‹ Histoire de choléra-morbus asiatiqueChapitre 31 sur 83 · rte cinq à six · texte numérisé non relu

rte cinq à six

79 do six à sept.

1~1 de sept à huit.

35 de huit à neuf.

36 de neuf à dix.

111 de dix à quinze.

19 ^ de quinze à vingt.

Ici la durée moyenne a été de 6i heures 8 minutes; considérée sous le rapport de l'âge, cette durée n'a été que de 6o heures 4i minutes.

Si l'on s'en rapportait à des observations faites sur mille individus seulement, il paraîtrait que dans le mois d'avril les malades succombaient dans l'espace de 6i heures (terme moyen), et, dans le mois de juillet, au bout de 43 heures.

En mai, juin, août et septembre, mois pendant lesquels la maladie avait perdu beaucoup de sa violence, sa durée moyenne était de trois jours et demi (84 heures).

Rapport de la morlalilé cholérique avec la température.

Sous le cHmat de Paris, quels qu'aient été le degré de la température et la direction des vents, le choléra ne paraît pas y avoir trouvé une cause de relâche ou d'activhé; son mode d'action a été tout-à-fait indépendant des variations de l'atmosphère. La même observation a été faite dans tous les pays.

HISÏOIRE

llapporl de la morlalilé cholérique avec les localUés.

La pal lie de la population de Paris qui habile les quartiers les plus extérieurs (i) vit sur un lerrain en général élevé et découvert; elle y est peu pressée, puisque chacun y dispose de 54o pieds carrés (67 mètres carrés) d^errain, terme moyen : elle a eu 2,482 décès pour'i 85,976 habitans, ou 18,34 sur mille.

La population des quartiers intérieurs (2) , placée sur un terrain plus bas, moins aéré, plus resserrée dans ses demeures oi^i elle n'a que ii3 pieds (12 mètres par personne), sur 197,414) en a perdu 2,714? ou i3,74 sur mille. Celte proportion est à peu près la même que celle des quartiers qui jouissent de plus d'air et déplus d'espace.

Des six autres arrondissemens dont la mortalité beaucoup plus forte se trouve partout au dessus delà moyenne, et qui dans le neuvième la dépasse même de plus de moitié (45 sur 1,000), trois,

(1) Les quartiers (les Champs-Elysées, du Roule, de la place Vendôme, de la Chausséc-d'Antin , des faubourgs Poissonnière, Montmartre, Saint-Denis, Saint-Martin, du Temple et de Bonne-Nouvelle.

(2) Ceux du Palais-Royal, Feydeau, Saint -Eustache, du Mnil , des Tuileries , Montorgueil , des Lombards , Saint- Marlin-des-Champs, Porte Saint-Denis, des marchés , Sainl- Honoré , de la Banque , du Louvre.

DU CIIOLÉRA-MOUBUS. m les io% II" et 12% forment à eux seuls, sur la rive gauche de la Seine, loule la partie riiéridionale de Paris ;leurs quartiers limites sont, comme ceux du nord, élevés, ouverts à tous les vents (i). La moyenne du terrain est de 777 pieds (82 met.) par habitant; il en contient 189,283. La maladie les a frappés dans la proportion de 29,45 sur 1,000 (5,575 décès), ou de plus du double des premiers (i 3,74).

Les quartiers les plus intérieurs, ceux du centre (2), ont perdu 3 1,08 individus sur mille (186,462 habitans, 5, 801 décès), et cependant la part de chacun sur le sol qu'il habite est de 208 pieds (22 mètres), quand elle n'est que de ii3 pieds dans les autres quartiers du centre, où la mort n'a enlevé que i3,74 personnes sur mille.

Au résumé , les six premiers arrondisseméns de Paris, sur une population de 383, Sgo habitans , en ont perdu 5,196, ou i3,65 sur mille.

Les six derniers arrondisseméns, surunepopu-

(1) En y comprenant les quartiers limites du 8c arrondissement, ce sont ceux de Popincourt, des Quinze-Vingts, du faubourg Saint-Antoine, du Jardin-du-Roi, Saint-Marcel, Saint- Jacques, l'Observatoire, le Luxembourg, Saint-Thomas-d'Aquin et les Invalides.

(•2) Ceux du Marais, de l'Ile Saint-Louis, Hôtel-de-Ville, Cité, Arsenal, Sainte-Avoye , Monl-de-Piété , niarcbc Saint- Jean , des Arcis, Monnaie, faubourg Saint-Germain, Êcole-de- MédecJnc, Sorbonnc, Palais-dc-Justicc.

iS-2 HISTOIRE

lalion de 875,745 habilans, en onl perdu 1 1,376,

ou 30,28 sur mille.

La mort en les frappant a donc mis une grande inégalité dans ses coups.

Et ce n'est pas seulement pendant la durée du choléra que l'on a pu constater celte extrême différence entre les quartiers de Paris ; l'observation apprend que dans les temps ordinaires les six premiers arrondissemens comptent annuellement beaucoup moins de décès que les six derniers.

