‹ Histoire de Chartres (volume 3)Chapitre 45 sur 109 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

Messieurs terminèrent, par une transaction avec le Prèsidial, une querelle qui les divisait depuis longues années au sujet des assemblées générales de police. 11 fut convenu que ces assemblées se tiendraient à l'hôtcl-de-villc, et qu'elles seraient composées des maire et échevins , sous la présidence du lieutenant-général du bailliage, avec

général de police en exercice et des présidents, lieutenants, procureurs et avocats du Roi au Prèsidial et à la Prévôté *. Une grande ordonnance de police, donnée le 29 décembre, apprit aux Chartrains que ce tribunal fonctionnait*.

Les élections pour un maire eurent lieu au mois de janvier 1739, et M. Bouvart, ayant obtenu le premier rang parmi les candidats désignés par les suffrages, fut continué, pour trois ans encore, par M. le duc d'Orléans, dans la première magistrature municipale 8.

La récolte de 1738 avait été très-mauvaise; une disette affreuse désola le pays Chartrain et le Perche, en 1739. La charité publique, excitée par l'exemple de Mgr de Mérinvillc, vint largement au secours des malheureux, et M. le duc d'Orléans fit faire des distributions de pain aux pauvres, depuis le mois de mai jusqu'à la moisson \ Ce fléau n'empêcha cependant pas la ville de se réjouir de la cessation d'un autre fléau, la guerre; la joie publique se manifesta, le 14 juin,

reçut les salutations du Chapitre, du Prèsidial, de l'Election, de la Prévôté et de la Noblesse. Le lendemain, i juillet, à midi, il donna à dîner h la Noblesse, au Clergé, aux ofliciers de l'Election et de la Prévôté et aux Echevius. Le soir, il retint à souper MM. du Bailliage et Siège Prèsidial. Le 5, il fut installé comme grand-bailli à l'audience du Ptfsidial; les députes de toutes les communautés et les Maire et èclievins, avec les drapeaux de la ville, formaient la haie sur son passage. (Notes historiques trouvées dans les papiers du notaire Letellicr.)

' fieg. des Echevins.

* Ib. Cette ordonnance signée Nicole, lieutenant-général, Pierre de Villcmain, lieutenant-général de police , Martin , procureur du Hoi de la police , a été imprimée cher. N. Pesnard, imprimeur du Roi, de la Ville et de la Police. l7Gi.

Il y eut une autre ordonnance de police, le 17 janvier 1739, relativement à la voirie, aux jeux des entante, aux ventes pendant l'oflice divin, etc. (Ib.)

v Ib.; Séance du 7 mai.

par un Te Deum , un feu d'artifice et de magnifiques illuminations avec transparents, devises et emblèmes La récolte fut encore mauvaise en 1740, et les rigueurs de l'hiver ajoutèrent à la misère de la basse classe \ W de Mérinville convoqua àPévêché, le 8 février, la Chambre de ville et les notables habitants, pour aviser au moyen de soulager les pauvres. On décida qu'il serait alloué à chaque invalide une livre de pain par jour et à chaque enfant une demi-livre, et que le clergé contribuerait pour un tiers dans la dépense. 11 fallait la somme de 1,050 livres par semaine'.

Le résultat des élections de janvier 1742 et le choix du duc d'Orléans portèrent à la mairie M. Michel Davignon, premier-

président du Présidial \ Peu de temps après (mars), M. le marquis d'Armenonville mourut, et les charges de grand-bailli, gouverneur et capitaine de Chartres passèrent à son neveu , M. le comte de Surgères, de la maison de La Rochefoucauld \ 11 arriva peu d'événements remarquables pour la ville pendant la première période de l'administration de M. Davignon. Nous n'avons h citer qu'une levée de 200 hommes de milice imposée aux mois de novembre * et de décembre 1742, un Te Deum chanté le 18 décembre 1743, à l'occasion du mariage du duc de Chartres avec la princesse Louise -Henriette de

> Le feu d'artifice représentait le Temple de la paix, flieg. des Echevins, et yotes du notaire LeteJlicr.)

* Les campagnes furent ravagées par des bandes de loups; l'un de ces animaux, d'une taille énorme , fit plusieurs victimes dans la paroisse de Gasville. Le Grand- Louvetier et la louvetcrie du Roi arrivèrent à Chartres le 9 mars et exécutèrent des battues qui curent un plein succès, (lieg. des Echevins.)

» Ib. — Dans la séance du 2G février on établit des receveurs pour la recette des cotisations des pauvres. (Ib.)

* Ib.; \** février 1712.

5 Alexandre -Nicolas de La Rochefoucauld, comte puis marquis de Surgèrrs, lieutenant-général des armées du Roi. — La ville lit célébrer, le 2!J mars, à Saint- Martin-lc-Yiandicr, un service solennel pour M. d'Armeiionville. (!b.)

a 2/ novembre. L'intendant avait d'abord demandé iiOO hommes; puis il se réduisit à 200; on trouva encore ce chiffre exagéré et on recourut à f'Evéque pour obtenir diminution. Le 2 janvier I7i3 il fallut emprunter 6,000 livres peur habiller les miliciens. (Ib.)

