La liberté est le pouvoir qui appartient à l'homme
LOUIS BLANC
tribun. Comme philosophe, il n'avait pas été certainement aussi hardi que Jean-Jacques Rousseau, que Mably, que Fénelon. Mais, comme tribun, il avait amassé contre lui un trésor de vengeances; supérieur parle dévoùment à ces guerriers de l'ancienne Rome
d'exercer, à son gré, toutes ses facultés; elle a la justice pour règle, les droits d'autrui pour bornes, la nature pour principe et la loi pour sauvegarde .
5. Le droit de s'assembler paisiblement, le droit ds manifester ses opinions, soit par la voie de la presse, soit de toute autre manière, sont des conséquences si nécessaires du principe de la liberté de l'homme, que la nécessité de les énoncer suppose ou la présence ou le souvenir récent du despotisme.
6. La propriété est le droit qu'a chaque citoyen de jouir et de disposer, à son gré, de la portion du bien qui lui est garantie par la loi.
7. Le droit de propriété est borné, comme tous les autres, par l'obligation de respecter les droits d'autrui.
8. Il ne peut préjudiciel- ni à la sûreté, ni à la liberté, ni à l'existence, ni à la propriété de ses semblables.
9. Tout trafic qui viole ce principe est essentiellement illicite et immoral.
10. La société est obligée de pourvoir à la substance de tous ses membres, soit en leur procurant du travail, soit en assurant les moyens d'exister à ceux qui sont hors d'état de travailler.
12. Les secours indispensables à celui qui manque du nécessaire sont une dette de celui qui possède le superflu. Il appartient à la loi de déterminer la manière dont cette dette doit être acquittée.
12. Les citoyens dont les revenus n'excèdent point ce qui est nécessaire à leur subsistance, sont dispensés de contribuer aux dépenses publiques ; les autres doivent les supporter progressivement, selon l'étendue de leur lortune.
13. La société doit favoriser de tout son pouvoir les progrès de la raison publique, et mettre l'instruction à la portée de tous les citoyens.
14. Le peuple est souverain; le gouvernement est son ouvrage et sa propriété; les fonctionnaires publics sont ses commis.
Le peuple peut, quand il lui plaît, changer son gouvernement et révoquer ses mandataires.
15. La loi est l'expression libre et solennelle de la volonté du peuple.
1G. La loi doit être égale pour tous.
17. La loi ne peut défendre que ce qui est nuisible à la société; elle ne peut ordonner que ce qui lui est utile.
18. Toute loi qui viole les droits imprescriptibles de l'homme est essentiellement injuste et tyrannique ; elle n'est point une loi.
19. Dans tout état libre, la loi doit surtout défendre la liberté publique et individuelle contre l'autorité do ceux qui gouvernent.
Toute institution qui ne suppose pas le peuple bon el le magistrat corruptible, est vicieuse.
20. Aucune portion du peuple ne peut exercer la puissance du peuple entier; mais le vœu qu'elle exprime dut être respecté comme le vomi d'une portion du peuple, qui doit concourir à la volonté générale. Chaque section du souverain assemblé doit jouir du droit d'exprimer sa volonté avec une entière liberté; die est essentiellement indépendante île toutes les autorité* constituées, et maîtresse de régler Si police et ses délibérations.
21. Tous [es bons citoyens Boni admissibles ■ toutes les fonctions publiques, tans aucune autre distinction que
qui se dévouaient aux dieux infernaux, lui, dans un but héroïque et avec une magnanimité farouche, il avait voué son nom à l'exécration des siècles à venir, il avait été de ceux qui disaient : « Périssent nos mémoi- « res, plutôt que les idées qui feront le salut
celle des vertus et des talents, sans aucun autre titre que la confiance du peuple.
22. Tous les citoyens ont un droit égal de concourir à la nomination des mandataires du peuple et à la formation de la loi.
23. Pour que ces droits ne soient point illusoires, et l'égalité chimérique, la société doit salarier les fonctionnaires publics, et faire en sorte que les citoyens qui vivent de leur travail puissent assister aux assemblées publiques où la loi les appelle, sans compromettre leur existence ni celle de leur famille.
24. Tout citoyen doit obéir religieusement aux magistrats et aux agents du gouvernement, lorsqu'ils sont les organes ou les exécuteurs de la loi.
25. Mais tout acte contre la liberté, contre la sûreté ou contre la propriété d'un homme, exercé par qui que ce soit, même au nom de la loi, hors des cas détermines par elle, et des formes qu'elle prescrit, est arbitraire et nul : le respect même de la loi défend de s'y soumettre; el, si on veut l'exécuter par la violence, il est permis de le repousser par la force.
26. Le droit de présenter des pétitions aux dépositaires de l'autorité publique appartient à tout individu; ceux à qui elles sont adressées doivent statuer sur les points qui en font l'objet; mais ils ne peuvent jamais ni en interdire, ni en restreindre, ni en condamner l'exercice.
27. La résistance à l'oppression est la conséquence des autres droits de l'homme et du citoyen.
28. Il y a oppression contre le corps social, lorsqu'un seul de ses membres est opprimé.
Il y a oppression contre chaque membre du corps social, lorsque le corps social est opprimé.
29. Lorsque le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.
30. Quand la garantie sociale manque à un citoyen, il rentre dans le droit naturel de défendre lui-même tous ses droits.
31. Dans l'un et l'autre cas, assujettir à des formi gales la résistance à l'oppression, est le dernier raffinement de la tyrannie.
32. Les fonctions publiques ne peuvent être considi comme des distinctions, ni comme des récompenses, mais comme des devoirs publics.
3i?. Les délits des mandataires du peuple doivent être sévèrement el facilement punis. Nul n'a le droit de se prétendre plus inviolable que les autres citoyens.
34. Le peuple a le droit de connaître toutes les opéralions de se.v mandataires; ils doivent lui rendre un compte fidèle de leur gestion, et subir son jugement avec respect.
35. Les hommes de tous les pays sont frères, et les différents peuples doivent s'entr'aider, selon leur pouvoir, comme les citoyens du même état.
36. Celui qui opprime une seule nation se déclare l'ennemi de toutes.
37. Ceux qui font la guerre à un peuple pour arrêter les progrèfl de la liberté et anéantir les droits de l'homme doivent «'■Ire poursuivis partout, non comme des ennemis ordinaires, mais comme des assassins et comme des brigands rebelles.