‹ Histoire de dix ans: 1830-40, Volume 4Chapitre 32 sur 140 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

« quoi vous a-t-On arrêté? — Parce que je pense comme « M. Vignerte. Ce qu'a dit l'accusateur public est faux. c( Nous a^ons nos bras pour travailler et ne voulons de la u propriété de personne. » Se tournant alors vers M. Vignerte : « Est-ce vous, lui dit le président, qui avez pro- « noncé ces paroles : Vous enjavez menti! — J'ai dit : « Tu en as menti, misérable ! — ^ Qu'avez-vous à répondre (( pour votre justification? — Je ne me justifie pas. » La •i^our délibère, et, après quelques minutes, séance tenante, condamne Vignerte à trois ans prison. Défendus avec beaucoupd'éloquenccetd'énergie parMM. Dupont, Moulin, Pinard et Michel (de Bourges), les accusés furent déclarés non coupables par le jury. Mais la Cour, dont cette décision enchaînait la sévérité à Tégard des prévenus, la Cour, sur les réquisitoires de M. Delapalme, frappa les avocj^ts comme ayant outragé le ministère public 5 et MM. Dupont, Pinard, Michel (de Bourges) furent suspendus de Texercice de leur profession : le premier pour une année, les deux autres pour six mois.

Le même jour, MM. Voyer-d'Argenson et Charles Teste étaient acquittés. On les avait traînés devant les tribunaux pour avoir publié une brochure qui respirait Famour du peuple et le sentiment de la charité évangélique.

Voilà dans quel déplorable état de trouble vivait la /société. Heureuse encore si elle n'avait pas été condamnée à un plus sombre destin ! Car à tant de convulsions, <iui, du moins, annonçaient la vie, devaient succéder un -abattement honteux et un lourd sommeil semblable à la mort.

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