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QUARTIER NOTRE-DAME

58» Goitre.

On lit^lans Doyen 1 : * Im construction de l'église occasionna une fouille si considérable que les entoura en devinrent plus élevés: la me de l'Etroit-

» Histoire de Chartres . vol. I", p. 43.

Degré , qui n'était qu'un passage de plain-pied , pour communiqua' de la rue Percheronne dans celle du Cheval-Blanc , en a été rehaussée de huit à dix pieds, et toutes les maisons de cette rue de l Etroit-Degré et celles qui sont à droite, en entrant dans la rue Percheronne, sont encombrées pour la plupart au-dessus du premier étage. » Doyen rapporte certainement ces faits à la construction du temple de Fulbert, car il ne connaissait pas l'incendie de 1 lOi. Mais rien ne semble moins admissible nue cet exhaussement subit des rues du cloître au commencement du XIe siècle; il y a lieu de croire, au contraire, que la différence de niveau signalée par Doven s'accomplit progressivement et très-lentement. En effet, il résulte d'une mention du livre des Privilèges du Chapitre, qu'en 1199, l'escalier dit aujourd'hui Y Etroit-Degré , s'appelait les Trois-Dcgrés, parce qu'il n'avait alors que trois marches, tantum sunt gradus. D'un autre côté, on sait qu'au XVII" siècle il fallait monter de nombreux degrés pour arriver au sol de la nef par le portail royal. Quoi

au'il en soit, l'exhaussement du terrain du cloître n'est très-sensible que u côté de l'occident.

Le cloître fut pavé, en 1 483 , par les soins de l'œuvre, et l'Hôtel-Dieu contribua à ce travail pour 105 livres tournois.

A part l'Hôtel-Dieu, nous ne connaissons bien les édifices ou perrons du cloître 1 qu'à partir du XIIIe siècle. Le principal hôtel, du côté de l'Orient, était celui du Vidante, dit aussi la Toiir-Nirelon, «ju'il ne faut

})as confondre avec la Poterne et le Four-N'ivelon, situés à l'Etape-au-Vin. >t hôtel était placé au chevet de Notre-Dame , entre le palais épiscopal et le prieuré de Saint-Etienne; nous en avons déjà parle plusieurs fois, et nous nous réservons d'y revenir encore en traitant dans notre second volume des faits et gestes des Compagnons du Yidame. Près du Vidamc et de la maison des niarguilliers, aujourd'hui la Maîtrise, se trouvait l'hôtel de Lèves, antique manoir des seigneurs de ce nom. Ce ne fut pas sans contestations et sans déboursés que le Chapitre obtint, en 1259, du sire Jean de Lèves, dit de Bruyères, la permission de clore le cloître derrière cette maison qui avait une sortie sur la ville. Après la mort d'Adam de Bruyères, le Chapitre acheta l'hôtel de Lèves, et se fit maintenir en possession, nonobstant une instance en retrait lignager, engagée, en 1302, parle Vidamc, devant les plaids de la cour épiscopale. Cette vieille habitation était tenue, en 1310, par le chanoine Ihierry, seigneur ès-lois, et, en 1505, par le chanoine Jean Pigeard , à la charge de l'anniversaire de l'évêque Geoffroy de Lèves.

Au midi et à peu de distance de l'hôtel de Lèves, se trouvait une maison dont la porte donnait en face du puits du cloître*, et qui regardait, par derrière, les jardins de Saint-Etienne; elle était habitée, en 1331, par le chanoine Louis de Vieilleville, et, en 1500, par le chanoine Wastin des Feugerais, l'actif promoteur des admirables travaux de Jehan de Beaucc. En 1331, Thomas Pate, exécuteur testamentaire du chanoine Louis Paie, son frère, vendit à Bernard de Chivry, doyen, moyennant 250 livres tournois, une maison dite la Cloche, placée près des précédentes et de la porte Evière du cloître; M* Bobert Benard, chanoine, l'occupait en 1505. Près de la porte de la Petite-Cordonnerie, était situé un hôtel dépendant de la censive des religieux de Vendôme, et appartenant à l'église Saint- Martin de Tours, que Cilles de Bonneval, doyen de Saint-Martin, donna, en 1277, à l'apothicaire Jean de Esseyo. La belle maison ogivale primaire, qui fait le coin de la porte des Changes, était, en 1339, la propriété

« Voir supra, p. 18fi.

