‹ Histoire de diocèse de BayeuxChapitre 100 sur 112 · LXXX. — PAGE · texte numérisé non relu

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Lettre de le eoomuBeuté de le VlntetSon A Mk' de Loneîae peur dcmender le liberté de rélection.

Monseigneur,

Permettez à notre communauté de réitérer avec un profond tespect la demande que nous avons déjà eu Tfaonneur de faire à Votrr AltBsae, qu'il soit procédé à la déposition de notre supérieure, afin q«A. nous soyons en état de procéder à une nouvelle élection avec une eiâière liberté de suffirages. Ce sont deux points, Monseigneur, qui sont^galement marqués dans nos constitutions et dont la conscience et^le respect de nos règles ne permet pas que Ton s'écarte. —Nous s^ons, Monseigneur, que les pranfers monastères de notre ordre dans ce royaume se sont unis à nous pour supplier Votre Altes^ de nous accorder cette liberté. Ils nous exhortent à ne pas donnec^ atteinte à ces lois fondamentales, qui ont été inviolablement observées dans notre maison depuis près d'un siècle qu'elle est établie. Nous avons eu l'avantage d'y être maintenues par

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Nos Seijjfnenre les évèqves, qui nous ont sneoessivement honorées de leur estime et de leur bienveillance. •*-« Si quelqu'un a osé airaneer le contraire au sujet des deux prédécesseurs immédiats de Votre Altesse, messieurs leurs grands-vicaires sont en état de rendre un témoignage opposé, comme de la régularité qui a toujours rendu notre communauté édifiante. Si elle a aujourd'hui le malheur d'être dans votre disgrâce, Monseigneur, c'est un chagrin pour elle qu'elle ne peut exprimer. Elle avait espéré au cimtraire que Monseigneur, qui lui avait accordé l'honneur d'être supérieur de notre maison, voudrait bien se rendre en même temps son protecteur et celui de nos saintes réglés. Nous ne cesserons point. Monseigneur, de vous le demander, et l'honneur de votre bienveillance, espérant que vous l'aceorderea enfin à nos très^humbles prières et au profond respect avec lequel nous sommes ....

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Origine du Bon-SaoTeiir de Gmo.

« Louis, par la grâce de Dieu , roi de France et de Navarre, à tous présents et à venir, salut. Notre amé et féal conseiller en notre conseil , le sieur de Luynes, évèque de Bayeux, nous a très-humblement fait représenter que dans la ville de Gaen le libertinage est venu à un tel point , que le lieutenant-général de police , quelque zélé qu'il soit, ne peut y apporter de remède efficace, les moyens dont il a droit de se servir n'étant pas capables de mettre un frein à la licence des filles et femmes débauchées, qui font profession publique de libertinage; que le seul moyen d'arrêter le progrès d'un si grand mal serait l'établissement d'une maison de force, dans laquelle les filles et femmes puissent être renfermées, et où Ton travaillerait en même temps à la correction de leurs mœurs et à leur conversion; que, pour l'exécution d'un dessein si utile au bien public , il aurait jeté les yeux sur une communauté qui

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s'est formée depuis peu dans le faubourg de Yaueelles de la ville de Caen, sous le titre de Filles du Bon-Sauveur, qui s'est occupée juequ'À présent à avoir soin des pauvres honteux et des malades de la paroisse, leur fournissant les secours corporels et spirituels pendant leurs maladies ; que les filles qui la composent, si nous daignons approuver leur établissement, sont disposées i foire à Tavenir leur principal soin d'insimi* re^ dans une maison de force dont eUes auront la oouduile, lés 'filles et femnMs débauchées qu^on pourra y ranfèrmer» et à travailler, pas leurs bons conseils , prières et instructions, à les faire rentrer dans leur devoir.

« Ayant eu cette proposition agréable, et désirant, contribuer de tout notre pouvoir à rezécutson d'une si sainte œuvre, qui peut remédier à tant de désordres, apporter tant d'avancement k la gloire de Dieu et au salut des âmes , et empêcher que la jeunesse ne se plonge dans le libertinage :

«( A ces causes et autres bonnes considérations, ayant égard à la prière qui nous a été faite par le sieur évêque de Bayeux, de l'avis de notre conseil , et de notre grâce spéciale, pleine puissance et autorité royale; avons kmé et approuvé, et par ces présentes signées de notre main, louons, agréons et approuvons, et en tant que besoin, avons permis et permettons rétablissement des Filles du Bon-Sauveur, dans le faubourg de Taucelles ou autres lieux de la ville de Gaen , sous le titre de la Maison du Bon-Sauveur, pour celles qui la composent ou qui la comj)oserônt à f avenir , vivre en communauté , et donner leur principal soin à travailler à l'instruction et correction des filles et femmes débauchées qui leur seront confiées, et continuer à soulager, dans le dehors, les pai^res honteux et pauvres malades , sous la conduite du sieur évêque de Bayeux , de* ses grands-vicaires et leurs successeurs , qui leur donneront les règlements , statuts et constitutions qu'ils estimeront plus convenables : voulons que la maison jouisse de tous les privilèges des antres communautés religieuses de notre royaume, à condition néanmoins que la dite maison ne pourra être convertie en maison de profession religieuse; mais demen-

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rera toujours dans i*état séculier, et qu'on y vivra selon les règles et constitutions qui seront données par les sieurs évêques de Bayeux : permettons à la communauté d'accepter tous dons et legs qui lui pourront être faits par donation entre vifs, testament ou autrement, et d'acquérir maisons, terres, héritages et autres biens, tenir, posséder ceux qui peuvent lui avoir été donnés, légués ou délaissés, ou qu'elle a acquis, jusques à la concurrence de six mille livres de revenu par an, seulement entre l'enclos. Ci, donnons en mandement, etc.

« Donné à Versailles, au mois de septembre 1734, et de notre règne le vingtième. « Signé: Louis.

« Pour visa, Ghauvlin.

« Par le roi, Ghauvlin. »

72 OyVRAGI» CONSULTÉS.

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