‹ Histoire de dix ans: 1830-40, Volume 4Chapitre 16 sur 140 · CHAPITRE H · texte numérisé non relu

CHAPITRE H

€oiTuption des mœurs. — Là Tribune attaque la Chambre et est appelée èt la barre de rassemblée; plaidoiries, jugement. — La Tète expiatoire du 21 janvier abolie. — Travaux législatif: organisation départementale, instruction primaire, expropriation pour cause d'utilité publique.'— Troubles dans Paris. — H. Roddesur la place de la Bourse. — Coalition d'ouvriers. — Société des droits de l'Homme; son manifeste; sensation produite par cette publication. — Procès des 37. Acquittement de MM. Charles Teste etlToyer-d'Argenson.

L'année 1833 ne fut pas remplie tout entière par les événements que nous venons de raconter ; et, tandis que, frappées de vertige, les royautés semblaient s'abaisser sous la main de Dieu, leurs ennemis croissaient en nombre, en énergie et en audace .

Deux forces rivales étaient en. présence : ici , une assemblée élective, là, un chef héréditaire. Le régime constitutionnel avait par conséquent installé l'anarchie dans les régions du Pouvoir. La société avait deux tètes. Qu'en était-il résulté ? Que l'autorité, vacillant sous des efforts contraires , n'avait cessé de pencher, tantôt du côté du trône, tantôt du côté de la Chambçe 5 et, qu'au-dessous, la nation, partagée entre la crainte de l'oppression ét celle du désordre, était devenue le prix d'un combat.

Fixer le pouvoir était donc indispensable ^ mais, pour

cela, il fallait que la royauté se soumit au parlement ou le soumît. Elle essaya de le soumettre. Le système des faveurs fut adopté pour corrompre la Chambre, et Ton s'occupa de l'entourer de forteresses pour arriver plus tard à la dompter. Et en effet, pour parer aux vices d'un régime, chef-d'œuvre de folie humaine, ce n'était pas trop de ces deux moyens combinés ; la ruse et la violence.

Le 1" avril 1833, le journal la Tribune publiait les lignes que voici :

« La Chambre s'est occupée aujourd'hui de la question (( des fortifications deParis.... On s'est imaginé de cens- « truire, non pas des fortifications protectrices de la cac( pitale, mais des casernes fortifiées qui serviraient, au « besoin, à s'en rendre maître. Tout a concouru à cesys- « tème. Vincennes est devenu une espèce de château féo- <( dal encombré de casemates, garni de souterrains, et « bien moins propre au combat qu'à la peur, lieu d'asile « pour la couardise aux abois, sorté de terrier où toute « une famille pourrait se mettre à l'abri du fer et du feu. « Puis on a jeté autour de Paris une ceinture qui perce mettra au despotisme de l'enserrer, qui pressera là « capitale, la bouclera pour ainsi dire sur les reins, et, « sous le vain prétexte d'un camp retranché, donnera les « positions les plus fortes à une garnison de 60 mille « hommes, qui menaceront incessamment et les Chambres « et la presse, et tout ce qui aura quelque influence sur « la marche des affaires. C'est là qu'on est arrivé. La « Chambre veut aujourd'hui qu'on ne puisse fortifier Paris « que moyennant l'autorisation législative. Ne dirait-on a pas, à voir ce sérieux des mandataires, que ce mot a « une valeur ? Comme s'ils ne voteront pas tout ce qui

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