DES SIX PREMIÈRES CENTURIES ÉQUESTRES
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Dans l'antiquité, la religion était le véritable lien qui retenait ensemble les différents peuples d'une confédération, ou les diverses parties d'une cité. Les fériés latines réunissaient au mont Albain les alliés du Latium, qui venaient y partager la chair des victimes immolées au Jupiter Latiaris. Plus tard, Servius Tullius fît du temple de Diane, bâti sur l'Aventin, le centre et le rendez-vous d'une confédération que Rome dirigeait. Enfin, cité, tribu, curie, famille, toute association naturelle ou politique avait ses pénates, ses dieux prolecteurs. L'autorité domestique et civile se confondait avec le pouvoir religieux, et l'autel avec le foyer. Même les enceintes destinées aux délibérations étaient des temples
1 Ces mes sont développées dans 1rs bellos études de M. Puste! de Coulanges sur la Cité antique
Les trois tribus de la Rome primitive, en se rapprochant pour former une cité, avaient associé leurs cultes. Tile-Live dit 1 qu'elles devaient être toutes trois également représentées dans le collège des augures. Les lihanmes, les Tities et les Lacères, divisés depuis Servius en six demi-tribus, que Festus* appelle les parties du peuple romain, avaient de même six vestales au foyer commun. Tile-Live 3 nipportc à Numa, rétablissement de ce sacerdoce « qui, origi- » naire d'Albe, n'était pas étranger à la nation du » fondateur. » Plutarque, plus explicite sur l'histoire de cette institution, groupe les vestales deux par deux 4 : t On rapporte que Gegania et Verenia furent les pre- » mières vestales consacrées pur Numa. Il consacra » en second lieu Canuleia et Tarpeia. Plus lard, Ser- » vius en ajouta deux autres, et le nombre de six s'est » conservé jusqu'à nos jours. » Chaque groupe de deux vestales, correspond à une des trois tribus. Denys 5 place sous Tarquin l'Ancien, et non sous Servius, la consécration des deux dernières prêtresses. Mais celte contradiction entre Plularque et Denys, est exactement de même nature que celle que nous avons observée 0 , cnlrc Tile-Live ctCicéron, à propos de la création des douze centuries équeslres; et elle se résout de même : c'est un seul fait, dont l'origine est rapportée par deux écrivains, à deux règnes différents.
On pourrait dire, que si les trois tribus avaient existé sous Romulus, il y aurait eu trois vestales
1 Titc-Live, X, 6. - * Festus, M. de M. Ef&cr, p. 152. s. v. Sex Vesta iacerdoles. Comp.Tite-Live, I, 43. — 3 Tilc-Livi», I, 20. — 4plutanpie, Vie de Numa, X. — 6 Deujs, III, 67.-6 Voir plus haut, chapitre II.
avant Nuina. et que si Tarquin avait doublé les tribus de Homuius et les centuries équestres, il aurait dû consacrer, non pas deux, mnis trois vestales nouvelles. Mais il faut remarquer que l'histoire «les institutions romaines sous les rois, est placée en dehors de toute chronologie discutable. On en connaît le plan général ; il est impossible d'en décrire la formation successive. Peu importe que Plularque et Denys aient fait nommer les vestales deux par deux ou trois par trois. Le seul fait réel sur lequel tous les historiens s'accordent, c'est qu'à la lin de l'époque des rois, il y avait six vestales ; que ce nombre resta depuis invariable ; enlin, que les six demi-tribus des Rhamnes, des Tities et «les Luceres qu'elles représentaient, furent des associations religieuses.