Bourbon-Conti un autre Te Deum, chanté le 25 mai 1744, à la nouvelle de la prise du comté de Nice *, les réjouissances faites, le 9 et le 10 septembre de la même année, pour le rétablissement du Roi s, et l'enregistrement, accompli au greffe le 2 du môme mois, des provisions de lieutenant-général du bailliage délivrées à Marc-Antoine Nicole du Plessis, sur la résignation de son père *.

M. Davignon , désigné de nouveau par les suffrages de ses concitoyens, fut continué, en janvier 1745, dans la charge de maire On célébra par un Te Deum, le 30 mai, la grande victoire de Fontenoy 6, et la ville reçut, le 21 mars 1746, 2,700 prisonniers de guerre faits à Bruxelles \ Mais un malheur local suivit de près les manifestations de la joie publique : le père des pauvres, le saint évêque de Chartres, M«r de Mérinville, mourut le 10 mai. 11 est impossible de décrire la consternation de la population , qui avait eu pendant trente-sept ans le spectacle des éminentes vertus de son premier pasteur ; on lui fit de magnifiques obsèques au séminaire du Grand-Beaulieu 8. Le Roi donna Pévêché vacant à M. Pierre- Augustin-Bernardin de Rosset de Fleury , neveu du cardinal

1 Reg. des Echevins. — * Ib.

3 Ib. Entre autres réjouissances, on jeta des échaudés au peuple. * Ib.

« 30 janvier 1745. (Ib.)

« Jb. — Messieurs de ville avaient l'habitude, lorsqu'ils sortaient pour un Te Deum ou un feu de joie, de se faire précéder par des joueurs de violon. Le personnel de cette musique , reconstitué au mois d'août 1 744 , se composait des sieurs Michel Dumont, Paul Septier, Simon Creusas et Martin Robert, tous maîtres de danse. Au mois d'août 1745, on remplaça les violons par des hautbois marqués aux armes de la ville , attendu qu'il paraissait plus convenable que , dans les cérémonies , les ménétriers jouassent du hautbois pour accompagner les tambours. (Ib.)

7 Notes du notaire Lelellier.

» 15 mai 1746. Procès-verbal de l'inhumation de M. de Mérinville. (Heg. des Erhev.) — Ce prélat fut un des plus vertueux évéques qui aient occupé la chaire de Chartres; le peuple, à sa mort, se disputa des lambeaux de ses vêtements comme s'il eût été canonisé; une foule immense accourue de tous tas coins du diocèse vint pleurer sur son cercueil , et , malgré l'égoîsmc de notre siècle , son souvenir est encore vivace aujourd'hui dans quelques familles de l'ancienne bourgeoisie.

M. de Mérinville fit bâtir à ses frais une aile du grand-séminaire de Beaulieu et le séminaire Saint-Charles, rue du Marché-à-la-Filasse.

de ce nom , et ce prélat, qui prit possession le 5 décembre se montra bientôt digne de son vénérable prédécesseur.

La mairie de M. Michel Davignon cessa au mois de janvier 1749, mais cette charge ne sortit pas do sa famille. Les suffrages portèrent en tête de la liste des candidats M. Claude Davignon , ancien procureur du Roi de l'Election , et le duc d'Orléans confirma le choix populaire \ Il paraît qu'à partir de cette époque le règlement du 16 décembre 1735 reçut quelques modifications, car M. Claude Davignon fut continué dans ses fonctions au mois de mars 1751 au mois de juillet 1753 4 , et au mois d'avril 1757 \

La paix générale, signée à Aix-la-Chapelle le 18 octobre 1748, donna lieu, aux mois de février et de mars 1749, à de brillantes fêtes, dans lesquelles les édiles chartrains dépassèrent tout ce qui avait été fait en pareille occasion \ La naissance du duc de Bourgogne, fils du Dauphin (13 septembre 1751), fut encore le signal de réjouissances. A cette occasion, la ville, suivant les intentions du Roi, employa une partie de la somme destinée aux plaisirs publics à doter huit jeunes filles pauvres 7.

1 Beg. des Echevins.

* 1" février 1749; Ib.

» 13 mars 1751 ; Ib.

* i6 juUlet 1753; /*.

» 28 avril! 757; 76.

* La publication était faite par les clercs de la Basoche à cheval. L'un d'eux habillé en hérault, avec une couronne sur la tôle, criait la paix par Ie6 carrefours; les autres portaient des drapeaux. On ne fut pas satisfait de la manière dont ces jeunes gens s'acquittèrent de leur mission en 1719, et on consigna sur les registres l'expression du mécontentement de la ville. (18 février 1749; Ib.)

Un feu d'artifice en réjouissance de la paix fut tiré sur la place des Halles le 10 mars. (Ib.)

Des prisonniers du pays de Waldeck. , détenus à Chartres depuis trois ans , étaient partis pour la Hollande le 22 janvier. (Notes du notaire Letellier.)

7 Lettre du duc d'Antin, du 20 septembre 1751. — La ville dépensa 4,154 livres en fêtes et dota les huit pauvres filles de 100 écus chacune; leur mariage se fit à Saint-Aignan , avec la plus grande pompe, le 23 novembre, (fieg. des Echevins.)

