CHAPITRE XII
à laquelle elle ajouta 600.000 florins, comme indemnité des sacrifices imposés à la Hollande par la séparation. Cette décision était assez équitable; car si. d'un côté, les Belges pouvaient contester l'origine des dettes antérieures à la réunion, et, par exemple, celle de la dette austrobelge, née d'une extension arbitraire donnée par Guillaume aux traités de Paris et de Lunéville, d'un autre côté, il est clair qu'on ne traitait pas la Belgique avec défaveur en suivant la proportion des impôts et non celle de la population, dans le partage des dettes contractées en commun. Bestait l'indemnité de 600 mille florins. Or, ce n'était pas trop pour des avantages de commerce, tels que le transit libre vers l'Allemagne à travers le Limbourg. la liberté de l'Escaut, et la navigation des eaux intermédiaires entre l'Escaut et le Rhin.
La question commerciale et financière n'était donc pas résolue, à tout prendre, au détriment de la Belgique. Il en fut autrement de la question territoriale, parce qu'ici la Conférence avait pour principal but de faire revivre, contre la France, la pensée qui, au Congrès de Vienne, avait déterminé la formation du royaume des Pays-Bas.
Pour cela, il y avait trois cboses à faire, la séparation des deux pays étant maintenue : 1° déclarer la Belgique neutre, et lui donner la partie septentrionale du Luxembourg, de manière à ce que la frontière française, depuis Longwi jusqu'à Civet, fût emprisonnée par la neutralité belge : 2° assurer au roi de Hollande une partie assez considérable du Luxembourg pour qu'il restât membre de la confédération germanique; 3° donnera la Hollande, nonseulement ce qu'elle possédait, en 1790. dans le Lim-
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bourg, c'est-à-dire la moitié de Maastricht, Venloo et 53 villages, mais encore tout le territoire qui pouvait lui permettre, en s'étendanl Le long de la Meuse, d'acquérir une consistance continentale et de former contre la France une forte barrière.
Kl) bien, tout cela fut décidé par le traité des 24 articles. KL la décision fut prise a l'unanimité! La signature de M. deTalleyrand, depuis le commencement dece siècle. n'avait manqué à aucun des actes funestes à notre pays.
Ici se termine, dans ce qu'il avait eu de plus important, de plus héroïque et de plus orageux, le mouvement européen (pie la révolution de 1S30 avait enfanté. Au plus vaste bouillonnement dont il soit fait mention dans l'histoire «les agitations humaines, succédaient le calme de l'épuisement et un silence universel.
Victime de son propre gouvernement, la France n'avait plus d'autre spectacle que celui de la joie qu'inspiraient aux Puissances ennemies de sa gloire leurs succès inattendus.
La Prusse, en effet, voyait rentrer paisiblement sous l'empire de ses lois les provinces rhénanes où le nom de la France n'éveillait plus d'écho.
L'Autriche était rassurée et satisfaite. Kn provoquant les insurrections de Modène, de Parme, de Bologne, la révolution de juillet n'avait servi qu'à fournir au Cabinet de Vienne l'occasion de faire consacrer d'une manière éclatante ses prétentions sur l'Italie.
L' Angleterre avait tenu, durant toute l'année, le sceptre de la diplomatie et avait fait tourner à son profit cette révolution belge que la fortune semblait avoir envoyée à la