Les curies portaient comme les tribus un caractère s:»rré. Elles avaient pour présider a leurs fêtes trente curions ', et les rituels avaient si bien lixé le détail de leurs cérémonies, et les lieux même où elles les célébraient, que, lorsqu'on leur bâtit un temple nouveau *, quatre d'entre elles n'y purent transporter leur culte. Enlin, au temps de Cicéron, quand les curies n'avaient plus qu'une ombre d'existence, et se faisaient représenter aux comices curiates par leurs trente licteurs, aucun général ji'eùt osé commander une armée, sans avoir pris les auspices dans cette réunion
Issues des tribus et des curies, les six centuries équestres des Wtanmes, des Tities et des Luceres, étaient marquées comme elles du sceau de la religion. Les augures avaient consacré leurs noms ', et c'est
l Denys, II, 64. — 2 Festus. s. v. Xorœ. — 3 Ci coron. De lege açraria. II, 11. — 4 Tilc-Livo, 1, 36 Quia inauguralo Homuius [tceral. Comp. I, 43.
m iiistoiri:
pour celte raison qu'Allus Navius s'opposait à ce qu'on y fît aucun changement. C'est ce caractère qui les distinguait mieux que tout le reste des douze centuries purement militaires, enrôlées par Servius ou pat Tarquin- Denys, parmi les huit collèges de prêtres institués par Numa, compte au troisième rang les chefs de (lelcres '. Or, cet auteur confond les Ccleres avec les chevaliers de Romulus \ Une conjecture fort vraisemblable : \ identifie ces chefs des Ccleres avec les chevaliers 1 qui, sous la République, offraient les sacrifices des ides de juillet, et avec les seviri qui, sous les empereurs, conduisaient à la revue solennelle les six escadrons de la chevalerie (turmas).
% II. — Caractère politique des si\ premières cemti'ries toi paires sois
LES ROIS. ANAIOCIF. HP. COMI'OMTIO* OU IMt C»S <:E*1liRI».S AVEC 1.B SÉNAT DES TROIS CENTS MKVUREs
La composition des six centuries équestres consacrées par les augures, était analogue à celle du Sénat, parce que ces deux institutions dérivaient de celle des tribus anciennes. La population primitive de Rome était divisée en trois tribus, et celles-ci en trente curies qui se partageaient le territoire \ Chacune des dix curies de chaque tribu choisit, s'clon Denys d'Halicarnasse e , dix jeunes gens pour faire le service à cheval. Il y eut ainsi cent chevaliers de chaque tribu ; et les cadres de ces corps militaires reproduisaient exactement les divisions politiques de la cité.
i Denys, II, 64. Comp. II. I I. — 2 Voir plus loin rliap. II. $ 4. — :J Lanizo, Anliquilrx romaines. Berlin, I8)ii, lomr I er , p.itre :i2<». — i Denys, VI, 13. — 5 Dcnvs. li, 7. Comp. Vnrion, De titujwi latinn. IV, <> cl llï. - «llenvs.. II. t'A.
DES r.HEVALIKRS ROMAINS 115
Ce furent aussi les tribus et les curies qui choisirent les (eut sénateurs de Romulns 1 . Chacune des trente curies en élut trois; cliaeuue des tribus, trois, et Romulns nomma le centième. Lorsqu'on temps de Tarquin, le Sénat se composa de trois cents membres, et que le roi se lut emparé du droit de nommer les sénateurs, il en choisit dix dans chaque curie. Aussi, lorsqu'il divisa le grand Cirque en trente parties, pour les trente curies-, les sénateurs et les chevaliers se répartirent dans ces places séparées (/bri), pour y dresser leurs loges couvertes (spcclacula) \ Chacun de ces deux ( rdres était doue divisé d'après le même principe (curialim). On trouve encore le Sénat partagé en trente curies (curiatim), au temps de la loi Ovinia '. Knliu, Ovide 5 remarque qu'il y avait dix sections (orbes) dans le Sénat de cent membres, au temps de Romulus, comme il y avait dix escadrons (turmas) dans le rps des trois cents chevaliers. Quand le Sénat fut triplé, ces dix sections durent être chacune de trente sénateurs. Chacune des trois décuries de sénateurs dans une section, comme chacune des trois décuries de chevaliers dans une turma , correspondait à une curie de citoyens. Les Rhanincs, les T'aies et les Lu ceres composaient par tiers la section sénatoriale, comme la turma de chevaliers ,! .
