‹ Histoire de Danemark et de Norwège d'après les historiens les plus estimés continuée jusqu'à nos joursChapitre 32 sur 32 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

GHII8TIA1I TII.

Christian VII , fils de Frédéric V, éuit né le 29 janvier 1749. La même année qu'il monta sur le vràue^ il épousa Caroline -Hathilde, sœur de

Geoi'ge III , princesse que ses malheurs ont rendue célèbre. Il eut d'abord pour ministre Bernstorf; mais, en 1770, son médecin Struensee prit sur lui un tel ascendant, qu'il fut mis à la tète du conseil. Les réformes tentées par ce ministre soulevèrent contre lui la haine de la noblesse et des officiers. La reine douairière Julie-Marie de Brunswick- VVoIf* fenbuttel, que Frédéric V avait épousée en secondes noces, était ambitieuse; elle fit naître dans Tâme de Christian des soupçons sur le compte de son épouse. Quand elle eut ainsi préparé le terrain, elle s'entendit avec des mécontents pour persuadei*

HI&TOIAEOX DÂPiËMARK

au roi que son honneur exigeait que Slmensee et

la reine fussenl arrêtés. Le premier fut mis à ûiori; Caroliae expira malheureuse et oubliée à Celle, en Hanovre. Depuis ce moment, ce fut la reine mère qui régna réellement, car Christian VII était atteint d'une maladie qui lui ôtait fi éqiu mment Tusage de sa raison. En 1784, le prince royal (aujourdhuî Frédéric VI), aidé de Bemstorf, neveu de crtui dont nous venons de parler , écarta des aftiires le parti de la reine. En 1795 , un incendie terrible , dont le magniiique château ioyal lui la proie, ravagea la capitale. Copenhague eut en outre à sou^ tenir deux attaques des Anglais : la première où ies Danois firent preuve d'un grand courage dans la bataille navale livrée le 2 avril 1801^ la secondi; en 1807, qui se termina par le bombardement et la prise de la ville. La flotte fut emmenée , et le Danemark précipité du faite de la prospérité dans un abîme de misère. Le roi mourut à Kendsbourg, en Holstein, le mars 1808«

GHÂPlïAE XX

FliDtBIC VI.

ISOS.

Le roi de Danemarit, actuellement i*égnant, est né en 1768. Peu de princes ont traversé une jeu^

nesst' semée d'autant de dangers que la sienne. Ils éiaienl suscités par l'ambiiiou , pour ainsi dire criminelle, de sa belle-mère qui voulait mettre soq

ET DE NORWÉGK. 185

lîls sur le Irène* Frédéric échappa néanmoins à tous les pièges ) el devint prince corégeni de son père

(i7Sh)j dont la raison avait de fréqueiilcs absences. Sa régence el son règne ont été marqués par les grands malheurs qui ont frappé son people. On ne peut lui reprocher de les avoir attirés par aucune faute politique, mais il a vécu au milieu d un siècle où le plus violent orage dont fassent mention les annales du monde a passé sur les peuples et brisé les tr6nes« Le sien était en butte aux coups de TAn* gloleiTi' el de la Suède, sa capitale était en ruine j sa flotte avait été entraînée dans un port ennemi ; le commerce était anéanti; la misère allait croia^ sant) et un puissant allié était à la charge de ses États; aussi il eût fallu plus que du bonheur pour le tirer de là sans perle, ptiix de Jonkoeping, en 18i0| mit fin à la guerre ayec la Suède, sans qu'il en retirât aucun avantage. Les hostilités continuèrent avec TAngleterre. La Suède avait perdu la Finlande; néanmoins l'épee du prince royal lui donnait un gi-and poids dans la balance de l'iMirope* £Ue réclamait une inSemnité pour se placer dansune position indépendante de la volonté de Napoléon ^ et la Norwége lui fut promise par des traités. Frédéric envoya Théi^iiier présomptii de la couronne , le prince Christian, pour défendre ce royaume* Mais les désastres de Napoléon en Allemagne (1813) décidèrent du sort de ce pays ; car le pi ince royal de Suède, entrant dans les ducbés avec une armée de 70,000 combattants, obligea Frédéric à signer la paix de Kiel ( 14 janvier 1814), laquelle assurait à la Suède la possession de la Norwcge, en échange de la Poméranie suédoise. Mais les Norwégiens s'élant insurgés i cette province ne tomba pas même

186 mSTOIR£ DE DAUfiMARK KT OE KORWKGC:*

in partage an Danemark, qui fut forcé de se cou-* tenter du petit duché de Saxe-Laiienbourg; encore le roi ne l'obiini-il que par. sa présence au congrès de Vienne. La paix signée , ie roi donna ses soins ii ramélioraiion des monnaies et des finances. II est parvenu à son but, maïs en contractant une dello nationale, qui entravera longtemps encore la marche du gouvernement. Frédéric a créé une belle flotte , quoique peu nombreuse. Il y a quatre ans qu1l a flonné ime ronsiiiuiion provinciale à sou royaume; quoiqu'elle ne réponde pas à Tesprit du temps, c*est cependant un d^ré pour arriver h la liberté , dont les Danois étaient privés depuis 1660.

Le roi est ua prince éclairé , protecteur des arts et des sciences. A son règne Thistoirc attachera des noms glorieux, tels que ceux d'un Munter, d'ua Homeman, dnn Ingeman, d'un Andersa^, éim Rahbeck , des deux ŒrsLcdl, d'un Thorwaldsen, qui a pi is le premier rang parmi les sculpteurs dans Tancienne capitale du monde et s'est placé à c6té' de Canova. Sa rentrée dans sa patrie a été une véri* table ovation.

Frédéric VI est marié à Sophie, princesse de Hesse-Cassel. Aucun enfant n'est issu de celte union. La couronne écherra au prinoe Christian.

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