‹ Histoire de Cromwell (volume 2)Chapitre 100 sur 160 · LIVRE QUATRIÈME. a · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME. a

c( ment je crois que cette sévérité épargnera (c re£Fusion du sang par la bonté de Dieu. Je ce souhaite que tous les cœurs honnêtes rentf dent grâce à Dieu seul. » Le docteur Hugh Péters, qui avait un commandement militaire dans la même expédition, écrivait (i) à ses amis du parlement : «Nous sommes maîtres de « Tredagh ; on y a tué trois mille cinq cent (c cinquante-deux ennemis. Ashton, le gouver- <c neur , à été massacré ; on n'épargne percr sonne. Je sors de la grande église, où je « viens de rendre grâce à Dieu. » La mort de cet Ashton , loyal et vaillant officier , jadis précepteur du prince de Galles, fournit un exemple singulier de la stupide avarice que les soldats de Cromwell mêlaient à leur fanatisme. Ils s'étaient persuadé (a) que ce vieux officier, depuis long-temps mutilé par le. canon, avait une jambe artificielle en or. Dans cette croyance , ils se disputèrent sa mort ; et quand il fut tué, on lui trouva une jambe de bois^ comme de coutume.

(i) TVhitelocke's memorials, p. 4i3.

(2) Ludlow't memoin, y. i , p. 3o'j.

Dans une autre lettre (i) plus détaillée, Cromwell raconte que cent quarante hommes qui s'étaient réfugiés dans la ville , avaient été décimés; que l'on avait tué les prêtres; que les moines avaient été fusillés indistinctement avec les hommes armés. U ajouta : « Je suis <c persuadé que c'est un juste jugement de c( Dieu sur ces misérables , qui ont trempé « leurs mains dans le sang innocent. » Le parlement vota un jour de prières publiques , en action de grâce des succès d'Irlande.

Du reste , l'atrocité de Cromwell parut bien calculée pour le succès. Les villes voisines, Trim et Dundalk , tombèrent sans la moindre résistance. La garnison de Trim s'enfuit même si vite, qu'elle laissa derrière elle son artillerie. Cromwell marcha sur le comté de Kilkenny, prit en passant la ville de Carrick, et y laissa le colonel Reynolds, qui bientôt fut assiégé par lord Inchequin. £n avant de cette ville était une petite bicoque fortifiée , où Reynolds avait mis un poste de six à sept

(i) The Parliamentary history, v. xix, p. 201.

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soldats. Lord Inchequin envoya d'abord à cette garnison avancée, une sommation de se rendre (i). Personne dans la garnison ne 1649. savait lire; mais jugeant à la vue du trompette 9 de quoi il s'agissait , ils lui répondirent : « Va dire à Inchequin que nous n'avons rien ce à démêler avec lui, qu'il s'en aille à ses « affaires , et qu'il sera pendu. » Voilà quels étaient les soldats de Cromwell.

Le lieutenant- général se trouva, le 29 novembre , sous les murs de Wexford , place de guerre et de commerce. Le gouverneur de la ville commença quelques négociations jusqu'à l'arrivée d'un secours qui l'enhardit à se défendre. Cependant, dès que l'artillerie eut ouvert une brèche à la citadelle, Cromwell donna l'assaut ; et les soldats s'étant répandus dans la ville, massacrèrent, comme à Tre* dagh, tout ce qu'il y avait d'hommes armés.

Cette seconde barbarie augmenta la terreur, et hâta beaucoup la soumission de l'Irlande.

La ville de Wexford étant fort riche et rem-

(i) lYhitelocke's memorials, p. l^iS,

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plie de magasins , Cromwell préposa des commissaires pour assurer la conservation et l'em-i ploi du butin (i).

La saison, déjà fort avancée, et le climat humide de l'Irlande, avaient amené beaucoup de maladies dans Tarmée. On eut alors a regrettîer la perte du colonel Jones, honoré par sa belle défense et ses succès, avant l'arrivée de Cromwell. La contagion était le dernier désastre de cette malheureuse Irlande. L'ignorance et le défaut de secours emaugmentaient le danger. Il y avait fort peu de médecins en Irlande , de sorte que les malades protestants étaient obligés de se confia à des doc* teurs papistes (%) ; ce qui, suivant Whitelocke, leur paraissait plus périlleux que le champ de bataille. Ces défiances et ces haines désolaient l'Irlande. Les vengeances étaient atroces. Plusieurs garnisons anglaises fiurenjt égorgées, et Cromvrell finit (3) par ordonner que tout Ir

(i) Ludlow*8 xnemoirs, t. i , p. 3o4< (a) Whitelocke's memorialfi, p. 411.

(3) Jdem,

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