‹ Histoire de Chartres (volume 3)Chapitre 38 sur 109 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

On ouvrit immédiatement le Sanitasùv Bcaurepaire *, et les échcvins résumèrent dans une espèce d'instruction les devoirs de tous les citoyens en cette grave circonstance : les PP. Capucins se chargeaient de l'administration des Sacrements ; les médecins no pouvaient communiquer avec le chirurgien des pestiférés que de loin et au milieu de la place du Puits-du-Crochet ; des remèdes internes étaient indiqués, de l'avis des médecins, et des topiques, de l'avis des chirurgiens; les bouchers ne pouvaient toucher les viandes qu'avec des cuillères et des fourchettes ; chaque maison pestiférée devait être fermée pendant quarante jours et désinfectée ensuite avec des parfums et senteurs; il était prescrit d'entretenir de grands feux pendant la nuit; enfin, le costume traditionnel, la verge blanche et la sonnette étaient imposés aux employés du Sonilas \ La contagion fit de tels ravages à la fin de septembre que la plupart des gens riches émigrèrent. Les premiers froids rendirent la ville à la santé mais non au repos, car les affaires publiques avaient aussi leur maladie, et toute la France en souffrait.

Pour en finir avec les huguenots , Richelieu avait pris le parti d'assiéger La Rochelle, leur quartier-général. Les rcligionnaircs de la Beaucc tentèrent plusieurs fois, au commencement de l'hiver, de surprendre Chartres Dans la nuit du 5 novembre, notamment, un rassemblement armé rôda autour des murailles; mais le guet fit bonne garde. On reçut, le 7, une lettre du Roi datée du camp le 27 octobre et taxant

Le 5 septembre, on fit défense aux hôteliers de ÏArhaleUe, de la Hallebarde, de l'Epée royale et du Sauvage, de recevoir chez eux les gens d'Anet, AbUs, Evreux, La Fcrté-Bernard , Bretonccllcs . Houdan et Dourdan, sous peine de 20 livres d'amende, (lieg. des Echevins.)

1 La peste éclata dans les premiers jours de septembre chez la veuve Garnie! demeurant près la croix aux Moines. On retint, pour soigner les pestiférés, le chirurgien Jean Dutertrc, aux gages de 120 livres par mois et moyennant une gratification de 300 livres. L'apothicaire Jean Lubriac fut chargé de la fourniture des drogues. (Ib.; 12 et 10 septembre.)

* II*.; Séances des 21, 22, 2i, 20 septembre, fi et 7 octobre a lb.; Séance du 5 novembre 1027

la ville à la fourniture de 160 habits de bure et d'autant de paires de souliers pour les troupes. Cet ordre fut exécuté surle-champ, car le siège do la cité rebelle avait l'assentiment des Chartrains *. Aussi fut-ce avec joie que l'on chanta un Te Deum , à la fin de novembre , pour célébrer la victoire remportée dans l'île de Ré, par Schomberg et Toiras, sur les Anglais commandés par le duc de Buckingham

Les alarmes se renouvelèrent au commencement de 1628. Le 4 janvier, on vit passer, la nuit, par les chemins du tour de ville , un grand nombre de gens de cheval que l'on ne put reconnaître 3. En février, la Reine-mère fit recommander aux habitants de prendre des précautions, et M. de Cheverny, alors à Chartres, réorganisa la milice bourgeoise \ Dans la nuit du 4 au 5 mai, une sorte d'émeute dont le but ne fut pas clairement expliqué faillit compromettre la sûreté publique. Le sieur Edeline d'Eman ville, lieutenant, de garde à la porte Saint-Michel , avait fait tirer ses arquebusiers à l'oiseau dans le fossé, de sorte que, malgré la consigne, le guichet était encore ouvert à huit heures du soir. M. Le Noir, lieutenant particulier, commandant de cette porte, apprenant ce qui se passait, prescrivit au portier de lui envoyer sur-le-champ les clefs; mais déjà les gens du poste, ayant à leur tète lo Roi de l'oiseau , parcouraient les rues au son des fifres et des tam-

1 Chaque habit compost* d'un pourpoint , d'une jupe à longues basquos et d'un haut et bas de chausses, revint à 4 livres 17 sous de façon. Chaque paire de souliers coûta 45 sous. (lieu, des Echevim; Séance du 7 novembre.)

On peut rapprocher cette fourniture de celle qui fut faite, en 1G28, à In compagnie des gardes de M. le comte de Saint-Pol. (Lettre de ce seigneur, du 19 mai.) La ville donna six casaques écarlatcs de drap «lu sceau , ornées d'une croix de satin blanc brodée, doublées de serge jaune d'Amiens, galonnées d'or et de soie noire et garnies de boutons de fils d'or et de soie noire. Chaque habit revint à ii livres, suivant le compte rendu par M. de Bracqucmont de Feugerolles, echevin. (Ib.)

■ lb.; 28 novembre — Lettre du Roi à l'Evèquc, en date du 8 novembre devant La Rochelle, pour demander des prières publiques. Autre du 9, pour annoncer le succès de l'expédition de Ré et inviter le prélat à lairc chanter le Te Deum dans toutes les villes de son diocèse. (Ib )

» lb.

