la ville de cette cruelle épidémie \ La salubrité de l'air y décida même, au mois de juin 1613, la tenue du chapitre provincial des Cordeliers. Cette réunion donna lieu à de belles cérémonies auxquelles vinrent s'ajouter encore les solennités de la réception que l'on fit à M. François de Gruel , sieur de Gerautrouze , survivancier de son père dans le gouvernement particulier de Chartres et les honneurs que l'on rendit au Roi dans une visite qu'il fit à Notre-Dame le 12 août.

Malgré son système de concessions, la Régente ne pouvait parvenir à maintenir la concorde entre les princes. Condé, Nevers, Mayenne, Vendôme, Bouillon et Longuevillc, quittèrent brusquement Paris, à la fin de janvier 1614, et réunirent des forces en Champagne. M. de La Frette et les échevins furent avertis de cet événement par un message de la Reine, du 13 février \ Sa Majesté invitait fortement les habitants à se conserver dans l'obéissance du Roi, et elle ajoutait qu'elle espérait bientôt ramener les princes, avec lesquels le duc de Ventadour et le sieur de Boissise , conseiller d'État , devaient entrer en négociations. Cette levée de boucliers se termina, en effet , le \ 5 mai , par la paix de Sainte-Menehould , et les gardes cessèrent à Chartres à la fin du mois, en vertu d'un ordre de la Reine. Une des principales conditions du rap-

« Htg. des Erhevms; 11) mnrs 1612, 29 septembre, 10 novembre cl i» décembre 1614, 13 août 1615.

1 lb.; Séances des 18 septembre 1612 el 10 juin 1613.

1 lb.; 10 juin.

* Lellrvs <lc l;i Héii'.'nle de ce jour, flb.)

prochemeut des princes était la convocation des États-généraux. Des lettres closes, en date du 9 juin, enjoignirent aux gens de Chartres de députer dans les trois ordres des personnes notables pour représenter le bailliage. Les élections se firent au mois d'août, et les suffrages se fixèrent sur Vévêque Hurault de Cheverny, pour le clergé; Charles d'Angennes , marquis de Maintenon , pour la noblesse ; Chouayne, lieutenant-général, et Jacques des Essarts, conseiller au bailliage, pour le Tiers-État \

Au lieu d'attendre l'ouverture des États, les princes compromirent leur cause par de nouvelles tentatives à main-armée. Cette fois, la Régente eut recours à la force; elle rassembla quelques troupes, fit partir le Roi avec elle le 5 juillet, et, dans une campagne de deux mois, pacifia les provinces de l'Ouest agitées par les rebelles. Louis XUI , qui allait atteindre sa majorité , voulut que son retour à Paris fût célébré par de grandes réjouissances. Le 30 juillet , les échevins reçurent la nouvelle du passage probable de Sa Majesté par la ville ; le Roi et la Reine-mère arrivèrent, en effet, le 12 septembre, et la réception fut digne d'eux , car on brûla 460 livres de poudre a canon et on dépensa, pour les préparatifs et les cadeaux, 5,159 livres tournois*.

I Heg. des Echevins

26 juin. — Commission du Bailli, transmettant à la Chambre les lettres closes du Roi et de la Régente.

29 juillet. — Délibération de la Chambre , portant qu'il y a lieu d'élire deux ou trois notables personnages du Tiers-Etat, lesquels se rendront le 11 août prochain à l'assemblée des Etats provinciaux du bailliage pour faire rapport des remontrances, plaintes et doléances résolues.

7 août. — Assemblée générale des paroisses dans laquelle on arrête les remontrances et on élit MM. Chouayne, Lcmaire, Jean Lambert et Laurent Martin pour porter la parole aux Etats provinciaux.

II août. — Etats provinciaux tenus à la Tour-lc-Roi et élection des députés aux Etats généraux.

Une délibération du 1er décembre 1615 fait connaître que, sur la commission de M. le Bailli ou son lieutenant, commissaire du Roi en cette partie, les vacations de MM. Chouayne et des Essarts, députés du Tiers-Etat, furent fixées à Hlî livres 5 sous 6 deniers.

* Heg. des Echevins; Séances des 30 juillet, 11, 16 et 17 septembre.

