‹ Histoire de douze ans (1857-1869): notes et souvenirsChapitre 2 sur 21 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

été, comme on a lopgtemps essayé de le faire croire, Toeuvre personnelle de Napoléon IJl. Dans les diverses étapes qu'il a traversées pour arriver au plébiscite du 8 mai 1870, l'Empereur a obéi le plus souvent aux suggestions de ses conseillers ou de coopérateurs étrangers. Mais il a cédé surtout et le plus souvent à la force des choses, à cette nécessité invincible qui résulte du mouvement et de la pression de l'opinion publique.

Cela ne diminue en rien le mérite du souverain qui a su, quand les circonstances l'exigeaient, faire abandon de l'immense pouvoir dont le peuple l'avait investi. Napoléon III est peut-ôtre, au dix-nenvième siècle, le seul chef d'État qui ait marché d'un pas déterminé et constant dans ïa voie des concessions libérales. Il a hésité parfois ; mais quand il avait posé les basés d'une réforme, il allait en avant sans arrière-pensée et sans faiblesse.

Les réformes sont-elles toujours venues en temps opportun? Les hommes d'État chargés de les réaliser ont-ils toujotirs été \ la hauteur de leur tâche?

Ce sont là des questions que je n*avais pas à résoudre,

n est certain que le décret Ôxi 21 novembre 1860, arrivant après les hésitations de l'expédition d'Italie, et que la lettre dit 19 janvier 1867, paraissant au lendemain des défaillances de ïa guerre de 1866 et des humîliatîons du Mexîépié, fotrmissarent aux adversaires de l'Empire les moyens de prendre contre lui une revaûche éclatante. *

D'un autre côté. Napoléon III n'a pas toujours attaché aux questions de personnes une importance suffisante. Il ne s'est pas rendu compte, sinon au dernier moment, qu'à chaque changement dans le gouvernement devait coïncider un changement dans le pérsonftel gouvernemental. Il s'attachait à ses

Page 1