Ceux-ci perdent communément un individu sur trente; les premiers, au contraire, un sur quarante.

Rapport de la morlalilé avec les difforcnles exposilions.

La moyenne des décès pour les vingt quartiers exposés aux vents de sud-est, sud et sud-ouest, est de 12,07 mille habitans.

Pour les neuf quartiers exposés aux vents de nord-ouest, nord et nord-est, elle est de 28,46.

L'est et l'ouest présentent une proportion semblable, 28,54, et 28,60.

Il semblait donc que les expositions de nordouest, du nord, du nord-est, de l'ouest et de l'est avaient été frappées pai" le choléra dans une proportion plus que double de celle du sud-ouest, du sud et du sud-est.

Sur ii,i68 décès cholériques à domicile, il y

en a eu dans les chambres exposées

Au nord , nord-est et nord-ouest 3,141

A l'est 2,053

• A l'ouest 2,029

Au sud , sud-ouest et sud-est 3,768

Sans indication .• 177

Total 11,168

Le midi a donc compté plus de décès, que le nord, le nord en a compté plus que l'ouest, qui, à son tour, a été moins épargné que Test.

Rapport de la morlalilé avec Vélévalion du terrain.

Les quartiers les plus élevés de Paris (i), c'està-dire ceux dont la hauteur moyenne est depuis Sa pieds jusqu'à 92 (17, 3o mètres) au dessus de la Seine, renferment ensemble une population de 249,175 habitans , sur lesquels il en est mort du choléra l\,Ç>il\, ou 1 8,55 sur mille; ce rapport est au dessous de la moyenne de tous les quartiers, qui est de 28 sur mille.

Les quartiers les plus bas , ceux dont la hauteur moyenne ne s'élève pas à plus de 25 pieds (8 mèt.)

(1) De Saint-Jacques, de Popincourt, du Roule , de Bonne- Nouvelle, de la Sorbonne, de la Chaussée-d'Antin, des Champs- Elysées , des faubourgs Saint-Denis, Saint-Marcel, Saint- Martin, Poissonnière, Montmartre, du Luxembourg et dû l'Observatoire.

18*^ HISTOIKE au dessus du fleuve (i), renferment une population de 242,111 habitans, et en ont perdu 5,7j5 ou 23,6o sur mille.

Dans les rues sales, vingt-six sont au dessus de la moyenne des décès (24 sur mille); dans les rues larges, aérées, neuf seulement la dépassent.

Rapport de la morlalilé avec fa densité de la population.

Les douze arrondissemens de Paris se cliassent de la manière suivante par rapport à l'étendue de leur territoire et à la force de leur population (759,135 habitans):

NtrMÉuos

Superficie

Population

des

du terrain

Arrondissemens.

on mclres carrés. ■

domrcHe.

Huitième. .

Premier.. .

Dixième.. .

Douzième .

Cinquième.

Deuxième .

Onzième . .

Sixième. . .

Troisième..

Neuvième .

Septième. .

Quatrième.

Total...

do met. car.

par habit.

Nombre

des décès cliolérîqups.

RAPrOfiT

des

déccs cbolér.

à 1,000 liabit.

(1) Les Tuileries , l'Hôtel - de - Ville , Saint - Martin - des- Champs, l'École-de-Médecine , Montorguei! , la Porte Saint- Denis, Saint - Honoré , Saint -Thomas -d'Aquin , la Cité, le Marais, les Lombards , la Place Ven<^ôHie, la Monnaie , l'Arsenal et le Palais-de-Justicc.

DU CHOLÉRA-MOIIBUS.

De l'influence des professions.

Considéré sous le rapport des professions 5' le nombre des décès présente les divisions suivantes:

/ personnes de tout âge et \

de tout sexe, apparie- 1 aux professions

classe

classe

classe

classe

classe

nant, soil directement, soit indirectement ,

idem .

idem, idem, idem .

libérales.

professions écaniques.

( aux professions I commerciales.

j aux p

( méc

1 aux professions

( salariées.

( à la profession \ militaire.

I enfans des deux sexes, pour lesquels on 983 I ne connaît pas quelle était la profession I desparens.

1 793 I décédés des deux sexes dont la profes- ' I sion est restée inconnue.

Total. 18,402

Des effets du choléra sur la population mililaire.

Du 26 mars au i*' octobre, la perte des corps présente les résultats suivans :

Pour la garnison

les vétérans

la garde municipale, les sapeurs-pompiers.

Total . . .

NOMBRE

DÉCÈS

BAPPORT

" d'hommes.

sur 1,000.

Ainsi pris en niasse, sans distinction des corps €t. du genre de service, les militaires ont été victimes du fléau , tant à Paris que dans le déparlement de la Seine, dans la proportion de 25,8 sur i,ooo, proportion plus forte que pour celle de la population civile domiciliée, dont la perte n'a été que de 21,8 sur r,ooo.

On a remarqué que les régimens de cavalerie ont moins souffert que ceux d'infanterie.