30 septembre. — Donné 25 livres à Jean Laray , pauvre serger dont le mollet a

La Chambre renouvela, au commencement de 1615, les anciennes ordonnances de police sur la tenue des cabarets, tripots et jeux de paume et sur la voirie 1 ; ce réveil administratif signalait l'entrée en fonctions de M. Etienne Simon, sieur de Villiers- le -Comte , qui venait de remplacer M. Chouayne, dans la lieutenance-générale du bailliage * ; il était fait, d'ailleurs, pour donner une bonne idée de la ville au nouveau bailli, le jeune comte de Limours, fils de M. de Cheverny, dont les lettres datées du 2 avril furent enregistrées le 27 au greffe \

La Régente avait résolu d'exécuter un projet qui soulevait de profondes antipathies parmi les partisans de la politique de Henri IV : c'était le mariage du Roi avec Anne d'Autriche , infante d'Espagne, et celui de la princesse Elisabeth de France avec le prince des Asturies. Coudé et les mécontents eu prirent texte pour recommencer leurs menées ; la Cour persista et rassembla des troupes pour conduire le Roi en Guyenne. Le pays chartrain, chemin naturel de Tannée, fut bientôt envahi par des bandes de gendarmes maraudeurs ; ils se livrèrent à de tels désordres dans la banlieue, aux mois de juillet et d'août, que l'on fut obligé d'en écrire à M. des Fourneaux,

été emporté par une arquebuse qui a crevé en allant au-devant de Sa Majesté. — Donné 30 livres à un autre particulier, pour une jambe emportée d'un coup de canon à l'entrée du Roi. (lieg. des Kclievins.)

21 octobre. — Six enseignes de taffetas qui ont servi à l'entrée de Leurs Majestés seront déposées en l'armoire neuve de la ville. (Ib.)

10 septembre 1619. — Payé à Marin Salmon-, marchand de soie, la somme de 7 livres, pour sept quarts de taffetas blanc livrés au capitaine Cbampbol, lors de l'entrée du Roi en 1G1-1, et employés â faire une éebarpe. (Ib.)

* Ordonnance de police du l i avril. (Ib )

* Etienne Simon était fils du lieutenant-général Pierre Simon, décédé en 1587, et de Marie de Mineray. Cette dame, qui prolongea sa vie jusqu'au mois de novembre 1023, était petite-lille du lieutenant-général Christophe de Hérouard, lillc du lieutenant-général de Mineray , veuve du lieutenant-général Pierre Simon et mère du lieutenant-général Etienne Simon. (Ib.; Séance du 23 novembre U123.)

3 Ce jeune homme remplaçait son oncle , Louis Hurault , comte de Limours , mort sans postérité. Ce dernier avait lui-même succédé à son frère, le comte de Cheverny, peu de temps après la mort du Chancelier, leur père.

On reconnut à cette occasion que le Bailli n'avait pas séance au Conseil de ville , le Lieutenant-général étant maire perpétuel. (Ib).

maréchal-général -des-logis 1 , et de députer à la Reine les échevins Gobineau et Fresnot * ; le départ de la Cour, qui eut lieu le i 7 août, rendit le repos à la campagne.

Les gardes avaient été reprises dans la ville le 3 août, par ordre du Roi, et les échevins s'étaient entendus, à ce sujet, avec M. de Chantemcsle, gentilhomme de M. de La Frette, alors absent Le Gouverneur revint au plus vtte pour presser les préparatifs de défense , car on se méfiait beaucoup de la noblesse huguenote des environs ; on remit en vigueur les ordonnances relatives à la police des étrangers voyageurs et au guet des portes ; chaque matin , avant de baisser les pontslevis , on faisait sortir des arquebusiers par les guichets pour fouiller les faubourgs , et , pendant la journée , les gens du poste inspectaient les entrants et sondaient à coups de hallebarde les charrettes de foin et de paille ; on établit des corpsde-garde supplémentaires sur la porte Imbout, la tour des Jacobins et la tour Saint-Père (août) \ Malgré cette surveillance, on eut la certitude que plusieurs individus suspects s'étaient introduits dans les murs le 7 septembre ce fut une raison de plus pour activer l'armement des bourgeois, et M. de La Frette fit délivrer à la milice, par M. de Baste, garde-magasin de l'arsenal , i ,688 livres de poudre à canon en caque *.

