‹ Histoire de diocèse de BayeuxChapitre 82 sur 112 · LIV. — PAGE · texte numérisé non relu

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Esorde du lermoD tiir le ftiartyre €liréti«a , par P. bo Bom ,

« Le peuple d'Athènes s'assemblait anciennement une fois chaque année pour célébrer la glorieuse mémoire de ces généreux soldats qui étaient morts à la bataille de Marathon, et entendre le panégyrique de ces illustres défenseurs de la patrie, qui furent les premières victimes de la fureur des Perses et les martyrs de la liberté des Grecs. On les couronnait d'élo-

ges brillants ; on faisait le tableau de leur courage et de leur dévouemont , et par ces vives images on animait les vivants à imiter l'héroïsme de ces morts mag^nanimes. Ainsi l'Église, daiis les premiers siècles , avait dejt jours solennels où elle s'assemblait extraordinairement pour honorer la mémoire de ces fidèles soldats de Jésus-Christ, qui étaient morts pour son nom et sa querelle ; de ces admirables martyrs, qui avaient versé leur sang pour la défense de la vérité. Là on représentait Texcellence et Féclat de leurs vertus , la vivacité de leur foi , Finvincible fermeté de leur patience, la grandeur de leurs combats, la rigueur de leurs souffrances et la fidélité inébranlable de leur âme, que toute la rage des bourreaux, l'affreux appareil des tortures, Tardeur des flammes et les plus grands efforts de la cruauté n'avaient pu détacher de Jésus-Ckrist, ni détourner tant soit peu de son service. Eh ! certes, c'était une mort bien plus digne d'être célébrée que celle des Athéniens qui tombèrent à la journée de Marathon I Geux-^;i moururjent en combattant, et dans l'espérance de sauver leur vie; ceux-là regardaient la mort comme inévitable : ils la voyaient venir à eux avec ses armes les plus terribles et avec son visage le plus effroyable , sans pâlir néanmoins ^t sans perdre conte^ nance. Ceux-là moururent en luant leurs ennemis; ceux-ci, en priant pour eux, et en demandant leur conversion. Les uns n'avaient après tout à se défendre que contre des hommes de chair et de sang comme eux ; mais les autres, outre les tyrans et les persécuteurs qui les déchiraient, avaient à résistera toutes les légions de l'enfer et à toutes les puissances de Tabime déchaîné contre eux. Enfin, la valeur des soldats d'Athènes n'aboutit qu*à garantir une république et à délivrer un pays attaqué ; mais la générosité vraiment divine dés martyrs du christianisme glorifiait le ciel , édifiait la terre, ravissait les anges, sanctifiait les hommes, affermissait l'empire du fils de Dieu , et rendait par tout l'univers sa croix victorieuse et triomphante. »

EsV-il besoin de faire remarquer qu'il y a contradiction h blâmer aujourd'hui dans l'Église ce qu'on admire dans TÉglise

primitive? Les honneurs que nous rendons aux martyrs, sont ceux qu'on leur rendait autrefois; et, si quelqu'un de nos frères dissidents prétendait nous opposer sur ce point la tradition des premiers si^les, nous nous bornerions à lui répondre : ce n'est pas nous qui avons changé.

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