LIVRE PREMIER. 8l
liberté plus grande aux prédicateurs (i). L'intention politique se cacha sous ces apparences religieuses. Il est douteux que la grande majorité de la chambre voulut et comprit ce qu'elle faisait. A la troisième lecture du bill , une exception personnelle ayant été proposée en faveur du comte d'Essex , ce qui renversait tout le projet des Indépendants, elle ne fut repoussée que par une majorité de sept voix (2),
La supériorité des Indépendants était donc très-faible encore. Même dans une question désavantageuse , le comte d'Essex conservait un grand parti; et il semble dès-lors qu'une conduite plus habile aurait détourné cette mesure, qui prévalut avec tant de difficulté, et qui devint si fatale.
Peut - être Essex et ses amis se reposèrentils sur la résistance de la chambre des lords ;
(i) Whitelocke's memorials of the english affairs ,
p. ij4-
(a) The parliamentary history, v. XIII, p. 383.
Ta narration de Clarendon , entièrement adoptée par Hume , est fort inexacte , et contraire aux registres du parlement.
da HISTOIRE DE GROMWELL.
mais la révolution était trop avancée , pour que la fiction de la pairie pût lutter avec avantage contre la force démoca*atique. C'était dans la chambre populaire qu'il aurait fallu la vaincre par elle-même. L'opposition des lords ne fit que réunir les communes, et les animer dans leur entreprise. Après plusieurs messages inutiles, elles se rendirent en corps (i) auprès de la chambre haute, pour la presser d'accepter l'ordonnance. Malgré cette démarche , d'autant plus impérieuse qu'elle était inusitée , la chambre des lords prononça le rejet.
Tandis que ces chicanes parlementaires tenaient la révolution en suspens, les négociations pour la paix se traitaient à Uxbridge^ çt les ambassadeurs de France et de Hollande (a) proposaient leur médiation ; mais les Indépendants, repoussés par la fermeté de la chambre des pairs, ne perdirent pas de temps pour reprendre un autre projet, qui les conduisait au même but. Laissant de côté
(i) Wkitdocke's memorials of the english affairs, p. 1 1 8. (a) The parliamentaiy histor^« v. XIII , p. 394 , etc.