* (> puils, «pii se trouvait dans un coin de la place méridionale du cloître, fut creusé en 1S28 et couvert en 1R05, par ordre du Chapitre.

de M* Erard de Diev, chantre et chanoine; or, comme le jardin de ce chanoine se trouvait de l'autre côté de la rue, et s'étendait jusqu'à l'Hôtel- Dieu, il demanda au Chapitre l'autorisation de jeter un pont sur la porte, afin de pouvoir descendre à son jardin au moyen de quelques marches.

A l'ouest, le principal édifice du cloître était l'Hôtef-Dieu , auquel nous avons consacré un chapitre particulier ; il nous reste à faire connaître les perrons construits du même côté. Les religieux de Vendôme possédaient , dans la rue dite aujourd'hui de l'Hospice, une vieille maison ordinairement occupée par les gens appelés li Espicier; en 1327, ils la vendirent, moyennant 126 livres, au Chapitre, qui rabattit, employa une partie des matériaux à la clôture du cloître sur la rue au Ligneau ( Serpente), et construisit avec le reste une petite maison pour les enfants d'aube ( 1:511). Plusieurs maisons de la rue Percheronne appartenaient à l'évéque Jean de Gallandc

3ui en fit donation au Chapitre en 1302; l'une d'elles fut affectée aux clercs u chœur, une autre à l'œuvré, une troisième à la demeure du sous-doyen Jean d'Aubigny. En 1500 et 1501, M"*» François de Mcnou, chanoine , et Esprit de Harville, chancelier de Notre-Dame, habitaient deux de ces maisons situées derrière l'Hôtel-Dieu. Il y avait près de là un four à chaux nue l'on supprima en 1 3 10-131 i , et que l'on reporta dans l'enclos de Loéns. On appelait l'hôtel des Bretons, ou la tour Mirhrl-le-Breton, une grande maison qui faisait face à la porte royale de Notre-Dame, et qui, après avoir été longtemps tenue à titre viager par des laïcs et des clercs, fut achetée et donnée au Chapitre par Mc Pierre Le Riche, sous-doyen, mort en 132G. Cette maison était occupée, en 1503, par le chanoine Christophe de Villiers. Les grands perrons, voisins de celui-ci, se trouvaient, en 1291, dans la succession du doven Robert de Kroville, qui les avait achetés, en 1280, de Gilles, évéque (l'Orléans ; les exécuteurs testamentaires de ce doyen les vendirent au chanoine Nicolas de Domo-Maugis, moyennant 300 livres, par acte du jeudi après Qculi 1201. Ce furent ces maisons que le chancelier Hurault do Chiverny loua, pour Henri III, au Chapitre, moyennant 013 livres par an, suivant bail du 17 février 1582, ratifié lo 23 par le Roi. M* Jean de Saint-Lomer, chanoine, tenait vïagèrement, en 1490, la maison à murailles épaisses qui touche i Etroit- Degré.

Du côté du nord, on remarquait, en 1 103, l'hôtel situé devant la librairie du Chapitre, près de la porte des Lices, où avait demeuré jadis M* Jean de Montescot, et qui était occupé alors par M1" Antoine de la Noue, archidiacre de Dunois. Le chanoine Jean Duhamel habitait, en 1-181, une vaste maison, voisine de la porte Neuve et du eainpanille de pierre de Notre- Dame.

Les portes du cloître changèrent souvent de noms; en voici quelquesuns en usage au Moyen-Age : 1° Porte Percheronne , ou Sarart , donnant sur le carrefour de la Pelleterie (rue du Soleil-d'th) ; 2° Porte d<>s Carneaux, sur la rue ChAtelet (rue Sainte-Même) : 3° Porte des Train-Degrés , ou des Degrés, aujourd'hui de V Etroit-Degré , sur la rue Porte-Neuve '(rue du Cheval- Blanc ) ; 1° Porte Neuve, ou de la Boucherie, ou de l'Horloge, sur la même rue; 5° Porte des Lices, ou du Marché-au.v-Checau.r , sur les Lices (Marché-à-la- Filasse); 6* Porte de l'Evêaue, ou du Cain-dn-Mur, ouverte, en 1110, sur le Muret; 7° Porte des Changes, ou an Ligueau, dite aussi quelquefois de la Cordonnerie , sur la nie des Changes; H° Porte du Coin-de-la-Sataterie , ou de la Petite-Cordonnnie , ou des Quatrc-Fils- Aymon, ou aux Herbes, sur la rue Evïère (rue au Lait) ; 0° Porte Erière ', ou Saint-Etienne, ou do la Rôtisserie, ou de la Gâtée, sur la Rôtisserie

• Il ne faut pas confondre cette porte du cloître avec l'ancienne porte du même nom de l'enceinte de la ville au IX* siècle, dont j'ai parlé à la page 3u8, note t.

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