* Lettre de la Reine-mère, du (» février KtèX, .-idressér à M. d»r Chevcmv. Autre, iln 9 adressée aux écheviiis. (V> , Séance du ti.)

bours et au bruit des décharges de mousquetterie. Le magistrat rencontra cette troupe dans la rue de la Clouterie et essaya vainement de la faire retourner au corps-de-garde ; on T injuria, des passants prirent son parti, une rixe s'en suivit, le tocsin sonna, et les citoyens paisibles réveillés en sursaut s'armèrent au plus vtte et coururent aux murailles. M. Le Noir, voulant à tout prix apaiser ce tumulte, réunit quelques bourgeois de bonne volonté avec lesquels il entreprit le tour des murs pour renvoyer les arrivants dans leurs maisons; lorsqu'il parvint au corps-de-garde de la porte Saint-Michel, le sieur Edeline le reçut fort mal et lui tint même fort longtemps la hallebarde sur la poitrine, sous prétexte qu'il ne lui donnait pas le mot d'ordre. L'escorte du lieutenant-particulier parvint à le dégager des mains de ce furieux, dont la conduite fut déférée à la justice le lendemain. On put enfin se reconnaître , et la tranquillité se rétablit lorsque l'on se fut assuré que les portes étaient bien fermées et que les huguenots n'étaient pas encore entrés dans la ville \

Les campagnes n'en étaient pas quittes pour la peur; amis et ennemis vivaient à leurs dépens. Elles eurent principalement à se plaindre du régiment de Courville qui occupait militairement tous les villages de la banlieue (18 mai) \ Cependant les mouvements des huguenots du pays ayant paru se ralentir au mois de juin , la Reine permit de lever les gardes \

Suivant l'ordinaire, avec la guerre vint la peste. Ce fléau, qui paraissait avoir redoublé d'intensité depuis quelques années dans les provinces d'entre Seine et Loire, sévit à Chartres depuis l'été de 1628 jusqu'au mois d'avril 1629 *. La santé publique fut meilleure pendant les mois de mai et de juin de

1 Reg. des Echevins.

• Lettre de Marie de Médicis aux echevins, datée du Bois-le- Vicomte le 6 juin. (1b.)

* Au mois d'octobre 1628, au plus fort de la peste, on eut avis que les protestants voulaient profiter de l'abandon de la ville par les habitants pour la surprendre. On sut que plusieurs suspects et un ministre étaient venus et avaient couché à Char-

cette dernière aimée, mais la maladie reprit au mois de juillet avec plus de violence que jamais et elle ne cessa que vers le mois de novembre. Cette crise fut terrible; les cimetières intérieurs et les églises étant bourrés de cadavres, la Chambre fit faire les inhumations dans les cimetières Saint-Barthélemy, Saint-Maurice, de l'Hôtel-Dieu, de Saint-Thomas et de la Madeleine Saint-Jean , extra-muros 1 ; chaque nuit un charriot parcourait les rues lentement, recevait les corps des trépassés et les portait sans bruit et sans cérémonies à leur dernière demeure; la ville était glacée d'effroi \ On fit venir, au mois

très dans le but probable de juger par eux-mêmes de la possibilité de l'entreprise. (Heg. des Echevtns; 14 octobre.)

Jean Dutertre , médecin des pestiférés , étant mort , il fut remplacé le 2 novembre 1t>3J par Noël Lesineun, chirurgien d'Orléans. On adjoignit à ce dernier Thomas K'rin , dit Lacroix, chirurgien de Nonancourt.

19 janvier 1629. Ordonné de purifier les appartements avec des parfums composés par Bouteroue, médecin, Baudouin, chirurgien, et Lubriac, apothicaire. (Ib.f

La Reine-mère avait projeté de venir en pèlerinage au commencement de mai et on avait fait faire provision de confitures à son intention. Hais il paraît que la peste mit obstacle à son projet. (Ib.; il mai.)

Le dimanche 28 mai , procession à Notre-Dame de Josaphat , où on a porté la Sainte-CItasse et autres reliques , pour rendre grâces à Dieu d'avoir délivré la ville de Chartres de la peste qui avoit esté si grande que tous les habitants avaient quitté leur ville , tellement que depuis la porte Guillaume jusqu'à Notre- Dame, il n'u avoit que sept ou huit maisons ouvertes. (Reg. de l'Etat civil de Saint-Bartheiemy ; Arcb. de la Mairie.)

Les gueux et mendiants de Chartres avaient choisi pour gîte de nuit , pendant la

Eeste, la place de la Poissonnerie et ils en avaient fait une vraie cour des Miracles, s se servaient des étaux et des bancs des poissonniers en guise d'échelles pour, s'introduire dans les maisons et voler les bourgeois; ib barricadaient les petites ruelles qui conduisaient à la place et allumaient de grands feux au risque d'incendier la ville. On profita du moment de répit dont le fléau laissa jouir Chartres pour donner la chasse a ces hôtes dangereux. (Heg. des Echevins; Séance du 12 juin.)

1 Le 26 août 1629, à cause de la trop grande contagion gui estoit dans la ville, il fut ordonné que les corps qui decederoient des paroisses Saint- André , Saint-Hilaire et Saint-Aignan seroieni enterrés à Saint-Barthélemy; Saint-Martin et Sainte-Fou à Saint-Jean-en-Vallée ; Saint-Michel et Saint-Saturnin au cimetière Saint-Thomas hors la porte des Espars. ( Reg. de l'Etat civil de Saint-Barthélemy; Arch. de la Mairie.)