Je ne puis passer sous silence le Jubilé qui fut prêché à Chartres par le père Bridainc , dans les mois d'octobre et de novembre 1 751 . Les sermons du fameux missionnaire attirèrent à Notre-Dame une foule immense, avide de recueillir cette parole entraînante dans sa rudesse et sa franchise plébéiennes. Le 21 novembre, jour de la clôture , il v eut une immense procession et une plantation de croix au cimetière

Le duc d'Orléans mourut à 1 abbaye de Sainte-Geneviève, le 4 février 1752 ; on célébra, le 23, un service solennel à la mémoire de ce Prince, et on envoya complimenter le duc de Chartres , son fils et son successeur dans son titre et son apanage 1 .

Quelques affaires intéressantes pour la ville se traitèrent aussi pendant ces années. C'est à l'administration de M. Bouvart et de MM. Davignon que Chartres doit l'organisation d'une compagnie de pompiers. Au mois de décembre 1740, on lit construire deux pompes à incendie, l'une à Paris, l'autre à Rouen * , et on forma à la manœuvre des incendies une escouade de seize ouvriers. Le salaire des pompiers fut fixé, le 14 juillet 1745, à 30 sous par jour de travail a. Le 20 février 1754, on décida que, pour se faire reconnaître dans les incendies, les pompiers porteraient un bonnet de coureur, en drap bleu, garni d'un bord d'or faux avec une frange pareille, et sur la face duquel une tleur-de-lys en cuivre doré serait attachée'.

Le collège de Pocquet, cette belle œuvre de la bourgeoisie chartraine, ne cessait d'être l'objet de la sollicitude de la Chambre ; or, sa prospérité était parvenue à un degré tel qu'en 1743 la seule classe de rhétorique possédait 92 élèves \ Les professeurs avaient toujours été des gens distingués; on citait parmi eux les sieurs Beaurain, Bernouville, Hardi, Gombault, Huchetet Danchet, l'auteur dramatique 9 . Chaque année, la distribution des prix était précédée par des exercices et des représentations de pièces de théâtre, dans lesquels on appré-

Saiut-Thomas , hors la porte des F<pars. La croix en fer. avec ornements dorés, pesant environ 000 livres, fut portée par 10 jeunes jjens, pieds nuds; on compta a la procession 1,180 jeunes Glles voilées et couronnées de fleurs; les hommes, les femmes, les garçons, Messieurs de la Ville, du IYésidial et de l'Election venaient ensuite; Monseigneur, crosse et initié, et le clergé fermaient la marche. (Notes du notaire Letellier.)

1 Key. des Eckevins.

« 11 décemhre. (thj

> th. — * th.

15 30 ootidne. (th.;

8 th.; Séance du Kî nnùl 17ÔÔ.

ciait l'intelligence des élèves et le zèle des maîtres. En douze ans cette splendeur s'évanouit, et, en 1755, au lieu de 60 ou 80 élèves par classe, il y en avait à peine 15 ou 16. On attribuait cette décadence à la mauvaise gestion du principal , Michel Perrineau , qui, après avoir bien administré pendant quatorze ans , était accusé de négliger complètement ses devoirs et de s'attribuer les revenus de la prébende préceptorale, du prieuré de Saint-Michel et autres attachés à la principalité, sans souci du besoin des classes et du bien-être des régents. Il y eut des plaintes très-vives contre ce fonctionnaire au mois d'août 1755, et le corps municipal, pour lui témoigner son mécontentement, refusa d'assister à la distribution des prix \ M«r de Fleury et le Chapitre usèrent aussi de leur droit de remontrance, comme administrateurs -nés du collège. On remarqua une légère amélioration pendant les années suivantes , mais les bonnes études et par suite les bons élèves ne reparurent que sous la principalité de M. Berthinot, qui remplaça M. Perrineau le 4 octobre 1760 ".

M. le Dauphin et Mmp la Dauphine honorèrent Chartres de leur présence le 19 juin 1756. Ils avaient été précédés par

1 Iieg. des Echevms; Séances des 12 et 13 août 1755.

Les principaux habitants adressèrent à l'Evoque, nu Chapitre et su Corps de ville, une requête dont la minute fut déposée chez M1' Champion, notaire, le (i août 1755. et dans laquellé on opposait l'étal florissant du collège pendant la principalité de MM. des Ligncris et Dueué à la chute qu'il avait éprouvée sons M. Perrineau; on s'y plaignait surtout de la diminution sensible du nombre des étudiants , de la désertion du pensionnat, du défaut d'ordre et d'instruction, de l'arbitraire des jours de congé, de la décadence des études, de la dissipation des écoliers et du découragement des maîtres. Cette requête portait les signatures de MM. Sochon du Brosseroo, président au Présidial ; Bouvart, assesseur criminel; Grandet, Thorin, Dutemplc, Feuillet, conseillers; Gartiier, procureur du Roi; Le Maire, avocat du Roi; Clavier, greffier; Leroux jeune , président des consuls ; Relesrne, Lcfehvre, Vintant, Vabois fils, conseillers; Touraille, Juteau, Duhan, Huchcdé, Rousseau, Levassor, Gougis, anciens présidents; Trihallet, commissaire des guerres; Chanccrcl et Levée, élus; Compaignon de Marchéville, médecin du Roi; Mahon, docteur en médecine; Pétion, maire de Loêns; Romier, Touraille, Ctierton . Janvier de Klain ville, Pétion, avocats, etc. (Voir la brochure intitulée Projet concernant le rollt-f/e roy\il de Chartres, etc. Imprimerie de Fr. Le Tellier, imprimeur du Roi, de la ville et du Chapitre, 1781.)

