FEMMES
régné
parmi les
144 HISTOIRE de morts qui ne s'est pas élevé au tiers de celui des nègres africains libres. II est probable que cette différence lient aux soins bien entendus que les propriétaires donnaient a leurs esclaves, tandis que les nègres libres se trouvaient dans les conditions les plus défavorables. Les nègres créoles ont été beaucoup moins fréquemment atteints que les nègres d'Afrique, ce qui tient sans doute au changement d'habitudes et de climat , aux affections morales , à l'amour du pays, noble et doux sentiment qui suit jusqu'au tombeau l'homme de la nature comme celui de la civilisation, le malheureux courbé sous le poids de la servitude comme le puissant du monde au milieu de ses plaisirs et de ses richesses.
A la Havane, en temps ordinaire, la mortahté est un peu plus grande dans le sexe masculin que dans le sexe féminin pour la population blanche. La proportion est de 55 pour les hommes et de 45 pour les femmes; mais pendant le choléra cette proportion a changé : elle a été de Sg hommes pour 41 femmes. Les gens de couleur ont conservé le rapport ordinaire de 5r morts du sexe masculin , et % du sexe féminin ; mais, en faisant la distinction des mulâtres et des nègres libres ou esclaves, on'voit que la mortalité occasionnée par le choléra a été de
UU CîIOLÈRA-MOKBUS. U5
48 hommes et Icnnncs pour les mulâtres libres.
-'I-O 52 v'i mulâtres esclaves.
56 nègres libres.
5* '^6 nègres esclaves.
En temps ordinaire les proportions sont de :
42 hommes et 58 femmes pour les mulâtres libres,
5Î- mulâtres esclaves.
55 45 nègres libres.
^ nègres esclaves.
J^'où il résulte que les ravages du chole'ra ont été plus grands parmi les femmes mulâtres que parmi les hommes de la même caste, tandis que le contraire a été observé pour les nègres, soit libres, soit esclaves, qui ont succombé en plus grand nombre que les négresses.
Quant à l'âge des victimes, le tableau suivant nous en montre la répartition dans les diverses périodes de ia vie :
HOMMES. EKMMES. TOTAL.
De Oà 7 ans... 606 545 i,151
De 7 à 10 ans 95 90 185 "
De 10 à 15 ans 114 j25 240
-De 15 à 20 ans i52 173 330
De 20 à 30 ans. 555 531 j Qgg
De 30 à 40 ans 400 452 852
De 40 à 50 ans 337 333 ggg
De 50 à 60 ans 035 «36 '71
De 60 à 70 ans II7 156 273
De 70 à 80 ans 51 go J33
De 80 à 90 ans. 20 34 5/^
Age inconnu 1,387 7I8 2,105
En faisant la distinction des castes, on trouve que la majeure partie des enfans qui ont succombé appartenaient aux familles blanches, aux mulâtres et aux nègres libres, tandis que les enfans des nègres esclaves ont compté peu de victimes ; peut-être cette circonstance tient-elle à l'imporlalion des nègres adultes qui doit rendre la classe des enfans moins nombreuse. Chez les blancs l'âge de vingt à trente ans a compté plus de victimes , tandis que, pour les nègres et les mulâtres, c'est l'âge de trente à quarante ans où l'on a observé la plus grande mortalité, du moins pour les adultes. Les vieillards ont aussi présenté quelques différences dans la mortalité; elle a été à peu près la même chez les blancs Ql,.), et chez les nègres libres ( '/jj) , tandis que les mulâtres libres et surtout les nègres esclaves n'ont eu qu'un petit nombre de victimes parmi les personnes âgées , un trente-troisième pourles premiers, et un vingtquatrième pour les autres-, il est vrai que chez ceux-ci les vieillards doivent être peu nombreux.
La marche du choléra n'a pas été plus rapide à la Havane que dans les climats tempérés; elle n'atteignit son maximum qu'à la quatrième semaine. Dans cette colonie espagnole, le nombre journalier des morts est ordinairement de dix. Pendant les cinquante-six jours que dura le choléra, la moyenne des décès fut de cent cinquante-
DU CllOLÉRji-MOUBUS. 147 trois , en sorte que dans moins de deux mois la contagion cholérique fit autant de victimes que les autres maladies en font durant vingt-sept mois de temps ordinaire (j).
Au mois de juin i834 le choléra envahit de reclief l'ile de Cuba, et en disparut vers le milieu de novembre, après avoir fait beaucoup moins de ravages qu'en i833. Dans celte seconde invasion, on ne compta à la Havane et dans ses faubourgs que 640 cas dont 482 furent mortels, et il n'y eut dans la banlieue que 1,1 19 cholériques^ parmi lesquels 690 succombèrent; ce qui fait un total de 1,759 malades et de 1,122 morts.
Dans la ville et les faubourgs , les blancs ont été attaqués de préféience aux hommes de couleur: jJ y a eu des premiers aux seconds un excédant de six; mais la différence est inverse quant aux femmes , car on a compté plus de cas parmi celles de couleur, et l'excédant a été de huit sur les blanches. En comparant les résultats généraux pour l'une et l'autre espèce, on trouve un excé^ dant de deux individus de couleur sur le total des cas dans la classe blanche; le plus grand nombre des attaques a été dans les deux jours qui oni précédé et suivi la pleine lune.
Au reste, « nous devons remarquer, » disait le
(1) Tables nécrologiques du choléra-morbus qui a régne à Ja Havane en 1833, par don Ramon de la 5agra.
bulletin de la Havane, délivré par le docteur Angel Cowley , et inséré dans la Gazette de Madrid du 23 novembre i834, nous devons remarquer que, (c comme cela arrive toujours en pareille circons- « tance, les cas déclarés officiellement pourront « bien n'être que le tiers ou la moitié de ceux qui « ont réellement eu lieu. Si on les lait, c'est pour « l'efficacité des mesures de précaution que la « police fait observer, soit dans les maisons, soit M à l'égard des meubles et effets qui ont servi aux. « jcholériques. »