* lp cimetière Saint-Nicolas , dépendant do l'église Saint-André , fut totalement rempli dans les derniers mois de 1628, quoique l'on mit six à sept corps dans chaque fosse. On affecta, alors, le cimetière Halle à l'inhumation des pestiférés, mais ce terrain , quoique beaucoup plus grand , dut être fermé comme insuffisant au mois d'août 1629. (Arch. de la Mairie ; Litrre de Bois de Saint-André. — Voir aussi le Heg. des Echevins; 31 août 1629.)

Les dépenses occasionnées par le fléau nécessitèrent , au mois de novembre 1628, l'assiette d'une taxe de 3,0<>O livres qui fut votée dans une assemblée générale pré-

de juillet, un habile homme, natif de Rouen, appelé frère Abraham Longuet, religieux de la confrérie de la Mort, auquel on donna de gros appointements 1 ; mais ses soins et ses drogues furent inutiles. On le remplaça par les chirurgiens Thomas Prin dit Lacroix et Gouget; le premier mourut, le second fut congédié parce qu'il battait les malades \ Au mois d août 1629, tout le personnel médical de Chartres était représenté par l'apothicaire Chereau. Les choses ne pouvaient aller plus mal, lorsqu'au mois d'octobre la Chambre engagea, au prix de 4 livres par jour et de 75 livres de pension viagère , un cordelier nommé Jean de Beuffles qui avait fait merveille à Meaux pendant la peste. Ce religieux obtint un prompt succès; les malades qui suivaient ses ordonnances, imprimées on une pancarte aux frais de la ville, avaient grande chance de guérison, et, à la fin de novembre, on ne comptait guères plus au nombre des pestiférés que ceux qui s'obstinaient à consulter les charlatans \

Gaston, duc d'Orléans, vint visiter à l'improviste sa ville de Chartres le 1" mars 1030. Il arriva à dix heures du soir «avec une suite de 50 chevaux. Le Lieutenant-général, le procureur du Roi et le corps de ville, prévenus à l'avance par un gentilhomme , s'étaient rendus à la porte Guillaume en habits de guia, pour haranguer le noble voyageur, mais S. A. R. les en dispensa parce que son cheval était ombrageux. Les magistrats prirent alors les devants avec une telle rapidité, en coupant par les tertres, que Gaston les trouva rangés sur le

sidéc par le lieutenanH'éjiéral Etienne Simon, cri présence de MM. Couart, prévAt, Grenel, procureur du Iloi, Piu^uciiel , Beurrier, du Charmoy, Robert, duTronchay, éehevins, Nicole, contrôleur d<;s deniers communs, Bobert, sous-doyen du Chapitre, Hubert l'aîné et Blanchard , chanoines. La perception de cet iinpAt lut confiée aux éehevins Beurrier, du Ghannoy et lîobert, et aux bourgeois Prévôt Sablon, Vincent Cornu, Pierre du Temple, Thomas Régnier, Macé Trossard, Jérôme Loiscau, .François Percheron, Philippe Bouvart, Georges Patbie et Philibert Cbanteloup. (Arcb de h Mairie; Imite <U:s Efudemns )

' lle<j. des Erhnns; Séances uYs IN. -21, *>:i pull.! . 10 e| 17 août

; Ib , Séances «les i <l 7 x'ptembie.

' Il , Sé.inrrs (Ifs i «n lnjnr, \\ cl J.\ nov.ritt i. H>-2U

perron do l'hôtel de M. d'Aubermont, grand -chantre, où il devait loger. Le Prince reçut alors les compliments de la Compagnie, du Présidial, de l'Election et du Chapitre. Le lendemain, après avoir ouï la messe dans la chapelle des Cryptes, il prit lo chemin d'Orléans \

Chartres eut à supporter cette année de fréquents passages de troupes destinées à l'armée d'Italio \ La peste reparut aussi, entretenue qu'elle était par ce courant do population militaire; toutefois, elle fit beaucoup moins de ravages que dans les années précédentes \ En somme , le pays n'aurait pas été trop malheureux si la récolte avait répondu aux vœux des habitants; on prévit une disette et on so hâta de faire des acquisitions de blé pour secourir la classe pauvre \

La maladie du Roi vint jeter la tristesse et l'inquiétude à Chartres comme dans tout le royaume 8 ; la Chambre fit faire, le 8 octobre, des prières publiques par les ordres mendiants. H plut à la Providence de déjouer une fois encore les plans des ambitieux ; en conservant les jours do Louis XIII , elle sauva le grand homme qui gouvernait sous son nom. Le duc d'Orléans, partisan de la cabale opposée à Richelieu , voyant le ministre plus affermi que jamais, voulut essayer de la révolte ; il quitta brusquement la Cour au mois de janvier 1G31 et se rendit à Orléans dont il comptait faire sa place d'armes. Par ses ordres, les villes de son apanage expédièrent à Orléans des vivres et des provisions de guerre de toute nature. Chartres fournit 27 muids de blé, quantité considérable pour un temps de disette *.

' Heg. de* Echevins; Séances des 1« et 2 mars 1630. * /&.. 18 mai, 27 août.

■ 1J y eut quelques cas de peste depuis avril jusqu'à octobre. (lh., Séances des ï>, 16 et 23 avril, 20 août et 8 octobre 1030.)