» Heg. des Echcnns. — • M. Francis Berlhin'U était prêtre du diocèse de Dijon et bachelier en théologie.

M. le comte de Surgères, qui fit enregistrer au greffe de la Chambre, le 17, ses provisions de gouverneur \ La réception fut splendide, et Monseigneur, en partant le 21, en témoigna son contentement \ Les dépenses faites en cette circonstance, quoique plus considérables que celles habituelles en pareil cas, n'étaient rien auprès de la charge qui greva au mois de septembre la caisse municipale. 'Trois divisions du régiment étranger de Fischer, fortes de 4,000 hommes, vinrent tenir garnisou à Chartres; les deux casernes ne suffisant pas, ou fut obligé de mettre beaucoup de soldats dans les greniers de Loëns et dans les maisons vacantes; on logea les officiers chez les bourgeois Deux divisions partirent au mois d'octobre, mais la troisième resta jusqu'au mois d'avril 1757 \

La ville, émue d'indignation, comme toute la France, à la nouvelle de la tentative régicide de Damiens, au mois de

1 Le corps municipal alla recevoir M. de Surgcrcs à la porte Saint-Michel. (Iieg.

des Ecltevins.)

» Le Dauphin et la Dauphinc arrivèrent sur les trois heures et demie à la porte Chàtclet, dans un carrosse à huit chevaux. Ils trouvèrent à leur rencontre toutes les communautés et corporations en habits de gala , les clercs de la Basoche portant les drapeaux, l'Oiseau-Royal et une compagnie de 100 jeunes gens de la bourgeoisie formant la haie. Le Maire, un genou en terre, harangua LL. AA. RR. au coin de la rue de la Visitation, et M. de Surgères leur présenta les clefs sur un plat d'argent. Messieurs de la Chambre se présentèrent à l'évèché dès que M«r et Mroe la Dauphinc y furent entrés; ils complimentèrent une seconde fois les illustres visiteurs et offrirent au prince quatre douzaines de bouteilles de vin et a la princesse quatre douzaines de boites de corilitures. Quatre échevins allèrent ensuite saluer M'»« la duchesse de Brancas, dame d'honneur, M. le marquis de Sasscnagc, chevalier d'honneur, et M. le comte de Maillv, premier écuyer.

Le Dauphin et la Dauphinc furent entendre le salut à Notre-Dame après vêpres; tout le clergé , l'évéque , crossé et mitré , en tète , les accompagna de 1 évéché à la cathédrale et les reconduisit de même. Le soir il y eut une magnifique illumination dans le jardin épiscopal. Le lejideniain , les princes allèrent visiter le couvent des Carmélites; toutes les rues, de l'évèché à ce couvent, étaient tendues de tapisseries de haute-lice.

Leurs Altesses royales repartirent le 21 , à neuf heures du matin; tou'es les corporations et communautés en armes étaient rangées dans la cour de l'évèché. Le l'rince manifesta plusieurs fois son contentement par des signes de tète et de main. (Récit inséré dans le Heu. des Echevins. — Voir aussi les Notes historiques trouvées parmi les minutes du notaire Lctcllier, aujourd'hui étude de M* Moulin.)

a l septembre 1756. (Hey. des Echevins.) — Le régiment arriva le 9 septembre. (Notes du notaire Lclellier.)

* 10 octobre. (Ileg. des Echevins.) — I l avril. Départ du régiment de Fischer pour Menron . (Xntrs du notaire Lelcllier.)

janvier 1 757, fit célébrer une neu vaine à l'autel de la Vierge- Noire pour la prompte guérison du Roi !. Les heureux débuts de la campagne d'Allemagne comblèrent bientôt de joie le royaume ; à Chartres on chanta un Te Deum le 21 août à l'occasion de la prise de la ville de Hamelen en Westphalie \ Mais la funeste journée de Rosbach (5 novembre) changea pour longtemps cette joie en tristesse. Un malheur local vint

ï peu après ajouter sa fâcheuse réalité aux inquiétudes jetées

dans les esprits par les événements politiques ; soixante maisons du quartier de Nicochet, à l'extrémité du Grand-Faubourg,

f brûlèrent dans la nuit du 26 au 27 mai 1 758 \

M. le duc d'Orléans avait décidé, au mois de février 1754, que les élections du maire et des échevins se feraient dorénavant au mois de mai, au lieu du mois de janvier Les élections

i de mai 1758 portèrent à la mairie M. Garnier de Marigny,

procureur du Roi au bailliage , et ce choix fut ratifié par le prince apanagiste V

Les années 1759 et 1760 favorisèrent peu la ville. M™ la duchesse d'Orléans mourut le 9 février 1 759 et la Chambre fit célébrer un service solennel à son intention*. Les nécessités de la guerre forcèrent le Roi à établir divers impôts temporaires. Chartres fut taxé, par une déclaration du 3 janvier, mise à exécution le Ie* mars, à la somme de 20,000 livres, à titre de don gratuit , ce qui lit augmenter les droits d'octrois sur les boissons et le bois, ainsi que le droit de pied-fourché \

1 Beg. de* Echevins. — * Ib.

■ Notes du notaire Letellier. — Les maisons de cette partie du faubourg furent reconstruites a l'aide des libéralités de M. de Flcury.

Au mois d'octobre 1758, on chanta un Te Deum, d'après un mandement de TEvéaue, à l'occasion des succès remportés par les troupes royales en Hesse, au Canada et en Bretagne.