Le 3 octobre , un domestique du Gouverneur apporta nouvelle de l'armée du maréchal de Bois-Dauphin et de celle des princes dont il avait épié les mouvements 7. Comme

1 Hélie Fougeu , sieur des Fourneaux , inaréchal-général-des-logis des camps et armées du Hoi et commissaire ordinaire de ses guerres , tenait à Chartres par son mariage avec la fille de Me Jean Belouis , procureur au bailliage. 11 avait été nommé échevin le 28 septembre 1614.

* Heg. des EcJievins; 7 juillet et 1" août. » Lettres du Roi, du 30 juillet. (Ib.)

* Ib.; 11, 13, 21 août et 12 septembre 1615. » Ib.

* Ib.; 10 septembre.

7 3 octobre. — Donné 30 livres au sieur Lagron , domestique de M. le Gouverneur, qui a été à l'armée de M. le Prince, pour découvrir ce qui s'y fait, et à l'armée de M. le maréchal de Uois-Dauphiu , pour porter des lettres à M. des Cures ilb.i

la stratégie des généraux semblait avoir adopté pour théâtre les bassins de l'Oise, de la Somme et de la Haute-Seine, le pays chartrain paraissait peu menacé ; cependant un convoi de 6,000 livres de poudre, expédié de Tours, par ordre du Roi , arriva à Chartres le 6 octobre , ce qui fit croire à un danger prochain \ Cette crainte fut dissipée par le rapport que le sergent royal Mathurin Lallemand remit aux échevins le 7, et duquel il résultait que les armées ne tendaient pas à se rapprocher de la Beauce \ Mais, comme toujours dans les temps de guerre civile, la tranquillité fut de courte durée : le 24, des lettres do M. de Verdun, Premier-Président du Parlement de Paris, informèrent le Lieutenant-général que certains malintentionnés avaient conçu le projet de surprendre la ville en s' introduisant de nuit par les herses de la Courtille \ Cette nouvelle jeta l'alarme dans le Conseil ; on doubla aussitôt les postes, on tendit des chaînes dans la rivière pour renforcer les herses, et, comme il importait de nettoyer les environs, on leva, avec l'autorisation du Roi, trois compagnies de chevaulégers, sous le commandement de MM. de La Fretle, de Limours et d'Amilly (26 octobre) *. D'autres lettres du premierprésident, en date du 28 novembre, vinrent heureusement apaiser cette alerte , car elles annoncèrent le double mariage du Roi et de la Princesse sa sœur, événement qui fut solennisé par un Te Deum et par un feu de joie \ Le Gouverneur et les échevins ne se départirent cependant pas de leur prudence ; ainsi , la loue des domestiques qui se tenait dans le cloître

1 Reg. des Echevins.

» Ib.

3 2i octobre. — Ordonné de payer à Robert Le Chericux , chevaucheur d'écurie du Roi, la somme de 12 livres, pour sa vacation d'avoir apporte" lettres de M. le Premier-Président concernant la surprise de la ville. (Ib.)

3 novembre. — Ordonné de payer i Poulain, serrurier, 72 livres, pour avoir fourni de grosses chaînes destinées à fortifier les herses de la porte Morard sur la rivière , afin d'empécher les bateaux d'approcher et d'éviter aux surprise* que l'on a eu advis devoir ettre faites par lesdites herses. (Ib.)

» Ib - « Ib.

Noire-Dame le jour des Morts, et la foire Saint-André qui avait lieu d'ordinaire dans le cloître et le cimetière de cette paroisse , furent transportées cette année dans le faubourg Saint-Barthélemy (2 et 30 novembre) \