4 lb.; 27 août, 31 décembre 1G30, 0 mai 1031.

8 Louis avait une maladie de langueur. Si l'on en croit les Archives curieuses (ifi série, t. V, p. 63), son premier médecin, le ehai-train Pouvait, le lit saigner M fois et lui lit prendre 212 médecines et 215 remèdes en vu an.

c> Beg. des Echevins; Séances des 21 lévrier et 11 mars 1031 Lettre* dr T.aston aux Echevins, datées d'Orléans les 22 et 2* février (U> I

Ces secours furent inutiles à Gaston qui, désespérant d'allumer la guerre civile avec chance de succès, passa en pays étranger.

Par lettres du 13 août, le Roi confia le gouvernement de l'Orléanais et du Chartrain, eu l'absence de son frère, à M. le maréchal de Châtillon Ce seigneur prit possession de sa charge le 1 2 septembre ; il fut reçu avec les plus grands honneurs par le corps municipal, et ne partit que le 16, après avoir mis ordre à la police de la cité *.

L'autorité royale devait se montrer forte , car Gaston avait une nombreuse clientelle en Beauce ; aussi les règlements de police et les mouvements de troupes se succédèrent- ils sans interruption à Chartres pendant les années 1631 et 1632 \ On ne réussit cependant pas à empêcher toute fermentation, et plus d'une fois les extravagances , pour ne pas dire les tentatives rebelles, de la noblesse campagnarde, effrayèrent les paisibles bourgeois.

L'échauffourée la plus sérieuse arriva dans la soirée du 30 au 31 août 1632. Quelques gentilshommes, conduits

' Gaspard 111 de Coligny.

• Beg. des Echevins; Séances des 4, 11 et 16 septembre. M. de Châtillon informa les echevins de sa prochaine arrivée par lettre datée de Châtillon le 31 août.

8 24 mai 107,1. On apprend nue le Roi veut envoyer des troupes dans les faubourgs de Chartres. On charge MM. Boilcau, de Feugerolles et Grenet de s'en informer près de Ms* l'Evéquc et de M. des Cures, flieg. des Echevins. — Lettre du Roi aux échevins, datée de Paris le 16 mai; Arch. départ.)

28 mai. La compagnie de chevau-légers commandée par M. de Contenant vient, en effet, s'établir dans la ville. On écrit à M** et à M. de Cheverny, et le Lieutenant-général se rend à Fontainebleau pour obtenir décharge.

2 juin. Le Lieutenant-général mande qu'il a réussi dans sa mission. M. de Contenant vient rejoindre ses gens.

3 iuin. Départ de la compagnie.

29 mars 1o52. On apprend que des gendarmes approchent de la ville; on envoie au-devant d'eux , pour leur faire prendre une autre route.

/.T avril. M. le marquis d'Alluyes, sur la demande de la ville, a réussi à faire éloigner les régiments du comte de Tessé et de MM. de Coursalle et de Charny.

13 mai. Fournitures de pain, de viande, de foin et d'avoine au régiment du marquis de La Boulayc , logé à Umpeau et Champseni , savoir : 2,500 pains d'une livre, chacun, dont '200 plu* blancs mur les chefs; 10 poinçons de vin; 4 sols pour chacun soldat et aux officiers à projHtrtion, suivant l'étape, pour la viande; pour 120 chevaux, 10 minois d'avoine à 4 picotins pav cheval; 2,400 livres de fum <i 20 livres par cheval (Ib.l

par le sieur de Villette, tombèrent à l'improviste sur Pèche vin Vannier du Charmoy , pendant qu'il faisait sa ronde , et le laissèrent pour mort sur la place; mais, assaillis à leur tour par les gens du guet, ils furent obligés de se retirer et de se barricader dans révôché où le peuple ameuté les assiégea. Villette avait convoqué à l'avance un grand nombre de ses amis du dehors dont quelques-uns, arrivés dans la ville avant la fermeture des portes, réussirent au milieu du tumulte à rejoindre les assiégés. Les gentilshommes ainsi renforcés essayèrent en vain à plusieurs reprises de forcer la ligne des assiégeants, l'épée et le pistolet au poing; les arquebusiers de la milice les repoussèrent et formèrent autour du palais épiscopal un blocus rigoureux qui dura toute la nuit. Le jour venu, les échevins entamèrent des négociations, mais on ne put s'entendre; les Chartrains voulaient que Villette et ses compagnons se rendissent à discrétion , ces derniers prétendaient sortir sans conditions. MM. de la Chambre, répugnant à violer l'enceinte de l'évêché, invitèrent par écrit Mgr d'Estampes, alors absent, à faire livrer les coupables; ils adressèrent en môme temps un exprès à M. de La Ville-aux-Clercs, secrétaire d'Etat, ayant la province dans son département, pour l'informer de ce qui se passait et lui demander des ordres. En attendant les réponses, le blocus continua étroitement. Le 1" septembre, les sieurs de La Pajxitière et de Beaulieu se présentèrent pour réclamer leurs fils et neveu qui, disaient-ils, avaient suivi Villette sans connaître ses projets; on leur interdit l'entrée de l'évêché. Le 2, arriva le sieur de Roncières , chargé par les familles des gentilshommes de composer avec les offensés; on disait que le sieur du Charmoy avait donné, de son lit, son adhésion à un arrangement amiable. Cette voie, qui évitait à l'affaire une tournure politique, allait probablement être adoptée, lqrsque intervinrent deux gardes de Louis de Bourbon , comte de Soissons, porteurs d'une lettre de ce Prince, prescrivant

de lui livrer immédiatement les coupables On s'exécuta avec empressement, car il était toujours dangereux pour les bourgeois de se mettre en lutte ouverte avec la noblesse du pays ; toutefois , la Chambre fit escorter les prisonniers par l'échevin Estienne, auquel on donna mission de rendre compte au Prince de la tentative do Villette et do ses complices \