* 19 février 1751. (Beg. des Echevins.)

* Ce magistrat fut installé le 13 juin. (Ib.)

7 lb.; Séance du 1" marc. — La perception , qui donnait environ 1 ,500 livres par mois, fut confiée à M. Assclin, directeur des Aides. (Ib.)

Au mois de février 1 760, le Roi ajouta un sou pour livre à tous les droits perçus à quelque titre que ce fût pendant dix ans \ Le 22 mars suivant, la Chambre reçut communication do l'arrêt du Conseil du 24 décembre 1759, portant que les communautés qui avaient acquis des offices municipaux en 1 733 et qui voudraient se dispenser de fournir homme vivant et mourant, seraient tenues de payer dans les six mois une finance réglée proportionnellement à leurs achats \ Le 27 août, l'Intendant d'Orléans fit remettre aux échevins de Chartres le rôle de l'imposition dite de Y Industrie, inventée depuis peu, et celui de l'abonnement annuel des francs-flefs \ Enfin , la ville dut encore verser sur les recettes des octrois, eu i760, une somme de 20,000 livres, comme don gratuit \ et le Chapitre envoya presque tous les joyaux de Notre-Dame à la Monnaie contre des récépissés portant intérêt au denier 20

M. de Surgères étant mort au mois de mai 1760, le gouvernement, la capitainerie et le titre de grand-bailli passèrent au comte de Surgères, son tils, qui en avait la survivance \ Le maire de Chartres devait changer au commencement de 1761, mais M. Garnier de Marigny fut continué pour trois ans encore dans cette charge qu'il remplissait à l'entière satisfaction de ses administrés \

ïï fut question pour la première fois, en 1 761 , de transporter le collège, de la maison de Chinche, dans celle des Allés de la Providence, rue Muret. M. l'Évêque était l'instigateur de cette mesure qui , proposée à la Chambre dans la séance

1 Iieg. des Ecbeviiis; Séance du 18 mars.

* lb. — Moyennant cette finance, l'arrêt du Conseil du 18 octobre 1735 porlaut réunion des charges à l'hôtel-de-villc, fut confirmé par lettres-patentes du 9 juin 17152. (Mémorial, six derniers mois de 1702, f° 200; Arc», imp., sect. Domaniale.)

s Heg. des Echevins.

* 18 lévrier 1700. (lb.,

* Papiers du Chapitre, Inventaire, p. 121; Arc», départ.

« 12 mai. .Service pour M. de Surgrrcs. llifg des Echerin<.j

* 29 avril 1701 .(lb,

du 7 octobre , fut repoussée à cause du mauvais état des finances de la ville et des grandes dépenses que cette translation occasionnerait. M. de Fleury, soutenu par M. de Cypière, intendant de la généralité d'Orléans, revint à la charge le 17 octobre, et cette fois le corps municipal donna un avis favorable, parce que la maison des filles de la Providence et les travaux d'appropriation ne devaient coûter que 12,000 livres. L'acquisition eut lieu immédiatement; cependant les lettres-patentes, obtenues pour la sanctionner, au mois d'août 1762, ne furent enregistrées que le 13 août 1763 ; la translation eut lieu immédiatement après , par les soins du bureau d'administration du collège créé en vertu de 1 edit du mois de février précédent1.

La paix générale, signée à Paris le 10 février 1763, fut publiée à Chartres le 9 juillet avec une grande solennité *.

Le résultat des élections de mai 1765 maintint encore M. Garnier de Marigny dans les fonctions de maire " ; mais cette fois la séance de ce magistrat ne fut pas de longue durée, car un édit du même mois vint modifier de nouveau l'organisation des administrations municipales. D'après cet édit, le

• Voir délibérations des 7 et 17 octolire 17G1 et 9 mars 1762. (lieg. des Echcv.) Les bâtiments de Pocquet étaient , il est vrai , en mauvais état , mais ceux des

fdles de la Providence ne valaient pas mieux. Si l'on en croit le Projet de 1784 et la délibération des administrateurs qui l'adopta, le nouveau local du collège ne présentait qu'un assemblage incohérent de bâtiments d'étages inégaux, construits en bois, et tombant de vétusté, des escaliers impraticables et dangereux, une chapelle dans laquelle il n'a pas été possible de procurer aux écoliers externes une entrée par la cour intérieure , des classes trop étroites , malsaines . humides , d'une excessive chaleur en été, d'un froid glacial en hgver, des galetas pour servir de dortoirs aux pensionnaires en petit nombre entassés pendant la journée dans une petite chambre où ils étudient. (Projet concernant le collège royal de Chartres. Brochure imprimée chez F. Le Tellier, 1781.)

M. de Fleury avait depuis longtemps le désir de procurer à son palais épiscopal une vue [dus belle et plus étendue ; la cession de I ancienne maison de Cliinche à l'évèché permettait au prélat d'exécuter son projet. Tel fut le vrai motif de la translation du collège.

* Heg. des Echevins. — Lrs clercs de la Basoche qui servaient de hérauts et de porte-drapeau , étaient vêtus a la Romaine , d'après des dessins exécuté* par M. Bcrthinot, principal du collé^.

