PARTIE l CHAPITRE VI
s'il se peut, qa'on fasse venir la sage U^nde pour prendre soii>de mes blessures et les guérir. Voyez, dit la gouvernante, si le cœur ne me disait pas bien de quel pied clochait mon maître. Entrez, seigneur, à la bonne heure; sans qu'Urgande s'en mêle, nous saurons bien vous guérir. Maudits soient encore et cent fois de plus tous ceà livres de chevalerie qui vous ont mis en tel état ! On le porta aussitôt sur son lit, et durchant ses blessures, on n'en trouva aucune. Je suis seulement froissé, dit-il, pour avoir fait une grande chute avec Rossinante en combattant contre dix géants, les plus démesurés et audacieux qu'il y ait au monde. Bon! bon! dit le curé, voilà les géants en danse ! Par ma Cii , je les brûlerai tous demain avant que vienne la nuit ! On fit ensuite mille questions à Don'Quijote; mais il ne répcMidit autre chose sinon qu'on lui donnât à manger, et qu'on le laissât dormh*.; c'était là en effet son plus pressant besoin. Ainsi fut £ait. Le curé s'informa plus au long de la manière dont le kdaoureur l'avait trouvé. Celui-ci raconta tout, sans oublier les extravagances qu'il lui avaU dites, et lorsqu'il l'avait rencontré, et en le ramenant ; le curé n'en fut que plus ferme dans le dessein qu'il exécuta le lendemain, et pour lequel il convoqua son ami le barbier, niattreNicolas, qui l'accompagna dans la maison de Don Quyote.