Sous l'administration de Richelieu, les affaires d'intérêt public, de quelque ordre qu'elles fussent, pouvaient être ajournées, mais elles n'étaient jamais complètement abandonnées. En exécution d'un arrêt du Conseil du 3 avril 1632, uu règlement fut publié pour rendre la rivière d'Eure navigable depuis Chartres jusqu'à Nogent-lc-Roi \ Le sieur Denis Poligny , bourgeois de Paris, et ses associés s'offrirent pour exécuter les travaux, à leurs frais, aux conditions du règlement qui accordait aux entrepreneurs une subvention, un péage et le droit d'établir des usines. Le Parlement prescrivit, le 11 mai, une enquête de commodo et incommoda, et l'assemblée générale des habitants, tenue en l'hôtel épiscopal le 15 juin, accepta la proposition de Poligny, sous la condition que la société ne pourrait construire sur la rivière que des moulins à tan et à foulon ; la concession était accordée non-seulement pour la partie de la rivière comprise entre Chartres et Nogentle-Roi , mais encore pour celle comprise entre Chartres et Pontgouin; MM. du Chapitre donnèrent, le 6 juillet, leur adhésion à ce projet, et la ville fit, aux mois de juillet et d'août , les fonds nécessaires pour commencer \ On ignore

1 Lettre de Louis de Bourbon , comte de Soissons, datée de Paris le 1« septembre.

* Ikg. des Echevins; i", 2 et 4 septembre 1632.

» Recueil des Ordonn. d'Isambert, vol. XVI, p. 3G9. — H y avait eu déjà une espèce de reprise de cette affaire en 1027. La séance du 5 mars nous fait connaître que le sieur du Hocher de La Foucaudière , trésorier de France à Orléans , vint estimer le jardin de l'Evéque situé près de la porte Drouaise , dans le Lut d'y établir un port. (îieg. des Echevins.) D'après cette estimation, le Hoi acheta de 1 Evoque, k 19 août 1628, trois arpens quarante-et-une perches de terrain. (Pièces recueillit* par Pintard, coll. Lcjcune )

* Jiefj des Echevin*.

quelle fatalité compromit une affaire qui paraissait si bien engagée; toujours est- il quo cette nouvelle tentative avorta comme les précédentes.

Peut-être la peste qui ravagea tout le pays au printemps de 1633 et qui pénétra à Chartres pendant l'été, nonobstant les • précautions, fut-elle cause de cet abandon l. H fallut, à la fin d'août, réinstaller le Sanitas de Beaurepairo et inhumer les morts pendant la nuit pour diminuer l'effroi qu'inspirait le fléau. Sauf quelques rares intervalles, cette épidémie dura presque une année entière, et la santé publique ne s'améliora réellement que vers l'automne de 1634. La ville venait de sortir de son long deuil lorsqu'elle reçut la visite de son prince apanagiste, Gaston, duc d'Orléans, rentré en France et en grâce après ses nombreuses révoltes. Le duc , parti de son château de Limours le samedi matin, 28 octobre, arriva sur les trois heures au gué de Oisême, où la noblesse du pays lui fit escorte ; il trouva à la banlieue les six compagnies bourgeoises en équipage fort leste, formant la haie depuis la maladrerie de Saint-Georges jusqu'à la porte Guillaume, et fut reçu par MM. de la Chambre et du Présidial, ayant à leur tète le lieutenant-général Simon, qui prononça une très docte et très élégante harangue. Le Prince logea à l'évôché, fit ses dévotions à Notre-Dame le lendemain dimanche et se mit en marche pour Orléans le lundi après la grand'messe *.

11 parait que depuis l'année 1631 il s'était propagé dans notre pays, quoique terre privilégiée du culte de Marie et des pompes extérieures de l'église, une hérésie do l'école mystique qui rejetait tout dogme , tout culte et tout ministre de la religion. Cette hérésie, appelée l'Illuminisme, venait d'Es-

1 11 y avait déjà eu quelques cas de peste dans les faubourgs et dans la ville pendant l'été de 1632 ; mais la crise de 1633 rappela par sa violence celle de 1628-1629.

* La Bibliothèque impériale conserve une pièce in-octavo, imprimée à Paris chez P. Targa, 1634, dans laquelle est racontée la réception faite à Gaston dans les villes do Chartres et d'Orléans. (Catalopuc, vol. 1", Lb a«, n* 3,045, p. 598.)

pagne; elle avait pour principal propagateur à Chartres un ermite du bois de Lèves, se recrutait parmi la classe illettrée et le bas clergé et fît en Beauce et on Picardie des progrès tels qu'ils effrayèrent Richelieu \ Le Gouvernement ayant donné, en 1635 , Tordre d'extirper la secte, l'ermite fut arrêté et conduit à Paris où il abjura de gré ou de force; ses acolytes gardèrent le silence , et quelques années après il ne restait plus trace d'Illuminés à Chartres.

