STATISTIQUE CHARTRAINE
Chartres, chef-lieu du département d'Eure-et-Loir, résidence du Préfet, siège du Conseil de Préfecture, du Conseil général et du Conseil de l'arrondissement, contient, avec ses annexes ', une population de 18,234 habitants \ La commune est administrée par un maire nommé par l'Empereur, deux adjoints et un Conseil municipal composé de vingt-six membres. Un commissaire et trois agents spéciaux sont préposés à l'exécution des lois et règlements de police.
Un nombreux clergé satisfait aux besoins religieux. Sans parler du Prélat qui dirige le diocèse, de ses grands vicaires, du Chapitre de sa cathédrale et des chapelains et aumôniers attachés aux couvents et hospices, Chartres possède deux curés de première classe , pour les paroisses de Notre-Dame et de Saint-Pierre, et un desservant pour la paroisse de Saint- Aignan; sept vicaires aident ces pasteurs dans l'accomplissement du service paroissial, et plusieurs prêtres habitués fréquentent chaque église. Le petit séminaire de Saint-Cheron et le grand séminaire de Saint-Charles préparent les jeunes lévites aux ordres sacrés. Il existe dans la ville et banlieue sept communautés religieuses de femmes : les sœurs hospitalières de Saint-Paul, les Carmélites, les Dames de la Visitation, les Filles de la Providence, les Sœurs de Bon-Secours *,
1 Annexes de Chartres : Canton NORD: /.// Banlieue, 8 habitants; Bel- Air. 5id.; Le Hnis-dela-Polerie , Ci id.; Lu Croix-Jumtlin , \\"2 id.; La Croix-Thibault , K id.; /// Crosniere, ',) id.; Hif/eard . liid.; Villemait/re, (>id.; Les Saumons, ,'{ id. Canton SUD: lieaulitu , 100 habitants; Les Chaises, oO id.; La Cmix-des- Vieux- Capucins, 0 id.; Le Caillou, 7 id.; Le Cord , 11» id.; Launay, 22 id.; Le Petit- Archerilliers , 0 id.; Le Puits-Drouel , 105 id.
* En 1855, ii est né dans la commune 2IU carrons et 24-i filles. — Le nombre des décès a été de 2(38 hommes et 282 femmes.
3 Les Sieurs de Bon-Secours, connues sous le nom de Sfi'ttrs gardes-malades de Saint-lleinij ii' Anneau, sont établies depuis peu d'années dans une grande maison du faubourg Saint-Maurice. Elles soignent les pauvres et les malades à domicile, la nuit comme le jour, et portent des secours dans la ville et dans la campagne.
les Petites-Sœurs des pauvres ! et les Dames des Sacrés- Cœurs \ Les Sœurs de Saint-Vincent de Paul sont chargées du service de l'Hôtel-Dieu. Les Frères de la Doctrine chrétienne représentent seuls les congrégations d'hommes.
Chartres est le siège de la Cour d'assises du département 5, qui connaît des affaires criminelles. Les affaires civiles et correctionnelles sont jugées par un tribunal civil 4, divisé en deux chambres et composé d'un président, d'un vice-président, d'un juge d'instruction, de six juges et de trois suppléants; le parquet est tenu par un procureur impérial et deux substituts. 11 existe, pour les affaires commerciales, un tribunal consulaire5, composé d'un président, de quatre juges et de quatre suppléants, choisis à l'élection parmi les notables commerçants. Les affaires de simple police sont portées devant deux justices-de-paix, ayant chacune un juge et deux suppléants \ Un comité de quatre jurisconsultes donne son avis sur les transactions sur procès proposées par les communes et les hospices, et un bureau de cinq membres examine les demandes faites par les indigents qui veulent recourir à l'assistance judiciaire. La procédure est préparée par six avoués ; chaque tribunal a son greffe ; huit huissiers sont commis à l'exécution des mandats de la justice, et deux commissaires-
1 Les Petites-Sœurs des Pauvres , ces admirables filles qui se dévouent à nourrir et héberger les pauvres, mendier pour eux le pain de chaque jour, être, en un mot, leurs humbles servantes et ne vivre que de leurs restes, ont établi une maison à Chartres en 1853. Kllcs demeurent rue de la Tannerie, près de l'impasse aux Cornus.
* Les Dames des Sacrés-Cœurs de Jésus et Marie, connues sous le nom de Dames- Blanches, ont fondé, en 1837, dans l'ancien couvent des sœurs de Saint-Paul, au faubourg Saint- Maurice, un pensionnat qui est devenu très-prospère.
8 On sait que les assises se tiennent ouatre fois par an , sous la présidence d'un conseiller à la Cour impériale de Paris. La cour d'assises est établie dans l'ancienne église du couvent des Carmélites , rue Sainte-Thérèse , à proximité de la prison et du tribunal civil.
4 Le tribunal civil occupe depuis 1841 le nouveau palais-de-justice construit au bout de la rue Saint-Jacques. L'édifice n'a rien de remarquable.
