CHAPITRE VIII
velle, un article tendant à prouver l'illégitimité du duc de Bordeaux ^ .
' Les propositions que M. le duc de Mortcmart est venu faire à la Chambre des pairs en faveur du duc de Bordeaux vont ramener l'attention sur une question qui pourra être enfin examinée et discutée librement. Nous nous bornerons à publier aujourd'hui la première pièce insérée dans les journaux anglais du temps ; elle n'a jamais paru en France, sa publication est tout-àfait opportune; elle complète les rapprochements qu'on a faits jusqu'ici entre la famille des Stuart et celle des Capet.
Voici la teneur de ce document, intitulé: Protestation du duc d'Orléans, et rendu public à Londres en novembre 1820 :
a S. A. R. déclare par les présentes qu'il proteste formellement contre le procès-verbal daté du 29 septembre dernier, lequel acte prétend établir que l'enfant nommé Charles-Ferdinand-Dieudonné est fils légitime de S. A. R. Madame la duchesse de Berri.
a Le duc d'Orléans produira en temps et lieu les témoins qui peuvent faire connaître l'origine de l'enfant et de sa mère ; il produira toutes les pièces nécessaires pour rendre manifeste que la duchesse de Berri n'a jamais été enceinte depuis la mort infortunée de son époux, et il signalera 1rs auteurs de la machination dont cette très-faible princesse a été l'instrument.
0 En attendant qu'il arrive un moment favorable pour dévoiler toute cette intrigue, le duc d'Orléans ne peut s'empêcher d'appeler l'attention sur la scène fantastique qui, d'après le susdit procès-verbal, a été jouée au pavillon Marsan.
0 Le Journal de Paris, que tout le monde sait être un journal confidentiel, annonça le 20 août dernier le prochain accouchement dans les termes suivants :
a Des personnes qui ont l'honneur d'approcher la princesse nous assurent a que l'accouchement de S. A. R. n'aura lieu que du 20 au 28 septembre. »
« Lorsque le 28 septembre arriva, que se passa-t-il dans les appartements de la duchesse ?
a Dans la nuit du 28 au 29, à deux heures du matin, toute la maison était couchée et les lumières éteintes; à deux heures et demie la princesse appela; mais la dame de Vathaire, sa première femme de chambre, était endormie ; la dame Lemoine, sa garde, était absente, et le sieur Dcneux, l'accoucheur, était déshabillé.
« Alors la scène changea : la dame Bourgeois alluma une chandelle, et toutes les personnes qui arrivèrent dans la chambre de la duchesse virent un enfant qui n'était pas encore détaché du sein de la mère.
A quatre heures du soir, les commissaires se mirent en route. Il était nuit quand ils atteignirent les avant-postes de Tarmée royale. Elle campait dans la forêt à droite et à gauche de la route. A la lueur des feux qui étaient allu-
a Mais comment cet enfant était-il placé?
« Le médecin Baron déclare qu'il vit l'enfant placé sur sa mère et non encore détaché d'elle.
« Le chirurgien Bougon déclare que l'enfant était placé sur sa mère et enclore attaché parle cordon ombilical.
« Ces 'deux praticiens savent combien il est important de ne pas expliquer plus particulièrement comment l'enfant était placé sur sa mère.
« Madame la duchesse deReggio fait la déclaration suivante :
a J'ai été informée sur-le-champ que S. A. R. ressentait les douleurs de « l'enfantement ; j'accourus auprès d'elle à l'instant mémo, et en entrant a dans la chambre je vis l'enfant sur le lit et non encore détaché de sa « mère. »
« Ainsi, l'enfant était sur le lit, la duchesse sur le lit, et le cordon ombilical introduit sous la couverture.
« Remarquez ce qu'observa le sieur Deneux, accoucheur, qui, à deux heures et demie, fut averti que la duchesse ressentait les douleurs de l'enfantement, qui accourut sur-le-champ auprès d'elle sans prendre le temps de s'habiller entièrement, qui la trouva dans son lit et entendit l'enfant crier :
« Remarquez ce que dit madame de Goulard qui, à deux heures et demie, fut informée que la duchesse ressentait les douleurs de l'enfantement, qui vint sur-le-champ, et entendit l'enfant crier;
« Remarquez ce que vit le sieur Franque, garde-du-corps de Monsieur, qui était en faction à la porte de S. A. R., et qui fut la première personne informée de l'événement par une dame qui le pria d'entrer ;
« Remarquez ce que vit M, Laine, garde national, qui était en faction à la porte du pavillon Marsan, qui fut invité par une dame à monter, monta, fut introduitdansla chambre de la princesse, où il n'y avait que le sieur Deneux et une autre personne, et qui, au momentoù il entra, observa que la pendule marquait deux heures trente-cinq minutes ;
« Remarquez ce que vit le médecin Baron, qui arriva à deux heures trente-cinq minutes, et le chirurgien Bougon qui arriva quelques instants ^près ;
« Remarquez ce que vit le maréchal Suchet qui était logé par ordre du