Richelieu avait compté sur la campagne de 1635 pour frapper la puissance espagnole dans les Flandres; le plan du ministre échoua par la lenteur du prince d'Orange et les fausses manœuvres des maréchaux de Brezé et de Châtillon. Ce dernier tomba dans une espèce de disgrâce et fut remplacé, le 11 octobre, dans le gouvernement de l'Orléanais et du pays chartrain, par Charles d'Escoubleau , marquis de Sourdis, fils de François de Sourdis, ancien gouverneur de la ville, et frère du belliqueux Henri de Sourdis, archevêque de Bordeaux, l'un des amiraux de Richelieu \ Le dévouement de ce seigneur et celui du comte de Cheverny, gouverneur particulier de la ville et lieutenant-général de la province, furent mis à l'épreuve en 1636, année de crainte et de terreur d'abord, puis d'enthousiasme patriotique. Les Hispano-impériaux, commandés par Piccolomini et Jean de Wert, entrèrent en Picardie au mois de juillet, s'emparèrent de plusieurs petites places et forcèrent le passage de la Somme, entre Brai et Corbie, le 2 août. Ils n'étaient qu'à trente lieues de Paris, et déjà la route de Chartres était couverte des carrosses, des coches et des

• Voir les Archives curieuses de l Histoire de France, 2« série , t. IV, p. 293.

* Ce seigneur, qui fut pendant longues années gouverneur de l'Orléanais et du Chartrain , prenait les titres suivants : marquis de Sourdis et d'Alluyes , prince de Chabanais , comte de Carroaing , baron des baronnies d'Auneau , Mondoubleau , Saint-Félix, Montesquiou, Gaujac, seigneur de Jouy en Josas, Montrichard, Chissé, Mou tl ne , Estillac , chevalier des ordres du Roi , conseiller en ses Conseils d'Etat et privé , capitaine de cent hommes d'armes , lieutenant-général des camps et armées de Sa Majesté, gouverneur et lieutenant-général de la ville et duché dvrléans, ville et château d'Amboisc, pays de Sologne, Blésois, Dunois, Chartrain et Vcndômois.

équipages de gens qui fuyaient la capitale 1 , lorsque le génie » de Richelieu, secondant l'énergie du Roi, recruta une armée

i« dans le peuple de Paris et remplit la caisse de l'Etat avec les

dons volontaires des villes, des corporations et des bourgeois, t Chartres, taxé à la fourniture d'une compagnie de 500 hom-

ir- mes, en leva 200, tant dans la ville que dans les bourgs et

t villages de la contrée, et composa, le 22 août, avec MM. de

Cheverny et de Brain, moyennant 12,600 livres, pour la levée, l'armement et les deniers d'entrée des 300 hommes restant à fournir. La fraction de compagnie mise effectivement sur pied fut dirigée sur Paris et de là sur Compiègnc où elle rejoignit les troupes placées sous le commandement du duc d'Orléans et destinées au siège de Corbie \ La noblesse de rarrière-ban du bailliage suivit aussi l'étendard de Gaston.

La ville, pour faire face à ces dépenses et aux prêts forcés exigés des villes et gros bourgs du royaume pendant ces années de guerre extérieure et d'organisation intérieure, emprunta à divers particuliers la somme de 20,250 livres en 1636, de 67,290 livres en 1637, de 27,300 livres en 1638, de 40,000 livres en 1639 et de 22,300 livres en 1640 \ La peste qui sévit avec violence en 1637 et 1638, et les garnisons dont les habitants eurent la charge pendant l'hiver de 1638 et le printemps de 1639 *, contribuèrent aussi à déranger la fortune publique. Néanmoins la misère locale n'empêchait pas les Chartrains de prendre part aux joies de la France, et la naissance du dauphin, qui fut Louis XIV (5 septembre 1638),

« Histoire de France, par Henri Martin , tome XIII , p. 189.

« Compte de Nicole, receveur des deniers communs, 1636-1643: Arch. de la Mairie.

3 Voir VArrest du Conseil d' Estai , portant liquidation des dettes et des charaes ordinaires et extraordinaires de la ville de Chartres, du quatorzième janvier 1666. Cette pièce , imprimée à Chartres par Estienne Massot , contient le détail de toutes les dettes et charges de la ville, de 1629 i 1650.

* On pava , en 1639 , aux hôteliers et habitants des foubourgs , la somme de 2,382 I. 18 s., pour avoir logé et nourri gratuitement, pendant 1 hiver de 1638 et le printemps de 1639, la compagnie de gendarmes du duc d'Orléans. (Compte de Nicole; Arch. de la Mairie.)

avait été saluée par la ville avec le plus grand enthousiasme *. La Chambre, obligée do remplir la caisso municipale, dut plaider, en 1638, contre le clergé, qui excipait de conventions antérieures pour se dispenser de payer l'impôt de 40 sous par queue de vin *, et, en 1640, contre les survivanciers des offices domaniaux héréditaires qui se prétendaient exempts des taxes et impositions communales \

L'évequc Léonor d'Estampes de Valançay ayant été promu en 1641 à l'archevêché de Reims, le Roi donna le siège de Chartres à M. Jacques Lescot, docteur en Sorbonne et confesseur du cardinal de Richelieu. Cette dernière qualité, si elle contribua à sa nomination , ne hâta pas Pcxpédition de ses bulles, car la cour de Rome avait très-peu de sympathie pour les créatures du grand ministre , et Tévèché resta deux ans sans pasteur *. Le pays chartrain perdit à la fin do 1641 un de ses hôtes les plus illustres : le vieux Sully mourut le 22 décembre à son château de Villebon, près Courville, où il

1 Mandement de Léonor d'Estampes en actions do grâces de la naissance du Dauphin. (Pièce du Ikcueil de rabbè Brillon; Bibl. commun.; Catalogue des manuscrits, p. 129 et 130, n° H -6.)