* Le tribunal de commerce est situé sur la butte Saint-Michel , à peu de distance de la rue Régnier.
6 Les audiences des justices-de-paix se tiennent au rez-de-chaussée d'une maison attenante à l'hôtel -de- ville.
priseurs font les ventes publiques de meubles. Huit notaires domiciliés dans la ville prêtent aux citoyens leur utile ministère.
La maison d'arrêt et de justice ', administrée par une commission dite des Prisons, est située h proximité de la Cour d'assises et du Palais-de-Justice.
Chartres est la résidence du Général de brigade commandant la huitième subdivision de la première division militaire, et du Colonel commandant la deuxième légion de gendarmerie ; il s'y trouve de plus une sous-intendance militaire , un dépôt de recrutement et un bureau du géuie. indépendamment de Tétat-major de la compagnie de gendarmerie départementale, la ville possède une lieutenance composée de deux brigades h cheval et d'une brigade à pied, formant un effectif de 16 gendarmes \ La garnison habituelle consiste en quatre escadrons , l'état-major et le dépôt d'un régiment de cavalerie, d'une force numérique de 40 officiers, 900 hommes et 600 chevaux \
Le département des Finances est représenté à Chartres par un certain nombre d'agents de tous les grades, dont voici les principaux : un Receveur-Général , un Payeur et un Percepteur \ pour le service spécial du Trésor; un Directeur de rEiiresistrement et des Domaines, avant sous ses ordres un Inspecteur, un Vérificateur, un Conservateur des hypothèques et deux Receveurs r> ; un Directeur des Contributions directes
1 La prison occupe les anciens bâtiments et lieux réguliers du couvent des Carmélites.
2 La gendarmerie départementale occupe une vaste maison de la place des Epars, qui était autrefois l'auberge iU^ Trois-Mnges.
3 La caserne dite du Tripot a été aliénée par la ville en 1838; celle dite de Saint- André a été supprimée en 18 iS et démolie en 1850. Toute la garnison est casernée aujourd'hui dans l'ancien couvent de Saint-Père , auquel on a ajouté de très-vastes bAtiments.
4 Les rôles de toutes natures de la perception de Chartres se sont élevés, en 1855, à la somme de 302,370 fr. 27 c.
8 Les bureaux de l'Enregistrement et des Domaines de Chartres ont produit au Trésor, en 1855, 808,274 fr. 27 c.
secondé par un Inspecteur, un Contrôleur-principal et trois Contrôleurs; un Directeur des Contributions indirectes auquel sont subordonnés un Inspecteur, un Uccevcur-principal-Entreposeur, un Contrôleur-premier-commis et un Contrôleur de ville ! ; enfin, un Inspecteur et un Directeur-comptable des Postes *. Un Chef de station des lignes télégraphiques électriques est en résidence à Chartres depuis le 1" octobre 1852. La ville fait surveiller ses octrois 8 par un Préposé en chef, afferme les droits de place des foires et marchés v, et a pour trésorier un Receveur municipal.
L'ingénieur en chef des Ponts-et-Chaussées, chargé du service du département, et l'ingénieur ordinaire, chargé du service de l'arrondissement de l'Est, résident à Chartres; mais la principale route impériale est beaucoup moins fréquentée depuis que la ligne de fer de l'Ouest traverse le département dans sa plus grande largeur. Une station de cette ligne, établie à Chartres 5, est administrée par un chef et deux sous-chefs de gare, un chef de section, pour la voie et la traction, et tm chef des ateliers. L'ingénieur en chef des Ponts-et-Chaussées est en même temps agent-vojpr supérieur, pour le service des chemins vicinaux du département; l'inspection de ces chemins, pour
1 L'impAt dos r on tri Initions indirectes a produit au Trésor, en 1855, pour la ville de* Chartres , i()O,O0O fr. , environ.
* La Direction des Postes de Chartres , en ce qui concerne la commune , a produit au Trésor, en 1855, 240,753 fr. 02 c.
3 Les octrois de Chartres ont produit à la caisse municipale, en 1855, 102,253 fr. 81 c.
4 Les droits de place ont produit à la caisse municipale, en 1855, 49,008 fr. 23 c. — Les autres revenus municipaux , non compris les octrois, (centimes additionnels, amendes, locations de maisons et biens communaux , abattoirs, concessions dans les cimetières, concessions d'eau, rétributions collégiales, centimes pour /ï«struction primaire et les chemins vicinaux, etc.) se sont élevés à la somme de 85,373 fr. 10 c.
• La gare est construite hors de la ville , à gauche du faubourg Saint-Jean , sur remplacement des jardins de la place du Vidame et sur le ravin comblé des Vauroux. L'édifice , précédé d'un avant-corps ou portique surmonté d'un fronton , ne manque pas d'élégance. Une cour fermée de grilles le sépare d'une place en hémicycle , d où rayonnent les rues nouvelles de Jean-de-Beauce , Félibien et Nicole.
On peut consulter sur la gare de Chartres la brochure de M. Moutié, intitulée Notice, sur la station de Chartres (Garnier, 1851 ).