Observations sommaires.

i°La mortalité a été un peu plus faible pour les détenus dans les prisons, que pour la population domiciliée de la ville de Paris.

2° La perte éprouvée par les hospices , considérés dans leur ensemble, offre le même rapport (64 sur 1,000) que les décès des habitans de Paris de l'âge de soixante ans et au delà.

3° Dans les communes rurales comme à Paris, les âges qui ont le plus souffert sont la première enfance, l'âge mûr et la vieillesse, et les âges les moins frappés sont ceux de six à vingt ans; mais, dans les communes rurales, la première enfance a éprouvé, relativement aux autres époques, une perte plus forte que dans Paris, et les adolescens une plus faible, ainsi que les personnes d'un âge avancé. Comparativement aux cbancesdemortalité

DU CHOLÈRA-MOUBUS. 187 ordinaire, l'âge de trente à quarante ans est celui qui a présenté partout les chances cholériques les plus défavorables.

4" La résistance de la nature aux atteintes du mal a été en raison directe des forces que l'âge lui prétait, en exceptant toutefois la période de cinq à dix ans.

5° Il ne paraît pas que les variations de la température aient exercé plus d'influence sur l'activité ou le relâchement du mal à la campagne qu'à la ville; et si les communes rurales ont sensiblement moins souffert que la capitale, la recrudescence en juillet s'y est montrée plus meurtrière, proportion gardée avec la perte totale.

6° Les communes rurales le plus en prise à tous les vents ont été le plus frappées, tandis qu'à Paris ce sont les quartiers du centre et les rues étroites et le mieux abritées.

7° Dans quelques lieux infectés par des émanations putrides, le choléra n'a pas été plus meurtrier que dans d'autres localités (i).

Comme nous l'avons dit, les bulletins quotidiens furent supprimés au commencement du mois d'octobre i832 , et la mortalité s'élevait

(1) Rapport sur la marche et les effets du choléra-morbus fJans Paris elle département de la Seine, par une commission de dix membres nommés par les préfets de la Seine et de la police.

188 HISTOIRE alors dans la capitale à i8,4oa; c'est ce chiffre seul qui sert de base-aiix divers élémens de statistique dont on vient de voir la réunion.

Mais long-temps après la suppression des bulletins publiés par l'autorité , il y eut encore à Paris des cas de choléra asiatique qui ne furent pas constatés officiellement. Au mois de janvier i833, on observa 32 décès de cholériques, dont 18 à domicile et 14 dans les hôpitaux; au mois de février, 7 seulement se rencontrèrent; il y eut, les mois suivans , des chiffres variables et en général peu élevés. Les médecins seuls en étaient instruits. Les journaux continuaient à sfe taire, et la population n'en fut jamais émue.

Le 19 septembre de la même année t833, le chiffre des cholériques s'accrut subitement. Le 20 au soir on comptait à l'Hôtel-Dieu 18 malades, sur Lesquels 7 moururent. Le 21 et le 22, il y eut i5 nouveaux entrans et 7 décès nouveaux. Le 23 et le 24, on apporta 12 autres malades à l'Hôtel-Dieu. Les autres hôpitaux reçurent aussi des cholériques.

Rien n'avait indiqué cette soudaine recrudescence : la constitution médicale n'offrait aucun caractère particulier; la diarrhée était peu fré' quente, et les affections notables qui semblaient prédominer étaient principalement les angines, la rougeole et la scarlatine.

Tantôt au milieu de la santé la plus florissante,

UU CUOLÊKA-MORBUS. i89 plus souvent après quelques jours d'indisposition, quelquefois pendant le cours d'une autre maladie et surtout d'une njaladie chronique, le choléra débutait avec une violence remarquable; la diarrhée et les voraissemens se succédaient avec rapidité. On observait pourtant beaucoup moins de ces cas foudroyans qui, l'année précédente, enlevaient les sujets dans l'espace de quel- ({ues heures. Au reste, la moitié des malades ou à peu près succombaient. Tous ces caractères, pris dans la forme de la maladie , dans ses phénomènes extérieurs, dans sa gravité, dans sa durée, offraient une analogie si parfaite avec ce qu'on avait observé en iSSa, qu'il ne pouvait rester aucun doute sur l'identité entre ces différens cas (i).

Le choléra continua de régner ainsi à Paris et dans sa banlieue pendant toute l'année i833 et pendant les premiers mois de l'année suivante. Aucun cas ne fut signalé après le i" avril i834. Le nombre des victimes depuis le commencement de l'invasion, c'est-à-dire depuis le 26 mars i832, s'élevait à 19,116 pour Paris, et à 22,53^ pour tout le département de la Seine, ainsi qu'on va le voir parle tableau suivant :

(ij Gazelle médicale de Paris da 12 octobre 1833.

TABLEAl

DES DÉCÈS CHOLÉRIQÛES CONSTATÉS A PARIS ET DANsj-

établi diaprés les bulletins Moniiti

DJÏCÈS :

TOTA.L

floiTiifiles.

Avril.

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