1 Par transactions du 7 novembre 1007 et du 2 janvier 1619 , la ville avait consenti à ce que le cierge" pût faire entrer 800 poinçons de vin à raison de 5 et 12 sous par queue , au lieu de 30 sous payés par les autres habitants. Lorsque le droit d'entrée fut porté à 40 sous , le clergé prétendit qu'aux termes de sa loi particulière il ne devait que 30 sous par queue sur ce qui excédait 800 poinçons. Un arrêt du Conseil , en date du 21 octobre 1638 , décida que dorénavant le clergé ne ferait entrer que 400 poinçons , pour lesquels il paierait 40 livres, et que tout ce qui excéderait ce nombre serait assujetti au droit de 40 sous par queue. Cet arrêt , très-mal reçu par les condamnés, fut confirmé par un auàrc arrêt du 22 décembre 1646, auquel le clergé n'eut pas plus d'égard; des procès-verbaux des 8 et 9 février 1647 font connaître que le Chapitre repoussa par la force , en se barricadant dans son cloître et en armant ses laquais et serviteurs , les huissiers qui venaient pratiquer des saisies sur ses biens par ordre de la ville. Ces voies de fait donnèrent lieu à une enquête à laquelle prirent part successivement MM. Bouchcrat et deLamoignon, maîtres des requêtes de l'hôtel , et un nouvel arrêt du 15 juin 1647 confirma les précédentes décisions. Cependant la dispute ne fut définitivement apaisée que par une transaction passée devant Bouvart le 6 juin 1648. (Pancarte municipale, 2* vol.; Arch. de la Mairie.)

* H y eut arrêt du Conseil, le 1« mars 1640, contre les survivanciers.

* L'éyéquc Lescot ne tit son entrée que le 31 décembre 1643. Le procès-verbal manuscrit de celte cérémonie est conservé à Li Bibliothèque communale. (Pièces recueillies par l'abbé linlhn , catalogue imprimé, p. 129, n» H -7 )

menait une vie princière. Richelieu ne lui survécut pas tout-àfait un an; il termina ses jours le 4 décembre 1642; M. Lcscot avait été l'un des témoins signataires du testament de cet homme d'Etat. Louis XIII suivit son ministre le 14 mai 1643, et la Reine-mère, régente pendant la minorité do Louis XIV, demanda, par lettres du 9 juin adressées à l'évêquo nommé, des prières pour l'âme du roi défunt

Le bailli de Chartres avait changé en 1632 ; M. Alexandre dcHalluin, capitaine des gardes-du-corps du duc d'Orléans, avait remplacé dans cette dignité M. le comte de Liraours. Cette mutation était par elle-même peu importante, malgré le titre de capitaine attaché à celui de bailli ; car, au point de vue judiciaire, ce magistrat dont le nom figurait en tête des expéditions et grosses de tous les actes et jugements, n'avait pas même voix consultative au prétoire, et, comme capitaine, il n'avait aucune autorité sur les affaires militaires lorsque Chartres était pourvu d'un gouverneur particulier. Les ordres du Roi en matière militaire arrivaient aux échevins soit directement, soit par l'intermédiaire du prince apanagiste, du marquis de Sourdis, gouverneur de la province, ou du comte deChcverny, gouverneur particulier. Ce fut Gaston qui se chargea, au mois de juillet 1643, de stimuler le zèle de la Chambre pour la prompte levée des soldats demandés à la ville dans le contingent de 500 hommes imposé à la généralité d'Orléans; cette troupe était destinée au ravitaillement de l'armée victorieuse à Rocroy , qui venait d'entreprendre le siège de Thionville *.

Dans les circonstances où la Cour se trouvait, l'argent n'était pas moins nécessaire que les soldats. La Régente ne prit pas d'intermédiaire pour faire connaître, sous le nom du Roi, aux échevins de Chartres, le 20 septembre, l'établissement d'un

' Lettre originale, conservée aux Archives du département, fonds du Chapitre (Hecutil des Lettres des Iiots de France, p. 26-4.)

» Lettre du duc d'Orléans aux échevins, datée de Paris le 45 juillet. (Arch. de la Mairie.)

nouveau droit sur les boissons \ La ville continuait à s'endetter pour faire face à ses dépenses personnelles et aux exigences du Trésor public; elle avait emprunté 24,000 livres en 1641 et 8,600 livres en 1642 ; elle se greva encore de 24,300 livres en 1643 * ; sa situation financière ressemblait à celle de l'Etat; elle conduisait tout droit à la banqueroute. Au mois de juin 1644, le Contrôleur-général invita les habitants de Chartres à payer immédiatement la somme de 5,000 livres à titre de cadeau de joyeux avènement \ 11 est vrai qu'en échange de son argent, la ville eut la satisfaction de chanter des Te Deum et de faire des feux de joie à l'occasion de la prise de Gravelines (6 août) * et de celle de Philipsbourg, fruit de la sanglante bataille de Freybourg (27 septembre) \

En 1645, nouvel impôt, nouvelles réjouissances. Une taille extraordinaire de 15,000 livres fut assise sur la ville dans le mois de février 6 et les succès obtenus durant cette campagne par les armes royales en Catalogne et en Flandre, donnèrent lieu à de fréquentes manifestations de joie \

I 20 sous par muid de vin , 10 sous par rauid de gros et petit cidre et bière, et 5 sous par muid de poiré , au lieu du sou pour livre ci-devant révoqué.