8 tî) mai. (Ib )

corps de ville dut être composé d'un maire, de quatre échevins, de six conseillers de ville et d'une assemblée permanente de quatorze notables. Les notables, nommés par rassemblée générale des habitants, formaient eux-mêmes un conseil d'électeurs, qui était présidé par le Lieutenant-général du bailliage, et qui choisissait les candidats à proposer au duc d'Orléans pour les diverses fonctions municipales. Les élections se firent dans le mois d'avril 1766 pour les notables \ et dans les mois de juin et de juillet pour le maire, les échevins * et les conseillers * ; M. des Ligneris , gentilhomme , l'un des candidats présentés pour les fonctions de maire, fut choisi par M. le duc d'Orléans et installé, en cette qualité, le 23 juin 1766*.

Des malheurs publics et particuliers assombrirent les années 1766, 1767 et 1768. La mort du Dauphin, arrivée le 20 décembre 1765, causa d'universels regrets, auxquels Chartres s'associa par un service funèbre qui fut célébré le 1 7 janvier 1766 \ Un an après, la Dauphine suivit son époux dans la tombe \ Cette pieuse princesse laissa à la ville de Chartres un souvenir touchant de son passage sur la terre ; M. de Fleury

1 28 avril. (Reg. des Echevins.) — Les notables, élus par l'assemblée générale des habitants, furent MM. Billettc, chanoine, Lesage, curé de Saint-Hilaire , de Villeneuve, gentilhomme, Lecureau, lieutenant-criminel, Mcslier, officier du grenier à sel, Foreau de Trisay, ancien notaire , Billard, bourgeois, Foreau, avocat, Legrand, procureur, Bardet, maitre en chirurgie, Lefèvre, marchand de toile, Levassor, drapier, Blin, expert-juré, Charpentier, peigneur de laine.

• 23 juin. (Ib.) — Les échevins furent MM. de Villercau , Sochon du Brosseron, président au Présidial, Bruant-Huchedé , bonnetier, et Breton.

8 22 juillet. (Ib.) — I.es conseillers furent MM. Parent, premier président du Présidial , de Paris , conseiller d'honneur du Bailliage , Touraille , avocat , Bruant l'ainé, président au Grenier à sel , Gougis l'aîné et Billart, bourgeois.

4 Les concurrents de M. des Ligneris étaient MM. Nicole, lieutenant-général du Bailliage, et Parent, premier président du Présidial. Chacun d'eux avait obtenu 13 voix. 1

Après la séance d'installation , le maire fut reconduit à son hôtel par le corps de ville, précédé des tambours et violons; M. de Villercau, premier échevin, le harangua et lui offrit douze bouteilles de vin au nom de la ville. (Ib.)

• lb.

• 15 avril 1767. Service pour le repos de l'àme de M« la Dauphine. (Ib.)

manda à MM. du Chapitre, le 21 mars 1767, que M" la Dauphine avait légué son anneau nuptial à la sainte châsse de Notre-Dame \ Rassemblée des notables, présidée par M. Louis-Jean-Baptiste Asselin qui venait de succéder, par voie de résignation, à M. Nicole dans la lieutenance-générale, eut à s'occuper, le 5 janvier 1768, des moyens de prévenir une émeute rendue probable par la cherté du pain \ On fut sur le qui-vive pendant ce rude hiver, et il fallut faire de grands sacrifices pour soulager les pauvres. Marie Lecsinska, la reine bien-aimée, mourut le 24 juin 1 768 ; un service pour le repos de son âme eut lieu à Chartres le 20 octobre \

La séance de quatre ans de M. des Ligneris étant expirée au mois de juin 1770, on procéda à de nouvelles élections qui appelèrent à la première magistrature de la ville M. Marie- Vincent -Jacques Parent, premier-président du Présidial \ Mais rien n'était mobile à cette époque comme les organisations municipales; un édit du mois de novembre 1771 créa, moyennant finance, une nouvelle série d'officiers sous les noms connus de maire, lieutenants de maires, assesseurs, échevins, etc. La ville fit des démarches pour obtenir, à prix débattu , la réunion de ces charges au corps municipal , et elle l'obtint par arrêt du Conseil -d'État du 16 mars 1773. Un arrêt du 13 avril suivant, conséquence du premier, décida qu'à l'avenir le corps de ville de Chartres serait composé d'un maire , d'un lieutenant de maire , de quatre échevins , de quatre assesseurs, d'un syndic-receveur et d'un secrétairegreffier; détermina le nombre, par corporations et par paroisses, des membres formant l'assemblée générale des habi-

1 Séance du 21 mars; Reg. capit.

* La gelée rendit le blé cher et les farines rares. Il n'y avait par jour, chez les vingt-six boulanpers de Chartres , que trois muids de farine , au lieu de huit nécessaires à l'approvisionnement des habitants. ( Heg. des Echevins.)

8 Ib. — On ressentit, le i*r décembre 1769, entre cinq et six heures du soir, deux secousses de tremblement de terre. (Notes du notaire Letellier.)

