LIVRE SECOND
(Quelques jours après l'ordonnance (37 février), et (i) tandis que la chambre s'occupait à former la liste des ofiBciers (2) , Cromwell reçut Tordre de se rendre dans l'ouest , à la tête de son régiment , et de se réunir à Valler. Le but de la réforme militaire avait été de mettre l'armée sous l'autorité du parlement.
Fairfax, habile officier, mais sans caractère -politique, parut heureusement désigné dans cette intention. Cromwell s'était montré le
(i) Whitelock's memomls of the english affairs^p. 129. (2) Idem, p. 129.
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plus zélé promoteur de ce choix (i). U comptait sur la faiblesse de Fairfax , égale au moins à ses talents militaires. Fairfax, malgré la simplicité de ses manières, semblait inspiré sur le champ de bataille ; et sa physionomie , douce et tranquille, s'animait alors d'un feu terrible et d'une émotion qui allait jusqu'à la fureur. U avait déjà rendu de grands services à la cause du parlement ; il venait de détruire plusieurs régiments de l'année d'Irlande, que Charles avait rappelés à son secours. Nommé général, son génie pour la guerre parut s'étendre; mais il resta toujours étranger aux vues de la politique. Il avait de la hauteur d'ame , qualité qui n'exclut pas la faiblesse , et qui, n^agissant que par intervalles, peut, dans le cours habituel des affaires, tomber insensiblement sous le joug de Tintrigue adroite et persévérante. Avec toutes ses victoires et son fier courage , le général Fairfax , d'après le témoignage des contemporains, ne fut jamais qu'un instrument sous la main de Cromwell.
(i) Clarendon's history , p. 4a3.