Les mariages étant consommés , les princes n'avaient plus qu'à prendre leurs sûretés contre la nouvelle politique; la Cour, de son côté, ne demandait pas mieux que de traiter avec eux. Des négociations furent entamées à la fin de décembre , et le Roi expédia aux parties belligérantes l'ordre de mettre bas les armes. Mais tous les chefs n'obéirent pas : le duc de Vendôme, qui tenait ses troupes dans le pays chartrain, méditait un coup contre la ville , où il avait des affidés. Le 1 8 janvier 1616, au soir, quelques gens de la populace, soulevés par le procureur Jacques Vieillard et conduits par deux savetiers nommés Prudhorame et Neveu , voulurent surprendre les corps-de-garde ; la vigilance de la police déjoua cette tentative, et les meneurs furent emprisonnés*. Le lendemain 1 9 , l'échcvin Bachelier alla porter au duc des lettres de Sa Majesté , qui lui enjoignaient de faire retirer ses soldats de la banlieue s; mais le Prince s'excusa sur ce qu'il était peu maître des individus qui s'avouaient de lui. 11 est vrai que la rigueur de la saison autorisait les gendarmes mal payés à séjourner dans un pays où ils pensaient mieux vivre qu'ailleurs. Les troupes royales, elles-mêmes, n'en agissaient pas autrement. La Beauce était pillée en môme temps par les compagnies vendômoises de MM. d'Allègre, de Saint-Léger, de Saint-Denis, Mcillant, de la Perine, de l'Estrée, de Cœuvres et du vidame de Chartres, et par les compagnies royalistes de MM. de Marillac, de Torigny, de Mesdames, de Maintenon et de Menou, sans compter les maraudeurs de profession (26 janvier)*. Malgré les trêves, cette déplorable situa-

* Fky. de* Echevins; Séances des 29 octobre et 26 novembre. » 1b. - * Ib. - * 1b.

lion se prolongea jusqu'à la paix de Loudun dont la Chambre fut informée le 4 mai \ Les bourgeois fatigués accueillirent cette nouvelle avec la plus grande joie, et, pour satisfaire l'impatience générale, le Gouverneur et les échevins durent procéder immédiatement au désarmement des murailles et au licenciement des trois compagnies de chevau-légers

La paix ne plut pas autant aux gens de guerre, et la Cour dut indemniser plusieurs d'entre eux des occasions de fortune que la tranquillité publique leur enlevait. Un sieur Pierre Le Sage, seigneur de Chanteloup, parvint à obtenir de Sa Majesté la charge de sergent-major de Chartres ; la Chambre, peu soucieuse d'entretenir ce nouvel officier, députa, le H juillet, M. Bachelier à Paris, pour faire des remontrances à la Chancellerie ; en effet , la charge de sergent-major n'avait jamais existé à Chartres, et les sieurs de Cazault et de La Borde, les seuls qui l'eussent remplie, étaient sergents-majors des troupes de la garnison et non de la ville. Chanteloup produisit ses provisions le 23 septembre, mais on refusa do les enregistrer et les troubles du moment firent passer sur cette résistance \

Ui paix n'avait pas duré longtemps. M. le marquis d'Alluyes, fils du marquis de Sourdis, vint annoncer au corps de ville, le 2 septembre, l'arrestation du prince de Condé; les lettres que le Roi écrivait à cette occasion aux échevins, mandaient que le prince était retenu dans une salle du Louvre, .sans que pour ce on ail dessein de lui faire aucun mauvais traitement k. Les gardes furent reprises aussitôt, puis abandonnées en vertu d'une lettre du Roi du 26 octobre annonçant la paix, et enfin rétablies le 8 décembre à la nouvelle

' Hea. des Echevins; 15 et 26 avril et 9 mai. — Ordonnances royales des 9 et 23 avril et 4 mai. (Ib.) « /6.; 9 mai.

* Ib.

* Lettre du Roi du 1" septembre. (Ib.)

des hostilités \ Comme les intelligences que les ennemis avaient dans la Beauce faisaient craindre une surprise, la Cour prescrivit l'armement complet des murailles. M. de La Braverie , lieutenant du grand-maître de l'artillerie , amena de l'arsenal de Verueuil , le 4 janvier 1617, trois pièces de gros calibre; la ville en possédait dix-neuf qui furent montées le 10; on fit en même temps la commande, par adjudication, de 2,200 boulets *. Des rassemblements suspects ayant eu lieu au mois d'avril, dans le Perche et près de Dreux, il fallut renvoyer à Verneuil les canons qui lui appartenaient \ Le pied de guerre fut maintenu jusqu'au meurtre du maréchal d'Ancre , époque de l'émancipation de Louis XIII. On reçut, le 15 mai , l'ordre de lever les gardes, et le pays put jouir enfin de quelques instants de repos \