Les six centuries équestres et le Sénat des trois cents se composaient donc de groupes pour ainsi dire symétriques; et cette symétrie était commandée par la loi politique, qui avait associé les trois tribus, et
i Dcnys, H, «2. — « Denys, III. Gs. — * Tue Livo, I, 3o. - » Fostus: Sub verbo Pn.«TEnrri, od. <l»' M. Iv.'gcr. p *»»î: « Comores optimum quetnque clmatim in ses\tum Injrrent. » (Voir ;\ \\ lin du volume la noie 4, au livre I"".) — J 0\i»lc. Funirs, III, vois 1 2 7 et suiv Comp. Titc-I.ivc, I, 17. — « Kcslus : Sub irrbo. tiiuia.
m HISTOIRE
par la loi religieuse, qui avait consacré les droits des chefs de famille. Aussi les accroissements de la chevalerie ont dû suivre ceux des tribus et accompagner ceux du Sénat. Celle correspondance est, en effet, assez bien indiquée dans les ailleurs anciens. Denys 1 dit que les Albains, transportés à Rome par Tullus. furent répartis dans les trois tribus et les trente curies romaines, et le même roi, selon Tile-Live, nomma trois cents chevaliers et cent sénateurs albains. Le projet qu'eut Tarquin de doubler le nombre des centuries équestres, est représenté par Denys comme une atteinte portée à la constitution mémo des tribus *.
Toutefois, le parallélisme de l'histoire des six centuries équestres, et de l'histoire des Iribus et du Sénat, n'a pu être observé exactement par les auteurs anciens. S'ils devaient rester tidèles au système de la constitution romaine, il leur fallait aussi demeurer d'accord avec deux faits également certains : l'existence, au commencement de la République, de deux mille quatre cents chevaliers et de trois cents sénateurs. Or, s'ils avaient doublé le Sénat de cent membres, autant de fois que, selon la tradition, avaient été doublées les trois centuries équestres consacrées par Romulus, c'est-à-dire deux fois ils auraient dû supposer, au temps de Brutus, un Sénat de quatre cents membres, landis qu'il est reconnu qu'il n'en comptait, que trois cents \ Danseurs récits, ils ne se conforment donc a. la logique de la constitution
1 Denys, III, .'H. — •.> Denys. III, 71. — •> Voir pins liaul, chap. I"\ § IV. Les deux premiers doublements <ie la chevalerie ont seuls augmenté les six centuries consacrées. — 4 Titc-Live, II, chap. I« r . Appien, Guerres eiritex I. • '}. Denys, V. 13. Mommsen, Histoire romaine, trail. do M. Alexandre, livre I", cli. V\ t. I ,r , p. M, et eh. M, t. l ,r .p. 114. Paris, 1863.
DKS CHEVALIERS ROMAINS 117
romaine, qu'autant qu'il le faut pour ne point altérer des fails certains, de sorte que leurs inconséquences sont encore plus instructives que leurs raisonnements.
On peut dire d'avance que. d'après l'organisation des curies et du Sénat, la création des sénateurs des familles nouvelles (minorum gentium) a dû correspondre à celle des seconds Hhamnes, Tities et Luceres dans les six centuries équestres. Mais cette nécessité en quelque sorte rationnelle de l'histoire romaine, il fallait la concilier avec les nombres réels des chevaliers et des sénateurs, lels qu'ils existaient en 509 av. J.-C: et ce problème était aussi difficile à résoudre pour les anciens que pour nous. Nous allons parcourir la série des hypothèses diverses qu'ils ont faites pour y parvenir ; et, en montrant leur véritable pensée, nous écarterons les opinions des auteurs modernes qui ont cru pouvoir relever et même expliquer * les erreurs supposées des anciens
Sur l'histoire de la formation du Sénat romain, comme sur celle du collège des vestales et du corps des chevaliers au temps des rois, il n'y a ni vrité ni erreur historique que l'on puisse prouver; il n'y a que des suppositions diverses et équivalentes, imaginées par les anciens pour expliquer le plan général de la constitution, dont nous essayons de fixer les principaux traits.