1 2 juin 1770. (Beg. des Echevins.)

tants; continua transitoiremcnt M. Parent dans les fonctions de maire pour trois ans; nomma , pour deux ans, à la charge de lieutenant de maire, M. Foreau, premier échevin ; choisit pour échevins MM. Billard et Levassor qui l'étaient déjà et MM. de Bruet de la Chesnayc et Pétion, anciens conseillers de ville; donna les charges d'assesseurs à MM. Le Tellier, Huchedé, Chancerel et Clavier, autres conseillers, et maintint le sieur Clavier dans l'office de sjndic-receveur et le sieur Foisy dans celui de secrétaire-greffier1. Ce règlement, qui contenait, en outre , des instructions sur les élections , fut enregistré au bailliage le 21 mai 1773 \

11 ne se passa rien de remarquable durant la mairie de M. Parent 8, sinon quelques réjouissances ou deuils officiels à l'occasion de la naissance du duc de Valois, fils du duc de Chartres (octobre 1773) *, de la mort de Louis XV (10 mai 1774) B et du sacre de Louis XVI (11 juin 1775) \ A l'expiration de la période de trois ans, les suffrages et l'assentiment du duc d'Orléans portèrent à la présidence du corps muni-

I Cet arrêt a M imprimé chez F. Le Tellier fils , imprimeur de la ville, rue des Trois-Maillets , 1773. Il se trouve en original aux Archives impériales. (Section Admin., E, 3,i0i.)

* Be/j. des Echevins.

5 Au mois de juillet 17712, le sieur Hoyau, ancien cartier-imagier , commença la construction d'une salle de spectacle sur un terrain situé derrière le Grand-Four, en face l'église Saint-Saturnin. (Notes du notaire Letellier.) On joua dans cette salle, pour la première et la dernière fois, le dimanche 4 mars 1780, une comédie-parade intitulée la Nuit de Janot ou le Triomphe de mon frère. L'auteur, qui garda l'anonyme , avait imité deux pièces de Dorvigny : Janot ou tout ce qui reluit n'est pas vr, et les battus paieront l'amende.

* 0 octobre 1773. M. Pitoin, intendant des finances du duc d'Orléans, informe la ville de l'heureux accouchement de la duchesse de Chartres.

31 octobre. Te Deum. à cette occasion, dans l'église des Cordeliers; distribution de pain aux pauvres , décharges d'artillerie et illuminations.

W novembre MM. Pétion et Chancerel, échevins, sont envoyés à Paris pour complimenter M™* la duchesse de Chartres. (lieg. des Echevins./

5 3 mat 1174. Ouverture des prières des Quarante-Hcures , à Saint-Martin-le- Viamlicr, pour le rétablissement de la santé du Roi.

13 mai. Réception d'une lettre de Louis XVI, en date du 11 mai, annonçant la mort de Louis XV. (Ib.)

s 23 juin 1773. Te Deum et illuminations pour le sacre du Roi.

II y avait alors en garnison un escadron de 100 hommes du régiment des carabiniers de Monsieur. (1b.)

cipal M. Louis-François, marquis des Ligncris, seigneur de Méréglise , et l'installation de ce nouveau maire eut lieu dans

f la séance du 3 juin 1 770 \

Un meurtre accompagné de circonstances horribles jeta Chartres dans la terreur en 1777; le chanoine Pctey, grandpénitencier, fut assassiné avec sa servante, dans sa maison du cloître, le 16 avril. Toutes les recherches de la police restèrent infructueuses, et l'impunité enhardit tellement les rôdeurs de nuit que Ton dut prendre des mesures de sûreté extraordinaires. On organisa en juillet une forte patrouille *, et on pria le prince de Montbarrcy, ministre de la guerre, d'envoyer à Chartres un détachement de trente ou quarante hommes. Il n'en fallut pas moins pour rassurer les esprits 8. L'arrivée du régiment des dragons de la Reine , le 24 février

l 1778, et les abondantes aumônes de l'Evèquo pendant les

rigueurs de l'hiver, achevèrent de dissiper les inquiétudes des bourgeois peureux *.

Lors du renouvellement triennal des officiers municipaux , au mois de mars 1779, le duc d'Orléans avait choisi pour maire M. de Paris, conseiller d'honneur du bailliage ; mais ce personnage ayant fait agréer ses excuses au Prince, M. le marquis des Ligneris fut continué dans ses fonctions jusqu'à nouvel ordre \ Ce fut ce magistrat qui reçut, le 8 août 1780, à la tête du corps de ville, M*r Jean-Baptiste-Joseph de Lubersac , ancien évèque de Tréguier, successeur de M. de

1 %. des EcJtevins.

1 Un sergent -major, trois sergents, trois caporaux et vingt-quatre hommes. (3 juillet 1777; Ib.)

3 8 juillet 1777. (1b.)

* M. de Cvpiérc, intendant d'Orléans, mit ù la disposition de la ville une somme de 2,000 livres pour les ateliers de charité. (28 février 1778; Ib.) — M. de Flcury fît prévenir le maire, le H avril, qu'un inconnu lui avait fait remettre huit sacs de 1 ,200 livres et un sac de 101 liv., pour les donner en pur don à la ville, à la condition par celle-ci d'employer cet argent aux choses les plus utiles aux habitants, et que , pour lui , il inclinait pour la conduite des eaux de la fontaine de Luisant à Chartres. MM. Bellicr-Duchesnay et Juteau furent aussitôt députés pour remercier l'Evéqne. (Ib.)

5 Assemblée générale du 31 mars et séance du 12 mai 1779. (Ib.)

Fleury dans la chaire épiscopale chartraiue ' . La mort de M. des Ligneris ût cesser bientôt le provisoire ; les élections portèrent en tête de la liste des candidats M. Bellier-Duchesnay ; le duc d'Orléans ratifia ce choix le 18 décembre, et le nouveau maire fut installé dans la séance du 22 *.

