‹ Histoire de Don Quichotte de la Manche (volume 2)Chapitre 72 sur 191 · PARTIE I, LIV. IV, CHAP. XXXIV. J · texte numérisé non relu

PARTIE I, LIV. IV, CHAP. XXXIV. J

Targent qu'il avait , il ne sut que faire ni que penser ; et peu s'en fallut qu'il ne perdît entièrement l'esprit.

En effet que pouvait penser un homme Qui -, après s'être vu au comblé du bonheur, se voyait tout d'un coup sans femme , sans ami , et apparemment sans honneur? Enfin , ne sachiânt que devenir , il se résolut d'aller chez tm de ses amis , qui avait une maison à la campagne ; il sortit à cheval ^ après avoir fermé les portes de sa maison ; mais il n^eut pas fait la moitié du chemin , qu'accablé d'ennui^ et persécuté de inille différentes, pensées , et toutes désespérai^tes , il fut contraint de mettra pied à terre , et de se lais:$et aller contre le' trpnc d'un arbre, où il pensa mourir -de douleur. » t

Il était presque nuit, qfi;iand( il passa ^pres de lui un cavalier qui veirtait delà' villeV et Anselme lui ayant demandé quelle lïOUVéfl^ il y avait '^ Florence: D'assez étranges, répôrtdîtïeiCalt^Bci't on dit par toute la ville que Ldtbâirè ^ te' griàtld ami d'Anselme, lui a enlevé sa femïnje la ntiil dernière, et on ne sait ôà est- AÂselmfe, non plus que les autres : on a appris cela d'une fille qui serv>aît Camille, que le guet a arrêtée comtne elle se coulait dans la rue avec des ^raps qu'elle avait attachés à la fenêtre* Je ' né saurais^ vous dire précisément comment tout cela s^Jèst passé;

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mais on ne parle d'autre chose , et tout le monde en est dans un étonnement étrange , parce que l'amitié de Lothaire et d'Anselme était si étroite et si connue , qu'on ne les appelait que les deux amis. Et ne dit-on point le chemin qu'ont pris Lothaire et Camille ? reprit Anselme. Je ne l'ai pas ouï dire , répondit le cavalier , mais seulement que le gouverneur les fait chercher avec beaucoup de soin.

Ces tristes nouvelles achevèrent noi;i-seulement de troubler la raison du malheureux Anselme , mais de l'accabler entièrement. Il se leva comme il put , et remontant à cheval avec bien de la peine , il alla descendre chez un de ses amis , qui n'avait pas encore appris son malheur,, mais qui jugea bien en l'état où il le vit , qu'il lui était arrivé quelque chose de terrible. Anselme le pria ^n entrant de lui faire préparer un lit, et qu'il pût avoir du papier et de l'encre; et sitôt qu^il se vit seul , comme il avait témoigné le souhaiter , les tristes idées de son malheur se présentèrent si vivement à son esprit , et l'accablèrent à tel point , que jugeant bien qu'il n'y avait plus de remède à sa douleur , et qu'il allait mourir , . il voulut apprendre à tout le monde l'étrange sujet de sa mort. Il commença donc à l'écrire , mais la douleur l'étouffa avant qu'il pût achever ; et le maître de la maison étant

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