Cicéron, le plus ancien comme le plus instruit des auteurs latins qui ont parlé de la constitution romaine, semblerait avoir approché plus près que tous les autres de la vérité. Dans le passage où il raconte la création des seconds Hhamnes, Tities et Luceres, par
1 Nipmoyr. cquitibus romanis, Gryphiœ I8.»il.p 22. « rinmni' rrror utulc nrlu* sH in aperto c»t. » <M page 23.
Tarquin l' Ancien, il dit aussi 1 : « Ce roi doubla l'an - » cien nombre des sénateurs: ceux qui siégeaient » aujKii avant, il les appela sénateurs des anciennes » maisons (majorum gentium). C'étaient ceux qu'il ' consultait avant les autres. Ceux qu'il (itentrerdaus » celle assemblée furent nommés sénateurs des mai- » sous nouvelles (minorum genûum). •
L'ensemble du passade établit licitement la corrélation entre le doublement du nombre des chevaliers des centuries consacrées, et le doublement du nombre des sénat eu rs.
Combien, d'après Cicéron. y avait-il de sénateurs avant Tarquin?
Aucun écrivain., excepté le grammairien Servius \ n'a parlé d'une augmentation du Sénat sous les deux derniers rois, et rien n'autorise à penser que Cicéron ail cru, comme ce commentateur de Virgile, a la nomination de sénateurs des nouvelles maisons, par Servais Tullius. Il a donc attribué à Tarquin l'Ancien l'honneur d'avoir complété le Sénat aussi bien que le corps des chevaliers. Il a supposé qu'il y avait avant Tarquin cent cinquante sénateurs des maisons anciennes, et qu'il avait nommé cent cinquante sénateurs de maisons nouvelles. Le Sénat aurait, d'après Cicéron, atteint par ce doublement, le chiffre définitif de trois cents membres.
Nous trouvons chez Denys \ la trace de celle opinion qu'il ne partage pas.
« Sur l'introduction des Sabins au Sénat, presque » tous ceux qui ont écrit des histoires romaines sont
>r.ircmn, Ih Krimhhc", II. 30. - Sm iiK Ad .t:,ui,Us r rmm 126 |.l,ri I. - lOciiy,, II. V7.
DKS f.llKVAMKRS «OMAINS
» d'accord *; mais quelques-uns diffèrent sur le nom- » hre des sénateurs qui fuient ajoutés à la liste. Ils * prétendent que ce ne furent pas cent, mais bien » cinquante nouveaux membres qui entrèrent au Sé- » nat. » Cicéron se rangeait à ce dernier avis, et expliquait ainsi la formation du Sénat des trois cents :
loti Sénateurs romains uorniw>s par.Homulus J e.-o '\-n«t«or>
| mujorum
oO ici. sabins inscrits aptes l'arrivée de Taiius.) gemium.
300 Sénateurs.
Le compte de Tile-Live est différent, mais il aboutit au même résultat. Il n'admet pas que la paix entre Romulus et Talius ait amené l'adjonction au Sénat de cent, ni de cinquante Sabins v ; car. pendant l'interrègne qui suivit la mort i|u fondateur de Rome \ il ne compte encore que cent sénateurs. En revanche, il fait entier dans le Sénat cent Albains au temps de Tullus ■'. et. les cent derniers sénateurs, au temps de Ta rq ni n '
« Tarquin nomma cent sénateurs, qui furent appe- » lés sénateurs des nouvelles maisons (minorum yen- » liumj. » D'après cet historien . le roi étrusque qui, par la nomination des seconds lihamnes, Luceres et Tities, doubla la chevalerie, n'aurait donc augmenté le Sénat que d'un tiers. Mais Titc-Live n'était pas libre de mieux 'proportionner les accroissements des
l I. 'assertion île henysesl hop vrnerale. 'liie-l.i\e ne rroiJ p.isque le Séna' ail /le acern après l'arrivée <ii-s S.tli n>.- — -.'Tiie-Liw. 1. 8. et I. 13. — Iiie-I.ive. I, I". — ■ Titel.nc. 1, -0.- •'- Tilr- Live, 1, 3'i et 36.
liO HISTOIRE
deux ordres. Ayant déjà compté cent sénateurs de Romulus, et cent sénateurs albains de Tullus, il ne pouvait dépasser le nombre total de trois cents, ni faire nommer par Tarquin plus de cent sénateurs des maisons nouvelles. C'est donc par respect pour une vérité historique qu'il a été inconséquent.
