‹ Histoire de Cromwell (volume 4)Chapitre 25 sur 155 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

ville était depuis quelque temps investie par les troupes de Manchester , de Fairfax , et par Fannée d'Ecosse , qui venait de pénétrer sans obstacle en Angleterre. Le prince Robert , Tun des parents et des généraux de Charles , sV vança pour la. délivrer de ces attaques combinées. Ce prince 5 d'un courage égal à son dévouement pour le Roi, n'avait d'autre dé* faut militaire que cette impatience de vaincre, qui souvent fait perdre ou manquer la victoire. Il commandait huit mille hommes. A son approche , les trois généraux réunis avaient abandonné le siège d'Yorck pour livrer bataille. Le prince Robert défit l'aile droite de l'armée parlementaire, et croyant la ba* taille gagnée sur tous les points , parce qu'on fuyait devant lui, s'abandonna sans réserve à la poursuite de l'ennemi Les deux généraux parlementaires, Manchester et Fairfax, et le général écossais Leven, se retiraient. Cromwell, qui commandait l'aile gauche de l'armée du parlement , soutint la bataille contire l'aile droite de l'armée royale. Il emporta la forte position de Marston-Moor , qui donna

58 HISTOIRS D£ CROMWELL.

son nom à cette batiûUe. Le prince Robert revint trop tard de son inutile poursuite. Il fut entraîné lui-même dans la déroute de l'ar* mée. La moitié des troupes royales périt dans l'action. L'artillerie , les bagages , l'étendard du prince , tout fut enlevé.

Quelques contemporains (i) ont accusé Gromwell de lâcheté dans cette journée, dont le succès lui fut généralement attribué. C'est une injure invraisemblable et mal choisie. Il est fort difficile à un général de se passer de courage ; mais CroinweU avait particulier rement besoin d^un excès d'audace , et plusieurs traits de sa vie attestent que la témérité même fut un de ses moyens. Quant à ces belles paroles que l'on a mises dans la bouche de Gromwell , arrêtant Manchester prêt à fuir : «Vous vous méprenez, Mylord,ce n'est point (clà que sont les ennemis^» aucun mémoire contemporam ne les rapporte. Du reste, il n'était pas besoin de cette noble et dure leçon , pour

(i) Memoîrs of Denzil lord Holles, p. i5.

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que la gloire de Cnmiwell laissât dans le cœur de Manchester un sentiment de jalousie.

Les suites de ce combat furent le découragement et la désuoipBt du parti vai|içu. Les plaintes mutuelles divisèrent les royalistes afEsûblis par leur défaite. Le comte de lïew-Castle , profitant trop vite de l'injustice qu'il éprouvait (1), pour se détacher d'iine cause malheureuse, quitta l'Angleterre, et se rçtûr^ sur le continent. La ville d'YofcH, dp;Qt ï\ était gouverneur , se i^endit , et fut occupée par lord Ferdinand Fairfax, père du chevalier Fairfax, qui servait alorsaaus luv I^ ^9 de New-Castle 1644 fut prise d'assaut par les £cç$$^is, et la cause royale parut efitîèreuent pei^uç 4dns l^e Nord.

La victoire de MarstoprlVIoor , en rçlevant l'espoir du parlement, fit éclater \ififi politique nouve^e (a). Les ^i^es répi^^teca îu es se montrèrent avec plus de violei^^e , ^t passèrei^it au-delà de la réforn^ presbytériei^ue et

(i) Clarendon*8 historj, p. ^oik.

(1) Memoirs of Denzil lord Holles, p. iS.

6o HISTOIRE PE GROMWELL.

du covenantj que lé parlement venait de. sous* crire. La secte des Indépendants se montra plus hardie, et ne cacha plus son dessein de détruire la monarchie et la noblesse.

Cromwell se déclara dès4ors l'ennemi de la noblesse et de la chambre des pairs; et adressant à son général lui-même (i) cette injurieuse confidence, il lui dit qu'il espérait de voir bientôt le temps où il n'y aurait pas un seul lord en Angleterre, et où lord Manchester ne s'appellerait plus que sir Montagne. C^était une nouvelle question qui naissait de la guerre civile , et qu'avait dû produire la jalouse concurrence des nobles et du peuple , lors même qu'ils paraissaient combattre i^ojxc la même cause et partager les mêmes passions.

Les lords et les nobles qui avaient pris les armes contre le roi , lie voulaient pas pousser la révolution ^ù-delà des intérêts de leur propre grandeur; mais les hommes nouveaux qui avaient toute une fortune à faire, ne

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(i) Memoirs of Denzil lord HoUes, p. 19.

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