• Arrêt du Conscil-d'Etat , de janvier 1666, cité plus haut.

5 Ueg. des Echevins; Séance du 23 juin. — La ville obtint réduction à 4,000 livres et paya cette somme le 10 janvier 1645. (Ib.)

• Lettre de M. de Sourdis aux échevins, datée d'Orléans le 2 août. (Ib.)

26 août. MM. Le Noir, lieutenant particulier, Baudouin et Nicole , échevins , sont envoyés à Paris pour féliciter M. le duc d'Orléans sur la prise de Gravelines. (Ib.)

8 Î7 septembre. L'Evêque annonce aux échevins la prise de Philipsbourg. (Ib.)

II y eut cette aunée de grands passages de troupes :

9 juin. Deux compagnies du régiment suisse de Prareman. — 8 août. La compagnie des gendarmes du duc d'Anjou. — 29 août. Une compagnie du régiment de Saint-Simon. — 30 août. Quatre compagnies du régiment d'infanterie du cardinal Mazarin. — 7 septembre. 150 chevau-légers de la garde de la Reine. — 2i décembre. La compagnie des gendarmes du cardinal Mazarin. — 26 décembre. Une compagnie du régiment du Hâvre. — 27 décembre. La compagnie des gardes du maréchal de La Mcilleraie. — 30 décembre. La compagnie des gardes du duc d'Enghien. (Ib.)

• Comme la ville ne pouvait plus trouver de prêteurs, MM. Baudouin, Lebeau, Félibien, de Malsac et Thibault, échevins, empruntèrent en leur privé nom, 10,000 livres pour les besoins de la caisse municipale. (Ib.; Séances des 7 février et 27 avril.)

7 Te Deum: 19 juin, pour la prise de Rose en Catalogne; 18 juillet, pour la prise de La Molhe en Lorraine et la bataille gagnée a Llorens en Catalogne ; 29juil-

M. deHalluin, bailli et capitaine, avait résigné, le 1 4 juin 1645, au profit de M. Ixnris d'Angennes, marquis de Maintenon. Le duc d'Orléans, qui aimait ce seigneur, obtint pour lui l'agrément du Roi, et ses provisions furent enregistrées au greffe de la Chambre le 11 juillet \ Un autre office, celui de gouverneur de la ville , devint vacant par la démission du comte de Cheverny; Gaston en fit pourvoir, le lo octobre, M. le marquis Claude Gruel de La Frette, maréchal des camps et années du Roi, son capitaine des gardes, déjà possesseur d'une des deux charges de lieutenant-général de la province. On accueillit cette nomination avec plaisir, et les compliments ne manquèrent pas au nouveau dignitaire lorsqu'il se présenta, au mois de janvier 1646, pour prendre possession du gouvernement, et, au mois de juin suivant, pour l'enregistrement de ses provisions de lieutenant-général *. M. de La Frette, dévoué par tradition de famille aux intérêts de la ville , lui rendit de bons offices dans la question toujours délicate des finances. On ne demandait rien moins cette année qu'une taxe sur les aisés, une somme de 22,000 livres sur les produits des octrois , un reliquat de 30,000 livres pour la subsistance des troupes en 1644 et 1645, et une autre somme de 20,000 livres pour le même objet en 1646. Ces énormes contributions fuie/ , pour ia prise de Mardyck ; 50 juillet , pour l'accouchement de Madame , d'une fille; 26 août, pour la prise de Bourbourg; 2 septembre, pour la bataille de Nortlincen; 16 septembre, pour la prise de Béthime.

Passages de troupes en :

22 avril. Huit compagnies du régiment de Persan. — 27 avril. Neuf compagnies du régiment d'infanterie de Clausen. — ô. 6 et 2/ mai. Détachements des régiments du Hâvre, de S. A. IL, de Mazariu, de Yerinnes et d'Harcourt. — il juillet. Trois compagnies du régiment de Palluau. — /ô septembre. Deux compagnies du régiment de Praslin. — ii décembre. Hcgiment de cavalerie de Lafeuillade, composé d'un major, un aide-major, un aumônier, un commissaire de* guerres, deux capitaines, six lieutenants, six cornettes , six maréchaux-des-logis et ±>i cavaliers montés. — 16 décembre. Quatre compagnies du régiment de cavalerie de Sceaux. (Heij. des Kchevias.)

' Lettre du Roi, à cette occasion, en date du 21 juin. (lb.)

* lb.; Séances des 2G janvier et 5 juin 1 6i0. — Le 25 juin , M. i'échevin Lebeau se rendit , par ordre de fa Chambre , au château de La Frette , pour saluer M1"* la Marquise et donner à M. le Gouverneur racle d'enregistrement de ses provisions. (lh.)

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