PARTIE I. CHAPITRE LU
Il parcourut pour elle les deux revers de la montagne Noire , la célèbre campagne de Montiel, et la plaine yerdoyante d'Âranjuez, à pied et avec grande fatigue.
Ce fut la faute de Rossinante. 0 funeste destinée ! la beauté de la Manche , et rinyincible chevalier errant à la fleur de leur âge t*
Moururent, elle perdant par sa mort sa beauté, et lui, quoique son nom vive sur le marbre , ne put fuir Famour, la fureur et les tromperies.
Le Caprichoso, savant académicien d'Argamasilla, en l'honneur de Rossinante, cheval de Don Quijote delà Manche,
SONNET
Sur le piédestal brillant de Téclat du diamant que Mars foule de ses pieds ^nglants , le chevalier de la Manche agite son étendard.
11 réunit les armes et l'acier tranchant, avec lequel il détruit, renverse, coupe, divise : prouesses inouïes; mais le génie invente un nouveau style poQT un nouveau paladin.
Si la Gaule est fiëre de son Amadis, si la Grèce a triomphé mille fois par le bras de ses descendants.
Aujourd'hui Bellone donne la palme à Don Quijote , et la Manche s*enor- ^eillit de lui avoir donné le jour, plus que la Gaule et plus que la Grèce.
Jamais l'oubli n'obscurcira sa gloire , et Rossinante lui-même surpasse en honié Bride-d'Or et Bayard.
Le Burlador, académicien d'Jrgamasillaj à Sancho Pança.
SONNET
Voici Sancho Pança , petit de corps , mais grand par sa valeur. Miracle ^' " étonnant! il fut l'écuyer le plus simple et le plus sincère qu'ait vu le monde ,
je vous l'assure.
il n'aurait pas manqué d'être comte, sans la méchanceté et l'injustice du siècle qui ne pardonnait pas même à un âne.
C'est sur cette monture que ce boa écuyer suivit le bon Rossinante et son maître.
0 vaines espérances des hommes ! vous promettez gloire et loisir, et n'amenez que son^s, ombre et fumée.