La charge de maire était moins que jamais une sinécure , car on remarquait déjà dans le corps social une sorte d'ébranlement et de décomposition qui se traduisait par des actes de brigandages contre les personnes et les propriétés. Nous trouvons, à la date du 21 août 1781 , un arrêté pris en assemblée générale, qui prescrit au corps municipal de se concerter avec le Présidial sur les moyens à prendre pour assurer le repos public, vu les assassinats et désordres qui se commettent journellement dans la ville *. On ne négligeait pas pour cela les occasions de réjouissances populaires; la naissance du premier Dauphin (22 octobre 1781 ) * et les succès

I M. de Fleury mourut subitement à Paris le 13 janvier 1780. Il avait été* graudaumonier de la reine Marie Lecsinska.

C'était un vertueux pontife , extrêmement charitable , et qui employait le crédit que lui donnait son nom à faire le plus de bien possible; il fut trés-regretté. Malheureusement ce fut sous son éniscopat , et un peu à son instigation , que s'accomplirent les mutilations du chœur de Notre-Dame. La faute en était moins à lui qu'à son siècle.

M. de Lu hersa c fut reçu par le corps de ville avec les plus grands honneurs; on tira l'artillerie, Messieurs allèrent, drapeaux en tête, le complimenter aux Capucins de Saint-Martin-au-Val ; il trouva à la porte Saint-Michel une salle en bois de sapin garnie de tapisserie de haute-lice dans laquelle il se revêtit de ses habits pontificaux, et il fit son entrée au milieu de toutes les autorités, escorté par les compagnies bourgeoises. (Reg. des Echevins; Séance du 25 juillet 1780; Programme.)

3 Reg. des assemblées générales; Arch. de la Mairie.

* Un Te Qeum fut chanté à Notre-Dame le 2H octobre , mais les grandes réjouissances furent remises au 14 novembre. M. Bellier-Duchesnay, maire, et MM. les échevins et conseillers en confièrent l'organisation à MM. Juteau, Janvier de Flainville , du Temple de Rougemont , Bonnet et Petit. Le 1 4 novembre , toutes les autorités , escortées par les compagnies bourgeoises , se rendirent à l'église de l'abbaye de Saint-Père et entendirent une graud'messc qui fut terminée par le chant Exattdiat. L'église était tendue de tapisseries et plusieurs devises ingénieuses rappelaient aux assistants l'événement du jour; on lisait, au-dessus de la porte d'entrée, ce distique latin :

Cresce puer; crescant, optato in l'mine vitœ, Borbomda Austriacis lilia juncta rosis.

II y eut le soir de splcndidcs illuminations à l'hôlel-de-ville , avec force transparents, devises et allégories. La pluie vint malheureusement empêcher le feu d'artifice. On essaya de le tirer le 19, mais l'eau avait tellement imprégné les pièces

des armes françaises en Amérique et sur mer (fin de 1781) donnèrent lieu a de brillantes fêtes. Il se manifestait aussi dès cette époque un besoin d'améliorations qui se prenait à tout : on fit, en mai 1783, des cours publics de boulangerie*; l'Evèque s'occupa, au mois de juillet, de la police des cimetières intérieurs et y interdit toutes les inhumations dans un délai de six mois a; au mois de novembre, le corps municipal adopta le projet du sieur Bouvet le jeune, marchand de soie, tendant à rétablissement d'une magnanerie dans le pays*; au mois de juin 1784, la réforme du collège, que l'on désirait livrer aux religieux bénédictins de la congrégation de Saint-Maur, mit en lutte le corps de ville et le conseil d'administration Ces études plaisaient à l'esprit investigateur de M. Bellier-Duchesnay, dont la mairie dura quatre années entières. Ce magistrat distingué fut remplacé, le 12 décembre 1784, par M. Triballet du Gord, lieutenant de maire, ancien commissaire-ordonnateur des guerres.

Nous mentionnerons pour mémoire , car de plus grandes choses vont fixer notre attention, le Te Dcum chanté le 10 avril 178b pour la naissance du duc de Normandie, second fils du Roi, et le service célébré au mois de novembre 1785 pour le duc d'Orléans, mort le 18, au château de Sainte-Assises 7.

qu'il fallut y renoncer. (Voir le compte-rendu de ces fêtes, inséré par M. E. Bellicr de la Chavignerie dans le Journal de Chartres, n°» des 4 et 7 janvier 1855, et rassemblée générale du 27 octobre 1781 ; Reg. des Echevins.)

1 lb.; Séance du 6 décembre 1781.

« lb.; Séance du 19 mars 1783.

8 lb.; Séance du 16 juillet 1783. — Cependant ces cimetières ne furent définitivement supprimés que par ordonnance de M. Asselin, lieutenant-général, du 12 juin

* lb.; Séance du 19 novembre 1786.

5 Voir le Projet concernant le collège royal de Chartres, approuvé par MM. Asselin, Billard, Drappier, Triballet du Gord, Parent, Brochard du Fresne, administrateurs, le 29 mai 1781. (Brochure petit in-4°, de 40 pages, imprimée chez Le Tellier, 1784.)

• Reg. des Echevins; Séance du 8 avril.

7 24 novembre. Le service eut lieu aux Cordeliers. (lb.)

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