LIVRE ^âEMIEft
racheta sa vie en trahissant tous ses amis.
Cette persévérance du parlement obtint enfin la victoire. Le roi, par une Êiute que reconnaissent tous les partis , s'étant arrêté au siège de Glocester, Essex marcha pour secourir cette ville 9 et remporta près de Newburry une vic-^ toire long -temps disputée, mais complète.
La cause royale y perdit lord Fakland, cet intrépide et vertueux citoyen, ce généreux déserteur de l'opposition devenue la révolte, long-temps l'admirateur et FamideHampden, et victime de la guerre quelque temps après lui, comme si la fortune, en frappant à -la* fois ces deux illustres citoyens dans deux partis contraires, eût voulu détruire les médiateurs de la paix.
La paix était le voeu le plus ardent de ce Fakland , que l'histoire n'a pas trop loué en disant, qpae la perte (i) d'un tel homme aurait suffi pour déshonorer la guerre civile. Profondément attristé des malheurs de l'État,
quel que fut le vainqueur, il invoquait, il
(i) Clarendon's history, p. H5i.
54 HISTOIRE BS CROWWELL.
conseillait toujours la paix ; et , dans Fintolé* rance des partis , il sq justifiait de cette Tertueuse horreifr pour la guerre civile, en cherchant plus quxin autre l'occasion d'y mourir. Les dangers du parlement ai^nenèrent le retour d'un nouvel ennemi , dont la préstcnce avait commencé tous les trouves. L'Ecosse, révoltée sans être en guerre, ne dépendait plus ni du roi , ni du parlement de Londres* Une assemblée des états , formée dans ce royaume, y dominait au milieu de l'anarchie féodale et des factions religieuses. Ce fut à elle, que s'adressa le parlement de Westminster pour obtenir un secours, et pour soIHciter une seconde iovasion enÀiigleterre.LesÉco&* sais demandaient pour prix de, leurs efforts la réunion des deux églises': elle fut ratifiée par un covehant qui lia les intérêts et les croyances des deux peuples , et sembla consacrer le triomphe de la secte presbytérienne. A cette
condition , l'ËcoSse fit marcher au secours
du parlement une armée de dix -huit mille hommes , dont les fixais devaient être ac«- ' quittés par l'Angleterre.