Mais ignorait-il le fait attesté par Cicéron, qu'à la lin de l'époque des rois, les sénateurs des maisons nouvelles étaient aussi nombreux que ceux des familles anciennes? Non, car il revient au même point que Cicéron. par une voie détournée. Les nouveaux sénateurs, dit-il. formaient le parti de Tarquin l . C'est à eux que Tarquin-le-Superbe adressa ses flatteries, pour en faire les complices de son ambition criminelle et, lorsqu'il fut devenu roi, il choisit pour victimes les plus nobles sénateurs, ceux des maisons anciennes. Il laissa plusieurs de leurs sièges vacants \ Ce fut Junins Brulus 1 qui lit entrer au Sénat les plus illustres des chevaliers, pour rétablir le nombre normal de trois cents sénateurs. De là vint, dit-on. l'usage de convoquer au Sénat, les sénateurs et ceux qui ont été inscrits avec- eux sur la liste (conscriptos).
Tile-Live compose donc ainsi le Sénat des trois i enls :
lo:> Sénateurs nommés par Romulus.
1(10 id. aloains.
100 id. <los nouvelles maisons, nommés par Tarquin.
On ne peut douter que, dans la pensée de l'auteur, ces derniers, au lieu de former seulement le tiers du Sénat, n'en aient formé au moins la moitié, après la
ITuc-Live. 1. :;.Y - -TiieUve, I, 47. - « TiicIJve. I. '.!>. - 1 Tile-Live, II, I.
DES CHEVALIERS ROMAINS lîl
nomination des Pères Conscrits, par Brutus. Les Pères Conscrits appartenaient à des maisons nouvelles ; car ce choix contribua beaucoup, dit Tite-Live, à réconcilier les plébéiens cl les patriciens.
Denys qui parle «le celte nomination à peu près dans les mêmes termes (pie Tite-Live. associe à cet acte réparateur Valerius Publicola; et Plutarque, dans la vie de Valerius *, nous donne un chilïre significatif, quoiquc.d une précision un peu suspecte :
« Valerius Publicola remplit les vides faits dans » le Sénat, d'abord par 1rs meurtres de Tarqnin le- » Superbe, puis par le combat du lac Résille. On dit » cpie le nombre de ceux qu'il inscrivit sur la liste des » sénateurs, fut de cent soixante-quatre. •
A en croire Plutarque. ce seraient donc toutes les familles nouvelles (génies minores), qui devraient à Valerius ou à Brutus l'entrée de leurs chefs dans la curie. On arrive ainsi à comprendre un mol de Tacite 3 . Cet historien, combinant la tradition recueillie par Tite-Live. Penys et Plutarque. sur le Sénat du temps de Brutus et de Publicola. avec la pensée de Cicéron sur les cent cinquante sénateurs de Romulus et de Tatius. nous dit que les anciennes maisons patriciennes dataient de Homulus, et les nouvelles (minores), de l'époque de Junius Brutus.
Quant au récit de Denys d'Haliearnasse sur la formation du Sénat, il est d'accord avec celui de Tite- Live, excepté sur un point : il fait entrer dans la curie la seconde centaine de sénateurs après l'arrivée des Sabins de Tatius. et non. comme Tite-Live, après
1 |).'ii\>, V, Ci. — i eiiil.ii'|.n\ l ic (/«• Publicol» M ( oiii|»,iici- 1-YsUis, s \. Qui l'titvr* i/uitjw cwifcripti. - :t Taril«> Annulrx. M. 2b. - » Denys. Il t2H i',. III il cl r,7. V, 13.
22 lllSTOIlîl.
celle des Albaius transportés par Tullus 1 . De loules les promesses que Denvs fait prodiguer par'Tullus - aux Alhains. il eu es! une seule. <pie. d'après ce même auteur, ce roi si sévère contre les parjures, ne put pas tenir : ce lut celle de leur faire une place dans le Sénat romain. Ce n'est pas sans de fortes raisons que le Tullus de Denvs manque à sa parole. Denvs ayant déjà fait entrer à la nirie deux cents sénateurs avec Homulus et Tatius. ne pouvait plus laisser à la disposition des autres rois, que les cent dernières places ; et il réservait à Tarquin l'Ancien Tlionneur de les remplir.
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