Les affaires de la commune avaient été fort délaissées pendant les orages politiques; le calme permit aux échevins de s'en occuper. Ils transigèrent, le 3 avril 1618, avec les religieux Minimes qui voulaient absolument s'introduire dans la ville , et ils leur permirent de s'établir au bout de la rue de la Corroirie \ Les intérêts du commerce fixèrent en même temps l'attention de la Chambre. Nous avons dit qu'Henri III, lors de son séjour à Chartres au mois de mai 1588 , avait créé une foire franche de huit jours; ce privilège, longtemps né-

1 Heg. des Edtevins.

* Ib.; \, 10 et 2i janvier. — L'adjudication de la fourniture des boulets fut prononcée le 1 i février , au profit de Jean Chevalier, maître fondeur.

* 4 avril. — 11 sera payé à Catherin Leguay 18 livres 5 sous, pour avoir fait deux voyages, par le commandement de la ville, ès environs du Perche et de Dreux, alin de découvrir quels sont les gens de guerre qui s'y tiennent. (Ib.l

Le Roi, par lettres du 1er avril, avait prescrit de reconduire à Verneuil les trois pièces amenées par M. de La Braverie, et le sieur de Montgival, commissaire ordinaire de l'artillerie , avait été chargé de cette commission par le grand-maître. Le départ fut retardé par la crainte des cens de guerre qui rodaient près de Verneuil. (Ib.)

Le Roi fit connaître , par lettres du 9 avril , qu'il avait sommé ces gens de guerre de déloger, sous peine d être traités comme rebelles. (Ib.)

* Ib. — Lettres du Roi , en date du 10 mai.

8 L'historique du couvent des Minimes est contenu dans le dernier chapitre de cr \olume.

gligé à cause des troubles, fut confirmé par lettres du Roi du 13 mars 1618, et la publication de la patente eut lieu le 10 avril *. Chartres possédait une autre foire franche, dite de la Saint-Barthélemy; à la demande de M. de Chcverny et sur la sollicitation des échevins de Blois et de Beaugency, on décida, le 12 mai, que cette dernière foire serait remise à la Notre-Dame de septembre, pour ne pas nuire aux foires de ces deux villes qui se tenaient au mois d'août *. Pour donner plus d'éclat aux deux grandes foires de mai et de septembre , on ne crut pas pouvoir mieux faire que de forcer les marchands de la ville à y étaler, sous peine d'amende 8.

La tranquillité disparut avec l'année 1618. On sut, au mois de janvier 1619, que les protestants du midi remuaient, et dans la crainte que leurs co-religionnaircs de la Beauce ne répondissent à cet appel en se jetant dans Chartres, on prescrivit aux portiers de fermer les portes et guichets à six heures du soir et de lever les ponts-levis chaque nuit \ En même temps, la milice religieuse de la ville s'augmenta de nouveaux membres. Les dames de l'ordre du Mont-Carmel, de la réforme de la mère Thérèse, furent admises provisoirement, en vertu d'une permission de l'Evêque du 2 janvier. Elles s'établirent d'abord dans une maison de la rue Saint- Pierre, \puis, au bout de la rue des Vasseleurs, dans l'ancien hôtel des chevaliers de Malte f. Les armes temporelles et spirituelles

1 Voir supré, p. 293, note 1M.

* Heg. des Echevins. — Voir suprà , p. 295.

' La première foire de mai se tint en 1018. Le bourreau voulut percevoir le havage sur les grains et autres marchandises étalées , mais on s'y opposa , attendu que la foire était franche, (lieg. des Echevins; Séance du 12 mai.)

Les syndics des corporations étaient tenus de désigner les marchands qui devaient ouvrir à la foire. A la Notre-Dame de septembre 1f»18, figurèrent les drapiers, merciers , orfèvres , chapeliers et bonnetiers , cordonniers , cordiers , tourneurs , vanniers , savetiers , boulangers , fourbisseurs , parrheminiers . tanneurs , guMriers , féronniers , pintiers , chaudronniers , sergers , selliers , bourreliers , a uvres blanches , corroyeurs (lb.; août et 4 septembre.)

4 lb.; Séance du 10 janvier.

• Voir, au dernier chapitre de cette histoire, quelques détails sur le couvent des Carmélites.

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