BUES
cdlé pair.
ctilé impair.
Grand-Chemin-de-Rome.
R. des Grands-Carmes...
R. Sainte-Barbe . •
R. Sainte-Calherine
On remarquera que la rue Paradis est à peu près la seule qui ail présenté une différence notable entre le côté pair et le côté impair; cette rue, qui est percée du sud au nord, se trouve parallèle avec le Grand -Chemin -de -Rome et la rue d'Aubagne, dont les côtés ont eu presque une égale part dans les ravages du fléau indien. Celle
observalion nous semble détruire loqs les calculs auxquels avait donné lieu la reproduction des cas mortels sur le côté pair de la rue Paradis, et qui attribuaient à des courans électriques les effets meurtriers du choléra.
De l'influence atmosphérique.
Jamais la température n'avait éprouvé de varier lions plus fréquentes et plus diverses que pendant les mois de juillet et août i835. Depuis longtemps le beau ciel de Marseille n'avait ressenti des secousses électriques aussi fréquentes et aussi fortes que celles qui se firent entendre pendant ces deux mois. Le vent de nord-ouest, celui du sud, le vent d'ouest et celui de l'est ont régné alternativement; et le fléau, impassible dans sa marche, ne tenant nul compte ni des changemens que subit l'atmosphère, ni de la direction des courans, poursuivit ses ravages avec cette effrayante régularité qui caractérise presque toujours ses trois périodes.
De Vinfluence des professions.
La maladie n'a présenté aucune observation intéressante; elle a sévi généralement sur toutes les professions , selon leur rapport numérique avec le chiffre de la population.
DU CnOLÉRA-MOKBUS.
Influence des jours. |
Les observations faites sur la mortalité sommaire qu'a présentée chaque jour de la semaine!^ viennent encore donner un démenti à ceux qui prétendaient que les dimanches et les lundip^ exerçaient une influence quelconque sur ta marche ou les progrès de la maladie. Pendant la première invasion, les jours les plus calamiteux ont été les mercredis et les jeudis ; dans la seconde ce sont les samedis et les dimanches : d'où nous concluons que la marche du mal asiatique suit une impulsion autre que celle que pourraient lui inxprimer les débauches des dimanches etdeslundisl Loin de nous pourtant l'idée de nier l'efficacité d'un bon système hygiénique ; mais nous ne croyons pas qu'il suffise pour atténuer les coups du choléra dans ses momens de fureur.
Les io6 jours de durée de la deuxième invasion embrassent seize semaines; les plus meurtrières ont été les 3% 4« et 5^ Le tableau suivant indiquera les différentes phases qu'a suivies la contagion :
DU CHOLÈRA-MOBBUS.
Influence sur /a banlieue.
Le choléra a frappé peu de victimes dans les campagnes de Marseille. Quoique l'émigration ait été considérable, les liabifans de la banlieue n'ont pas été atteints du mal indien. Les quelques personnes qui en ont péri appartenaient presque toutes à la population urbaine, et la plupart ont été frappées du choléra peu de jours après leur émigration. Les personnes qui nient la transmissibilité delà maladie se sont prévalues de cette circonstance pour dire qu'il n'y avait pas contagion, puisque les habitans de la campagne n'avaient pas contracté le mal asiatique ; nous, au contraire, nous y trouvons une nouvelle preuve de l'efficacité des moyens de séquestration, car nous attribuons la non-contagion du choléra dans nos campagnes, à l'état d^isolement dans lequel se trouvent toutes les maisons d'habitation les unes à l'égard des autres. Nous pourrions citer encore à l'appui de cette opinion un grand nombre de cas dans lesquels la mort a frappé plusieurs personnes dans la même maison d'habitation, tandis que celles placées non loin de celles-ci , mais dont les habitans évitaient les communications, n'ont reçu aucune influence de la maladie. Une maison de campagne située au quartier de Château-Gombert,
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et habitée par vingt-quatre personnes, en perdit quatre en quelques jours des attaques du choléra. Cette habitation fut aussitôt désertée, et aucun nouveau cas ne se manifesta dans celles qui l'environnaient. Ces faits nous paraissent assez concluans et ont fixé l'attention des personnes qui aiment à observer pour expliquer les phénomènes qui se passent sous leurs yeux. Les décès dans la banheue n'ont pas été au dessus de i32.
(tbV&i^àHons partihilttéi'es sur le nùSàe 'de propagation.
Le plïïs soilVeM' lih-càs de choléra était suivi d'un autre cas dans la même maison. Comme nous l'avons dit, les cas mortels se sont ainsi reproduits trois cent quatre-vingt-treize fois.
Plusieurs familles ont été cruellement frappées par le fléau : parmi celles-ci on remarqua la famille Ladouce, habitant la rue de TEvêché; la famille du nommé Bizau, marchand de vin, rueMayousse(i); et la famille Fleschelle, rue Paradis (2).
II y a à Marseille seize communautés (3),= y
(1) Sept individus de cette famille périrent successivement.
(2) Cinq personnes, y compris une servante, furent tour à tour enlevées. -
(3) Religieuses des Grandes-Mariés; Petites-Mariés ; .Cjairistes; Carmélites; du Saint-Sacrement ; de Saint-Thomas; les sœurs de la Retraite, dites Sœurs-Grises ; les Auguslines ; les
DU CHOIÉRA-MORBUS. 367
compris le collège royal et le séminaire; la popu^lahonde ces établissemens s'élève à environ 1,200 personnes. Deux ordres seulement ont été atteints du choléra; ce sont d'abord les religieuses de Saint-Charles, dont l'établissement avait été transformé en ambulance pour les femmes , et dont elles faisaient le service; deux sœurs furent frappées, une seule mourut; êt puis les religieuses Augustines, qui ont desservi les hospices et hôpitaux de la ville pendant le règne du choléra. Quatre de ces religieuses succombèrent aux attaques de la maladie (r). Tous les autres établissemens furent à l'abri des coups du fléau.
Les prisons civiles furent également préservées.